Odegaard retrouve ses sensations avec la Norvège
Sous la chaleur américaine, Martin Odegaard a enfin soufflé. Un but, un genou rassuré, et une Norvège qui débarque au Mondial avec un capitaine de retour aux commandes.
Dimanche, le meneur d’Arsenal a inscrit l’égalisation lors du nul 1-1 face au Maroc, dernier match de préparation avant la Coupe du monde. Un geste simple, mais lourd de sens pour un joueur qui a passé trois mois à composer avec la douleur.
Trois mois à serrer les dents
Tout est parti d’un match anodin en apparence : un 1-1 sur la pelouse de Brentford en février. Ce jour-là, Odegaard se blesse au genou. Il continue. Il serre les dents. Il termine la saison avec Arsenal, jusqu’à la finale de Ligue des champions perdue contre le PSG à Budapest, en traînant ce même genou récalcitrant.
Le Norvégien ne l’a jamais vraiment montré. Mais il a joué diminué. Longtemps.
Après le match face au Maroc, il a enfin pu parler d’autre chose que de douleurs. « Ça faisait du bien, a-t-il confié à TV2. Je me bats avec mon genou depuis un moment. J’ai l’impression que ça commence à s’atténuer maintenant et que ça va bien depuis un certain temps. Ma forme physique est bonne. Il faisait chaud ici, mais je sentais que je me sentais de mieux en mieux sur le terrain. »
Des mots simples, presque sobres, mais qui trahissent un vrai soulagement : le capitaine de la Norvège arrive au Mondial sur ses jambes, pas sur une jambe.
Cap sur le Mondial, enfin
La page Arsenal tournée, Odegaard bascule totalement sur la sélection. La Norvège s’apprête à disputer sa première Coupe du monde depuis 1998, une éternité à l’échelle d’un pays qui a vu défiler des générations sans jamais franchir ce plafond de verre.
Dans le groupe I, le programme est brutal : Iraq, Senegal, France. Pas de temps pour l’échauffement.
Odegaard, lui, arrive lancé. Son but face au Maroc est son cinquième en sélection. Un chiffre qui compte pour lui, et encore plus pour son sélectionneur.
Au moment de célébrer, le capitaine lève quatre doigts en direction de Stale Solbakken. Un clin d’œil, un défi à moitié sérieux, à moitié gourmand. L’actuel sélectionneur a marqué neuf fois avec la Norvège durant sa carrière de joueur. Odegaard est à cinq. Il le rattrape, lentement mais sûrement.
« Maintenant, il n’en reste plus que quatre. On se rapproche ! » a souri le milieu d’Arsenal. Le message est clair : il ne veut plus seulement organiser, il veut aussi finir les actions.
S’adapter à l’Amérique… et aux rebonds capricieux
Tout n’a pas été parfait face au Maroc. Odegaard le sait, et il ne s’en cache pas. Les terrains américains font déjà parler, et le capitaine norvégien a lui aussi dû apprivoiser un rebond parfois trompeur.
« Celui que j’ai donné était moche, heureusement j’ai pu le corriger, a-t-il reconnu. C’était un peu lâche, et j’étais un peu peu familier avec le rebond sur ce terrain. Peut-être que je peux m’en servir comme excuse, mais je pense qu’on est vraiment entrés dans le match au fil du temps et qu’on s’est améliorés. On aurait pu gagner à la fin. »
Le ton est lucide, presque exigeant. La Norvège n’a pas brillé sur toute la ligne, mais elle a tenu tête à un Maroc demi-finaliste de la Coupe du monde 2022, lui aussi annoncé comme outsider de ce tournoi. Les Scandinaves, eux, avancent masqués, mais avec une certitude : leur chef d’orchestre retrouve ses sensations au meilleur moment.
Un genou rassurant, un capitaine ambitieux
La vraie victoire de cette soirée n’est pas dans le score. Elle est dans la manière dont Odegaard a bougé, accéléré, pressé, sans grimacer ni lever la main vers le banc. Il a enchaîné les courses malgré la chaleur, sans donner l’impression de gérer ses efforts.
Pour la Norvège, c’est un signal fort. Pour les défenses d’Iraq, du Senegal et de la France, c’est un avertissement.
Le genou qui l’a hanté depuis février semble enfin se taire. Reste maintenant à voir jusqu’où ce silence-là peut porter la Norvège dans ce Mondial où, soudain, elle n’a plus l’air d’un simple invité.




