RDC Sport

Nico Williams et le transfert avorté au Barça

Le FC Barcelona a cru tenir son grand coup. Réunir Nico Williams et Lamine Yamal sous le même maillot, dans le même vestiaire, sur les mêmes ailes. L’idée séduisait tout le monde en Catalogne. Elle a failli aboutir. Puis tout s’est effondré au moment décisif.

À la fin, Nico Williams est resté à Bilbao. Et pas pour un bail symbolique : une prolongation XXL avec l’Athletic Club, jusqu’en 2035. Un engagement qui ressemble à une déclaration d’amour, mais aussi à un choix de carrière mûrement réfléchi.

Un deal avancé… puis stoppé net

Son agent, Felix Tainta, a levé le voile sur cet épisode dans le podcast Los Fulanos. Le décor est clair : les discussions avec le Barça étaient réelles, avancées, et la volonté catalane très forte.

« Nous étions en discussions avec le Barça, nous parlions », raconte Tainta.

Les deux camps progressent, les contours du projet se dessinent, la perspective d’un transfert majeur prend forme. Puis un mur apparaît : les comptes du club blaugrana.

Ce ne sont pas les chiffres sportifs qui inquiètent, mais ceux des tableaux Excel. Masse salariale gonflée, marge réduite avec La Liga, incertitudes sur l’enregistrement du joueur. Tainta le résume sans détour : le Barça n’était pas en mesure de garantir noir sur blanc que Nico pourrait être inscrit auprès de La Liga.

Pour un club, c’est un problème. Pour un joueur de 22 ans en pleine ascension, c’est rédhibitoire.

« Nico est une Formule 1 »

À partir de là, le camp Williams change de posture. Attendre, espérer, prendre le risque de voir la situation se débloquer à temps ? Impossible, tranche l’agent. « Nous avons atteint un stade des négociations où Nico ne pouvait plus se permettre de rester sur la touche », explique-t-il.

Tainta pousse même la métaphore pour faire comprendre sa position aux dirigeants barcelonais : « Nico est une Formule 1 et si je viens chez toi, je n’ai pas à prendre ton problème. »

Autrement dit : le talent de son joueur n’a pas vocation à compenser les failles structurelles d’un géant en difficulté administrative.

Le message est limpide. Sans garanties totales, il n’y aura pas de transfert. Pas de pari, pas de saut dans le vide, pas de saison à regarder les autres jouer parce qu’un dossier n’a pas été validé à temps.

« Nous avons décidé que s’il n’y avait pas certaines garanties, nous ne pouvions pas prendre le risque que Nico y aille et ne joue pas », insiste Tainta. Qu’il y ait une Coupe du monde en approche ou non ne change rien : « Il est un professionnel qui doit pouvoir faire son travail. »

L’Athletic en profite, Bilbao se frotte les mains

Le grand perdant de cette histoire, c’est le Barça. Le grand gagnant, c’est l’Athletic Club. Le club basque verrouille l’un de ses joyaux jusqu’en 2035, dans un contexte où les grands d’Europe scrutent chaque talent explosif de Liga.

Pour Nico Williams, la suite est claire : plus de tergiversations, plus de rumeurs de dernière minute. Cap sur Bilbao, sur San Mamés, sur un rôle central dans l’ambition de l’Athletic de grimper au classement et de rester accroché au haut de tableau.

Son début de saison reste modeste sur le plan statistique – un but en six matches de Liga – mais l’important est ailleurs : continuité, responsabilités, statut affirmé. L’ailier espagnol sait qu’il dispose du temps et de la confiance pour faire décoller ses chiffres.

Entre le Mestalla et l’avenir

Prochain rendez-vous pour l’Athletic : un déplacement au Mestalla pour y défier Valencia. Une affiche toujours électrique, un test de caractère pour une équipe qui veut s’installer durablement parmi les mieux classées. Reste une incertitude : la présence ou non de Nico Williams, récemment touché musculairement.

Qu’il soit sur la pelouse ou en tribunes, une chose est acquise : son avenir immédiat ne se joue plus dans les bureaux de La Liga ni dans les colonnes des registres du Barça. Il se joue à Bilbao, sous le maillot de l’Athletic Club, avec un contrat qui court jusqu’en 2035 et une question simple en toile de fond : jusqu’où cette « Formule 1 » peut-elle emmener le club basque ?