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Ousmane Dembélé propulse Paris en finale à Budapest

La soirée n’avait pas encore trouvé son rythme que Paris avait déjà frappé. Deux minutes à peine au compteur, un éclair sur l’aile, une passe tranchante, une frappe sèche sous la barre. Ousmane Dembélé a signé le geste qui envoie le champion en titre en finale à Budapest. À l’Allianz Arena, le Paris de Luis Enrique n’a pas seulement défendu son trône. Il a imposé son sang-froid.

Un coup de poignard d’entrée

Tout part d’un ballon récupéré, d’une transition menée sans fioritures. Khvicha Kvaratskhelia prend le couloir, accélère, fixe. Sa passe arrive tendue, millimétrée. Dembélé n’a besoin que d’un contrôle-orientation et d’un enchaînement fulgurant pour expédier le ballon sous la barre de Manuel Neuer. Paris venait à peine de s’installer que l’agrégat basculait encore un peu plus en sa faveur.

Bayern encaisse, vacille, mais refuse de tomber. La réaction est immédiate, presque instinctive. Le stade pousse, la ligne offensive allemande se met en marche. Sur un centre venu de la droite, João Neves surgit au second poteau, place une tête piquée parfaite vers le petit filet opposé. Neuer se détend, gratte le ballon du bout des gants. Premier avertissement : Paris n’est pas à l’abri d’un contre-coup.

Bayern pousse, Paris plie sans rompre

Peu à peu, le match change de texture. Paris recule de quelques mètres, ferme les espaces, accepte de subir. Bayern installe son siège, surtout à l’approche de la pause. Jamal Musiala allume la première mèche, oblige Matvei Safonov à une parade ferme. Quelques instants plus tard, le jeune international allemand déclenche encore, cette fois juste à côté du poteau. Jonathan Tah, lui, manque le cadre de la tête alors qu’il était idéalement placé.

Les vagues bavaroises se succèdent, mais la ligne défensive parisienne tient son rang. Willian Pacho, élu joueur du match, verrouille sa zone, gagne ses duels, coupe les trajectoires. Chaque centre devient un duel à gagner, chaque deuxième ballon une bataille à remporter. Paris, souvent critiqué pour sa fragilité dans ces rendez-vous-là, montre un autre visage : discipliné, compact, mature.

Paris remet le pied sur l’accélérateur

Au retour des vestiaires, le scénario du premier acte se répète. Paris repart fort, refuse de s’enfermer dans un rôle de simple sparring-partner défensif. Désiré Doué, déjà brillant à l’aller, se faufile entre les lignes, provoque, frappe. Neuer s’interpose. Quelques secondes plus tard, Kvaratskhelia oblige encore le capitaine bavarois à se détendre. Munich gronde, mais Paris continue de planter des banderilles.

La rencontre s’ouvre totalement. D’un côté, Doué insiste, encore stoppé par Neuer. De l’autre, Safonov répond avec autorité face à Luis Díaz puis Michael Olise. Le match se transforme en bras de fer entre deux blocs offensifs parmi les plus prolifiques de la saison, mais la précision manque dans les derniers mètres. Chaque occasion manquée rapproche un peu plus Paris de Budapest.

Kane rallume l’espoir, Paris serre les dents

Le temps file, la nervosité monte. Bayern attaque à outrance, empile les profils offensifs. Paris, lui, gère, coupe les transitions, tente de tuer le rythme dès que possible. On croit alors les Allemands condamnés à une soirée sans but, rareté presque incongrue à ce niveau.

Harry Kane refuse ce scénario. Sur un ballon joué dos au but, l’Anglais se retourne en un geste, déclenche une frappe sèche qui surprend Safonov. Le stade explose, les espoirs de remontée renaissent. La série de Kane se prolonge : sept matches de Champions League de rang avec au moins un but. Trop tard, peut-être. Mais suffisant pour transformer les dernières minutes en siège.

Paris encaisse, Paris souffre. Mais Paris ne cède pas. Les centres pleuvent, les seconds ballons traînent dans la surface, les duels se multiplient. Le bloc de Luis Enrique tient, encore et encore. Quand l’arbitre met fin au supplice bavarois, les Parisiens savent ce qu’ils viennent d’accomplir : un nouvel exploit sur une pelouse qui leur réussit décidément bien.

Une défense de titre historique en ligne de mire

Ce nul à Munich (1-1) suffit à ouvrir les portes de Budapest aux champions en titre. Paris devient le premier club français à disputer deux finales consécutives de Champions League, et le seul représentant de Ligue 1 à atteindre trois finales de Coupe d’Europe des clubs champions. L’équipe de Luis Enrique rejoint aussi un cercle très fermé : depuis le Real Madrid en 2017/18, aucun tenant du titre n’avait réussi à revenir en finale.

L’attaque parisienne, elle, continue d’empiler les chiffres. Le but de Dembélé est le 44e de la campagne européenne 2025/26, à une unité seulement du record de la compétition détenu par Barcelona depuis 1999/2000. Mais c’est bien la solidité collective, l’abnégation et la capacité à « savoir souffrir », comme l’a rappelé João Neves, qui marquent les esprits ce soir.

Bayern, battu sur l’ensemble des deux matches, quitte la scène avec le sentiment d’avoir manqué de tranchant dans les moments clés. Vincent Kompany l’a reconnu : il a manqué de la décision dans les zones qui comptent. Le géant allemand reviendra. La Champions League lui offrira une nouvelle chance.

Pour Paris, la suite est déjà connue : un billet pour Budapest, le 30 mai, et la possibilité d’entrer encore un peu plus dans l’histoire en défendant sa couronne. Une question domine désormais la saison parisienne : qui pourra vraiment empêcher ce champion-là de régner encore sur l’Europe ?