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Park Ji-sung encense Lee Kang-in comme le meilleur talent technique de Corée

Il a tout vu, tout gagné ou presque, et surtout tout enduré en Europe. Quand Park Ji-sung pose un verdict, le football sud-coréen écoute. Pour lui, Lee Kang-in n’est pas seulement un grand espoir. Il est déjà autre chose : une référence technique sans précédent dans son pays.

L’ancien milieu de Manchester United, quadruple champion d’Angleterre et vainqueur de la Ligue des champions, n’a pas tourné autour du sujet dans les colonnes de Marca. « Je crois que Lee Kang-in est le joueur le plus doué techniquement que la Corée du Sud ait jamais produit. Je suis curieux de voir jusqu’où il peut aller sur la scène mondiale », a-t-il lâché, sans précaution oratoire.

De la pub télé à l’Atlético : une trajectoire suivie de près

Leur histoire commune ne commence pas dans un vestiaire, mais sur un plateau de tournage. Park se souvient d’un gamin de six ans, déjà star en herbe, croisé lors d’un tournage de publicité. Il y avait d’autres enfants, d’autres visages. Mais un seul a marqué sa mémoire.

« Kang-in était déjà célèbre quand il était enfant, je voulais vraiment le rencontrer et j’étais curieux de savoir quel genre de garçon il était », raconte Park. Il admet ne pas avoir pu se concentrer uniquement sur lui ce jour-là, mais la suite a tout confirmé. Il a observé à distance, comme tout un pays, l’évolution de ce prodige passé des plateaux télé à l’élite européenne.

« Voir ce jeune garçon devenir le joueur qu’il est aujourd’hui me donne envie de le soutenir. Les fans coréens le considèrent vraiment comme spécial », poursuit-il. Park décrit un talent qui dépassait déjà l’image télévisuelle : en face à face, le potentiel lui a paru « bien plus grand » que prévu. De quoi le convaincre très tôt que Lee atteindrait « la plus haute scène » et lui souffler ce conseil classique mais essentiel : continue à travailler.

Ce travail, Lee Kang-in a choisi de le poursuivre loin de Paris. Après avoir regardé deux finales européennes depuis le banc avec le PSG, le meneur de jeu a décidé d’aller chercher du temps de jeu ailleurs. Direction l’Atlético de Madrid, un choix que Park valide sans réserve.

L’Atlético, tremplin et examen géant

Pour Park, la Liga et le Metropolitano offrent exactement ce qu’il faut à un joueur de ce profil : du rythme, de la pression, des responsabilités. « Le football sud-coréen a régulièrement produit des joueurs capables de rivaliser au plus haut niveau international, et Lee Kang-in est aujourd’hui au centre de cela », analyse-t-il. « Son transfert à l’Atlético Madrid sera une grande opportunité pour élever encore son niveau. »

L’ancien milieu ne parle pas seulement de succession. Il refuse d’enfermer Lee dans l’ombre de qui que ce soit. « Au-delà de l’idée qu’il soit mon successeur, il peut laisser sa propre marque en Europe en tant que joueur coréen et asiatique. J’espère qu’il deviendra ce genre de joueur. »

À Madrid, un défi se dresse déjà devant lui : l’ombre immense d’Antoine Griezmann. Un cadre, un totem, un héritage offensif lourd à porter. Park ne minimise pas la difficulté, mais il n’y voit pas un fardeau impossible.

« Ce n’est pas une surprise que Lee Kang-in s’adapte bien à l’Atlético Madrid. J’y vois le début d’un nouveau bond en avant », insiste-t-il. « Combler en peu de temps le vide laissé par une grande légende du club est extrêmement difficile. Mais sur le long terme, Lee Kang-in a suffisamment de potentiel. S’il continue à se prouver sur le terrain, je crois qu’il peut devenir une légende lui-même. »

Et là encore, Park sort un exemple qui parle à toute une génération : « Peu de gens s’attendaient à ce que Son Heung-min remporte le Golden Boot de Premier League, mais il l’a fait. Lee Kang-in a le même potentiel. » Le message est clair : ne pas limiter ce joueur à un rôle de figurant de luxe.

Le poids mental de l’Europe, Park connaît

Si Park se reconnaît peu dans le style de jeu de Lee, il se retrouve totalement dans le contexte : celui d’un Asiatique qui doit s’imposer en Europe, au milieu de l’élite mondiale, sous un regard permanent.

« Lee Kang-in et moi avons des styles de jeu différents. Ce avec quoi je résonne, ce n’est pas son style, mais ce que cela signifie de jouer au plus haut niveau en Europe », explique-t-il. Il sait ce que représente la pression, ce besoin constant de prouver, match après match, que l’on mérite sa place.

« Je comprends bien la pression que subissent les joueurs asiatiques quand ils affrontent des Européens et doivent obtenir des résultats. J’avais un objectif très clair pour mes rêves, et les atteindre a demandé un effort immense. Mes concurrents étaient les meilleurs du monde, donc j’étais toujours conscient de mes lacunes. Cette conscience a probablement été le moteur qui m’a fait progresser. »

Dans ce miroir, Park invite presque Lee à embrasser cette exigence, à se nourrir de cette tension permanente. C’est dans cet environnement qu’il l’imagine franchir un cap.

Une nuit européenne en guise de révélateur

Le décor est planté : Diego Simeone, le Metropolitano, la Ligue des champions, et un adversaire qui parle directement au passé de Park Ji-sung : Manchester United. Un choc XXL, parfait pour jauger le niveau réel de Lee Kang-in face à une opposition de tout premier plan.

Pour le meneur de jeu, c’est une scène idéale. Un stade en fusion, une équipe structurée autour de l’intensité, et un adversaire qui expose sans pitié les limites de ceux qui doutent. Le genre de rendez-vous où un talent peut changer de statut en 90 minutes.

Park, lui, se retrouve partagé entre cœur et raison, entre passé et présent. Il l’admet avec un sourire dans Marca : « La plupart des Coréens espéreront une victoire de l’Atlético. Je vais encourager Lee Kang-in pour qu’il montre toutes ses qualités, mais j’espère que Manchester United gagnera. »

Tout est là : la fierté nationale, la fidélité à un club qui a marqué sa carrière, et l’attente presque impatiente de voir jusqu’où Lee Kang-in peut pousser les limites qu’on lui prête. La prochaine grande star asiatique de l’Europe est peut-être déjà là. Reste à savoir jusqu’où il osera aller.