Pep Guardiola et l'Angleterre : une histoire inachevée
L’histoire aurait pu basculer tout autrement. Selon The Athletic, Pep Guardiola avait trouvé un accord verbal pour devenir sélectionneur de l’Angleterre avant que la Fédération ne se tourne finalement vers Thomas Tuchel. Le Catalan, encore sur le banc de Manchester City à l’époque, avait finalement choisi de prolonger son aventure en club, refermant provisoirement la porte de Wembley.
Ce choix a propulsé Tuchel au premier plan. Nommé en janvier 2025 pour succéder à Gareth Southgate, l’Allemand a pris les rênes d’une génération anglaise annoncée comme l’une des plus talentueuses de son histoire. La Coupe du monde devait être son premier grand jugement. Elle l’a été. Brutale.
Une demi-finale qui laisse des traces
L’Angleterre menait, voyait la finale se rapprocher, puis a cédé. L’Argentine a renversé le match en fin de rencontre et brisé le rêve anglais en demi-finale. Une élimination au goût amer, d’autant que les choix tactiques de Tuchel ont été largement pointés du doigt. Changements tardifs, gestion du tempo, approche trop prudente pour certains : le procès a été immédiat.
Dans le sillage de cette défaite, les critiques se sont cristallisées sur un nom. Guardiola. Libre depuis son départ de Manchester City à la fin de la saison dernière, le technicien catalan est devenu, pour une partie du public et des observateurs, l’incarnation de l’alternative idéale. Le fantasme d’un sélectionneur capable de sublimer définitivement cette génération.
Un accord passé… et un intérêt qui ne serait pas éteint
L’intérêt de la Fédération anglaise pour Guardiola ne date pas d’hier. The Athletic révèle que le Catalan avait donné son accord de principe pour succéder à Southgate, avant de finalement prolonger à City. Ce revirement avait contraint l’instance à revoir son plan et à accélérer sur Tuchel, qui sera officiellement nommé en janvier 2025.
Aujourd’hui, Guardiola est libre. Et, toujours selon ces informations, il « présumerait » rester intéressé par le poste, lui qui avait déjà accepté l’idée de diriger l’Angleterre par le passé. Un scénario qui alimente les débats, les émissions et les colonnes d’opinion.
Mais la réalité institutionnelle est tout autre.
Tuchel solidement arrimé à son poste
Malgré la déception de la demi-finale, la Fédération n’a, à ce stade, aucune intention de se séparer de Tuchel. Son parcours reste objectivement solide : l’Angleterre a atteint le dernier carré de la Coupe du monde pour la quatrième fois seulement de son histoire. Un cap symbolique qui change tout sur le plan contractuel.
Le contrat de Tuchel comportait des clauses permettant une séparation d’un commun accord en cas d’élimination avant les quarts de finale. Ces options de sortie ne sont tout simplement plus valables. Une exception supplémentaire avait même été ajoutée lorsque la perspective d’affronter le Mexique à l’Estadio Azteca en huitièmes de finale s’est dessinée. Ce match-là, l’Angleterre l’a remporté 3-2, validant sa route vers les tours ultérieurs et verrouillant un peu plus l’avenir de l’Allemand.
Résultat : les conditions juridiques d’un départ ne sont pas réunies, et la Fédération a déjà réaffirmé sa confiance à Tuchel après la défaite en demi-finale. Le sélectionneur devrait donc sortir renforcé de la traditionnelle revue post-tournoi.
Un projet pensé jusqu’à l’Euro 2028
Ce n’est pas un intérimaire. La FA a clairement installé Tuchel dans la durée. Plus tôt dans l’année, elle lui a accordé une prolongation de contrat qui le lie à la sélection jusqu’à l’Euro 2028. Un signal fort envoyé au vestiaire comme au marché des entraîneurs.
Tuchel, de son côté, ne donne aucun signe d’envie de départ. En janvier, Manchester United a tenté un rapprochement après le limogeage de Ruben Amorim. Vérifications, prise de température, intérêt réel. L’Allemand a décliné, préférant poursuivre son travail avec l’Angleterre plutôt que de revenir dans le quotidien d’un club.
Guardiola attend, l’Angleterre avance
Le décor est donc clair : Guardiola est libre, disponible, et son nom continue d’alimenter les conversations autour de la sélection anglaise. Mais Tuchel est en poste, soutenu par sa Fédération, sécurisé par son contrat et par un parcours mondial qui, malgré l’amertume de la fin, reste historiquement positif.
L’Angleterre se retrouve à un carrefour singulier : elle possède déjà un sélectionneur de tout premier plan, engagé sur le long terme, tout en sachant qu’un autre géant du banc, Guardiola, observe la scène depuis l’extérieur.
La question n’est pas de savoir si l’Angleterre peut attirer Pep Guardiola. Elle est de savoir si, d’ici à l’Euro 2028, elle aura encore une raison de vouloir s’en séparer de Thomas Tuchel.




