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Oklahoma City domine San Antonio : un début de saison prometteur

SAN ANTONIO – Si la saison devait reprendre là où la dernière s’est arrêtée, ce Thunder‑Spurs avait tout du prologue d’une nouvelle saga de printemps. Une revanche annoncée entre le champion de l’Ouest sortant et son dauphin, un parfum de finales de conférence dès le mois d’octobre.

Sur le parquet, pourtant, il n’y a pas eu de suspense. Oklahoma City a frappé fort, très fort : victoire 116-104, une démonstration de contrôle collectif pendant que Victor Wembanyama traversait l’une des soirées les plus frustrantes de sa jeune carrière.

Le message est clair : pour l’instant, la référence à l’Ouest, c’est toujours OKC.

Holmgren renverse le rapport de force avec Wembanyama

Tout l’été, une question collait à Chet Holmgren : comment allait-il digérer sa série ratée face à Wembanyama en finales de conférence ? Le contraste avait été brutal, presque gênant par moments. Le Français dominait, l’Américain subissait.

Mardi soir, le script a changé de camp.

Holmgren n’a pas fanfaronné, mais il a fait exactement ce qu’on attendait de lui : poser un vrai problème à Wembanyama, possession après possession. Résultat : aucune réussite en première mi-temps pour la star des Spurs, un 1 sur 13 au tir au final, quatre balles perdues et un seul panier, un tip-in en fin de troisième quart-temps. Pour un joueur déjà considéré comme candidat au trophée de MVP, c’est un coup d’arrêt net.

Wembanyama a parlé d’« indécision », d’une tendance à « trop réfléchir ». Sur le terrain, ça ressemblait surtout à un mur. Holmgren, lui, a résumé sa soirée simplement : faire « les bons choix » et rester « agressif ». Derrière ces mots sobres, il y avait une vraie revanche mentale. Il a assumé le duel, cette fois.

OKC ne l’a pas laissé seul dans la bataille. La présence d’Aday Mara, drafté en juin, a confirmé la stratégie des dirigeants : multiplier les grands gabarits capables de tenir face à Wembanyama. Pour ses débuts, le rookie a offert 12 minutes très solides, 7 points et une vraie résistance physique et tactique. De quoi conforter Mark Daigneault dans son idée de le lancer d’emblée dans le dur.

À deux, Holmgren et Mara ont non seulement compliqué la soirée de Wembanyama, mais aussi cassé le rythme offensif global de San Antonio. La star française a tout de même signé six contres, preuve qu’il reste une assurance-vie défensive. Mais cette fois, ça n’a pas suffi à masquer son naufrage offensif.

Shai, toujours le même poison

Pendant que Wembanyama se cherchait, Shai Gilgeous-Alexander, lui, n’a pas perdu de temps pour rappeler pourquoi il est double MVP en titre.

Même partition, même calme glacial. Il a pris le match en main sans jamais forcer, en trouvant ses zones préférées, en punissant chaque retard défensif, en dictant le tempo. 32 points en 36 minutes, une efficacité clinique, une impression de facilité désarmante, y compris face à une défense qui connaît par cœur ses habitudes depuis la dernière série de playoffs.

Daigneault a salué sa « sérénité » et le ton qu’il a donné à l’équipe. C’est toute la force d’OKC : quand Shai installe son rythme, tout le reste se met en place autour de lui. Pour un premier match sur 82, le message est limpide : il ne lâchera pas son statut sans combat. Un troisième trophée individuel n’a rien d’illusoire si cette cadence se maintient.

Shai a relativisé l’importance de cette rencontre, rappelant qu’elle « ne signifie pas grand-chose ». Mais il a aussi reconnu que le Thunder voulait démarrer dans la bonne direction. Mission accomplie.

Jared McCain, l’arme secondaire qui fait mal

Oklahoma City a sacrifié du monde sur les lignes arrière cet été. Lu Dort, Isaiah Joe, Aaron Wiggins sont partis, officiellement pour des raisons financières. Officieusement, parce que le staff savait déjà ce qu’il avait entre les mains avec Jared McCain.

L’arrière a confirmé la tendance. 20 points, 6 sur 8 à trois points, et une sensation permanente de tomber au bon moment. Quand la défense des Spurs se refermait sur Shai, McCain surgissait dans l’intervalle, trouvait l’espace, déclenchait vite. Il a lui-même expliqué que « la moitié du travail » consistait à identifier la fenêtre de tir, l’angle où le défenseur ne le voit plus.

Arrivé en cours de saison dernière en provenance des 76ers, il doutait au départ de sa capacité à cohabiter avec un scoreur aussi dominant que Gilgeous-Alexander. L’alchimie est désormais évidente. Shai attire l’orage, McCain frappe derrière. Dans une équipe qui a perdu trois guards de rotation, cette complémentarité est tout sauf un luxe.

Jouer aux côtés d’un double MVP, McCain le dit sans détour : c’est « spécial ». Pour OKC, c’est surtout terriblement pratique.

Les Spurs cherchent encore la bonne formule extérieure

En face, Mitch Johnson a tenté un pari d’entrée : aligner trois guards titulaires. Le coach a justifié ce choix en soulignant que « tous sont talentueux ». La réalité est plus subtile.

San Antonio devait composer avec une situation délicate après des Finales où les trajectoires de Dylan Harper et De’Aaron Fox ont divergé. Harper a brillé, devenant le deuxième joueur le plus fiable de l’équipe derrière Wembanyama. Fox, lui, a souffert, dans le jeu comme dans les décisions. Le banc n’était pas une option pour l’un comme pour l’autre. Johnson a donc coupé la poire en deux : Harper, Fox et Stephon Castle ensemble, avec Wembanyama en dernier rideau pour effacer les mismatchs.

Sur le papier, ce trio extérieur expose la défense. Dans les faits, Wembanyama a souvent colmaté les brèches avec ses six contres. Mais face à une machine aussi bien huilée qu’OKC, ça n’a pas suffi pour inverser le cours du match.

Paradoxalement, c’est Fox qui a semblé le plus à l’aise. 14 points, 7 rebonds, 7 passes, une ligne complète et une implication constante. Il a été le Spur le plus utile sur 48 minutes, un signe encourageant après ses difficultés de juin.

Oklahoma City repart donc de San Antonio avec bien plus qu’une simple victoire d’ouverture : une confirmation de sa profondeur, un Holmgren réhabilité dans le duel des géants, un Shai déjà en mode MVP et un McCain prêt à assumer un rôle majeur.

Pour les Spurs, ce n’est qu’un match, mais un match qui pose déjà les bonnes questions : comment libérer Wembanyama en attaque sans perdre l’équilibre défensif, et jusqu’où peut-on pousser ce trio de guards sans se brûler face aux cadors de l’Ouest ?