Olivier Giroud ému lors de son retour à l'Emirates
Il est entré à douze minutes de la fin, alors que tout était déjà plié. Score lourd, 3-0 pour Arsenal, Lille dépassé, la soirée sportive perdue. Et pourtant, l’image qui restera n’est pas celle du tableau d’affichage, mais celle d’un homme de 40 ans, applaudi à tout rompre par un stade qui ne l’a jamais vraiment quitté.
Olivier Giroud est revenu à la maison.
Une défaite nette, un accueil immense
Sur le terrain, l’histoire est simple. Arsenal a maîtrisé, Lille a subi. Le plan nordiste était clair : rester compact, fermer les espaces, ne pas s’ouvrir face à une équipe supérieure techniquement. Mais le bloc a reculé, trop bas, trop longtemps. L’énergie a manqué, la différence de qualité a fait le reste.
« On s’est bien battus, le coach était fier de nous après le match », a résumé Giroud.
Une phrase lucide, sans maquillage. Puis une autre, qui dit le fossé : « On aurait aimé être plus dangereux vers l’avant… On a manqué d’énergie, mais il y a quand même une différence de qualité. »
Lille a tenté de résister, Arsenal a frappé. Rien de scandaleux, rien d’illogique. Une soirée de Ligue des champions comme tant d’autres. Sauf que celle-ci avait un parfum particulier.
Le temps des retrouvailles
Dès son échauffement, la tonalité a changé. Giroud n’était plus seulement l’attaquant de Lille. Il redevenait l’ancien numéro 12 d’Arsenal, l’homme de 105 buts et 38 passes décisives en 253 matches, celui qui a passé six ans à faire vibrer le nord de Londres.
Quand son nom est annoncé et qu’il s’avance vers la ligne de touche, le stade se lève. Les applaudissements montent, longs, chaleureux, presque reconnaissants. Giroud lève la tête, regarde les tribunes. On le sent vaciller. La gorge se serre, le visage se fige. Les supporters n’ont pas oublié. Et lui non plus.
Le match se termine, 3-0, rien à discuter. Mais pour Giroud, l’essentiel se joue après le coup de sifflet final.
« L’équipe passe avant tout, mais une fois le match terminé, j’ai remercié les supporters de Lille et d’Arsenal », explique-t-il.
Il sait ce que ce stade lui a donné. Il sait aussi ce qu’il y a laissé.
Arteta ouvre la porte du vestiaire
La soirée aurait pu s’arrêter là, sur un tour d’honneur discret. Elle a pris une autre dimension dans les entrailles de l’Emirates. Mikel Arteta, aujourd’hui sur le banc, autrefois son coéquipier, a tenu à prolonger le moment.
« Mikel m’a dit de venir dans leur vestiaire pour qu’on profite de ça ensemble », raconte Giroud.
Une invitation rare, presque intime, dans un monde où chaque mètre carré de vestiaire est sanctuarisé.
Il y retrouve des visages connus, des membres du staff, des employés du club. Des regards qui disent le temps qui passe, mais aussi la trace laissée. « C’était brillant, un sentiment incroyable, confie-t-il. Il y a des sensations spéciales après cinq ans passés ici. Ils n’oublient pas. C’est ça qui est beau chez les Anglais. »
Giroud fait ensuite le tour du stade. Lentement. Comme on revisite une vieille maison. Les tribunes répondent, encore. On sent que l’instant compte pour tout le monde.
Un dernier lien avec son plus grand club
Dans sa carrière, Giroud a porté plusieurs maillots, connu plusieurs championnats, soulevé des trophées majeurs. Mais nulle part il n’a autant marqué qu’à Arsenal. Ni en buts, ni en durée, ni en empreinte émotionnelle.
Les chiffres le disent froidement : 105 buts, 38 passes décisives, 253 matches. Aucun autre club ne lui a offert un tel volume, aucune autre aventure n’a été aussi dense. Le reste se lit dans les yeux des supporters, dans ce mélange de nostalgie et de respect qui a enveloppé sa soirée.
« J’aurais préféré un autre score, mais je suis heureux d’avoir retrouvé mon ancien club », glisse-t-il, lucide sur la défaite, habité par tout le reste.
Lille repart avec une claque. Giroud, lui, repart avec quelque chose de plus impalpable, mais infiniment précieux : la certitude qu’à l’Emirates, son histoire ne s’est pas dissoute dans le temps. Elle s’est figée, quelque part entre la pelouse et les tribunes.
La carrière touche à son crépuscule, les matches de très haut niveau se feront plus rares. Mais une question demeure, presque inévitable : combien de fois encore verra-t-on Giroud revenir à l’Emirates en héros d’un soir, avant que ce lien-là ne devienne définitivement un souvenir ?




