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Nottingham Forest gifle Chelsea à Stamford Bridge

Nottingham Forest a débarqué à Stamford Bridge avec huit changements dans le onze de Vito Pereira. On pouvait s’attendre à une équipe en rodage. On a eu, au contraire, une démonstration de réalisme et de caractère. Chelsea, elle, a pris une leçon à domicile et s’est inclinée lourdement (0-3), sous les sifflets étouffés d’un public surtout inquiet pour l’un de ses jeunes.

Un début de match cauchemardesque pour Chelsea

Le match n’avait pas encore trouvé son rythme que les Blues étaient déjà à genoux. Moins de 90 secondes de jeu, un centre venu de la droite, et Taiwo Awoniyi s’élève pour placer une tête imparable. 0-1, Stamford Bridge sonne creux. Forest vient de planter le décor.

Chelsea tente de réagir, mais chaque perte de balle semble ouvrir une autoroute aux visiteurs. Awoniyi continue de martyriser la défense, et Malo Gusto vit un premier acte à oublier. Aux alentours de la dixième minute, le latéral tire bêtement le maillot de l’attaquant nigérian dans la surface. Penalty évident. Jesus s’avance et transforme. 0-2. Deux occasions franches, deux buts. Forest ne pardonne rien.

Les Blues essaient de se remettre à l’endroit. Enzo Fernández se procure la meilleure situation des Londoniens en trouvant le poteau, signe d’une soirée où rien ne tourne dans le bon sens. Le ballon refuse d’entrer, la confiance s’effrite.

Un jeune qui illumine… puis fait frémir Stamford Bridge

Dans ce marasme, un rayon de lumière : le jeune Derry, lancé pour sa première apparition avec Chelsea. Il provoque, ose, va au duel. Et juste avant la pause, il obtient ce que tout le stade attend : un penalty, après un ballon mal dégagé et un contact violent dans la surface avec Abbott.

Sauf que la scène tourne vite au drame silencieux. Les deux joueurs restent au sol. Abbott parvient à se relever, bandé, sonné mais debout. Derry, lui, ne bouge presque pas. Les soigneurs se précipitent, les minutes s’étirent. Stamford Bridge se fige. Plus un bruit. L’adolescent finit par être évacué sur civière, sous une immense ovation. Une « concussion substitution » est décidée. Débuts brisés, mais une chose est sûre : il aura marqué les esprits par son courage.

Le penalty, lui, est manqué. Comme un symbole. Chelsea rejoint les vestiaires menée 0-2, avec le sentiment que la soirée bascule dans tous les mauvais registres à la fois.

Pereira frappe juste, Forest déroule

Au retour des vestiaires, Vito Pereira continue de jouer juste. Triple changement pour Forest : Gibbs White, Anderson et Milenkovic entrent pour Jesus, Dominguez et Jair Cunha. Colwill remplace Tosin côté Chelsea. Les Blues espèrent un électrochoc. Ils vont surtout subir une nouvelle vague rouge.

Chelsea tente de pousser par les côtés. Gusto centre dans une bonne zone, mais personne en bleu n’attaque le ballon. Derrière, le corner ne donne rien. Les intentions sont là, la précision non.

La sanction tombe cinq minutes après la reprise. Gibbs White se défait de Caicedo, s’engouffre dans l’espace et fixe la défense. Il attend le bon moment, décale Awoniyi, seul face au but vide. L’attaquant conclut sans trembler. 0-3. La VAR vérifie un éventuel hors-jeu, mais le but est validé. Awoniyi signe un doublé, Forest s’envole.

À 0-3, Chelsea n’a plus qu’un mince espoir d’orgueil. Forest, lui, gère, combine, se crée encore des situations. Un corner joué intelligemment à ras de terre trouve McAtee à l’entrée de la surface : sa frappe déviée par Morato file juste à côté du poteau. « Ça aurait pu finir n’importe où », souffle-t-on sur le banc londonien. Et ce n’est pas la première alerte : déjà en première période, McAtee avait trouvé Jesus dans la surface, mais la reprise, pourtant propre, était allée droit sur Sanchez.

Blessures, bandages et maîtrise

La deuxième période est marquée par une autre image forte : deux joueurs, touchés à la tête, se relèvent avec des bandages. Le match devient âpre, haché, les duels se multiplient. Neco Williams remplace Abbott, Wood prend la place de Gibbs White, Jorgensen celle de Sanchez. Pereira fait tourner sans jamais perdre le contrôle du match.

Forest ne se contente pas de défendre. L’équipe continue de sortir proprement, de combiner, d’oser quelques frappes. Chelsea, elle, se heurte à un mur, manque de tranchant dans les trente derniers mètres et ne trouve pas de leader pour renverser la tendance.

Au coup de sifflet final, le tableau d’affichage ne laisse aucune place à l’interprétation : 0-3. Une claque à domicile, une soirée noire marquée par un jeune blessé, un penalty raté et une défense dépassée. En face, un Nottingham Forest remanié mais parfaitement huilé, porté par un doublé d’Awoniyi et la justesse de Gibbs White.

La question plane désormais sur Stamford Bridge : cette déroute sera-t-elle un simple accident, ou le révélateur brutal d’un chantier bien plus profond ?