Nicky Butt critique Tuchel et conseille Mainoo de boycotter le match
Nicky Butt allume Tuchel et conseille à Kobbie Mainoo de boycotter le match pour la troisième place.
L’Angleterre vient à peine de digérer sa défaite crève-cœur contre l’Argentine en demi-finale de Coupe du monde que le feu s’allume déjà ailleurs. Cette fois, il ne vient pas des tribunes, mais d’une voix respectée de Manchester United : Nicky Butt. L’ancien milieu de terrain ne mâche pas ses mots. Ni pour Thomas Tuchel. Ni pour la Fédération. Ni même pour le match pour la troisième place face à la France.
« J’y jouerais pas » : Butt pousse Mainoo à dire non
Kobbie Mainoo a arraché sa place dans le groupe de Tuchel au terme d’une deuxième partie de saison impressionnante avec Manchester United, relancé par l’arrivée de Michael Carrick sur le banc d’Old Trafford. Une ascension logique, méritée, presque attendue.
Mais au Qatar, rien. Pas une minute. Sept matchs vissé sur le banc, spectateur d’une épopée anglaise stoppée net par l’Argentine en demi-finale mercredi soir.
Et voilà que Tuchel s’apprête à bouleverser son onze pour affronter la France samedi (coup d’envoi 22h, heure britannique). Tout indique que Mainoo devrait enfin débuter. Pour Butt, c’est précisément là que le problème commence.
« Je ne sais pas ce qui se passe là-bas, il y a quelque chose qui cloche », lâche l’ancien Red Devil. Il ne croit pas une seconde à l’idée que ce match puisse servir de tremplin au jeune milieu. Au contraire.
« Maintenant, ils vont faire jouer la bomb squad dans ce match stupide pour la troisième place. Moi, je refuserais de jouer si j’étais Kobbie Mainoo. Je dirais que je suis blessé. C’est un match sans intérêt, surtout quand on t’a traité comme ça. »
Le ton monte. Butt insiste sur le risque, bien réel, pour un joueur qui n’a pas disputé la moindre minute du tournoi.
« Il n’a pas joué une minute de football, et là on lui demande de débuter ce faux amical gonflé artificiellement, avec la possibilité de se blesser pour toute la saison… non. »
Derrière le coup de gueule, un message : ce match n’a aucune valeur sportive pour un joueur ignoré tout l’été. Et accepter de jouer, dans ce contexte, reviendrait presque à cautionner la gestion de Tuchel.
Tuchel dans le viseur : « Pas une chance qu’il reste »
La colère de Butt ne s’arrête pas à la situation de Mainoo. Elle vise frontalement le sélectionneur. Pour lui, l’aventure de Thomas Tuchel à la tête de l’Angleterre doit se terminer maintenant.
« Il n’y a aucune chance qu’il puisse rester. Pas l’ombre d’une chance après ça », tranche-t-il.
Butt va plus loin : si Tuchel est maintenu, John McDermott, directeur technique de la FA, doit aussi être remercié. Il estime que l’Allemand ne dispose ni du capital sympathie ni du style de jeu pour survivre à une telle désillusion.
« Tu ne parles pas d’un Sir Bobby Robson ou d’un Kevin Keegan, quelqu’un que la nation adore. Tu parles d’un manager qui est arrivé et a joué un football négatif, un football incroyablement négatif, en demi-finale contre une équipe d’Argentine prenable. »
Butt n’ignore pas non plus le contexte extra-sportif.
« Et ça ne devrait pas compter, mais les gens vont se retourner contre lui parce qu’il est allemand aussi, donc il va vivre un cauchemar. »
Pour lui, l’équation est simple : Tuchel est taillé pour les clubs, pas pour une sélection nationale sous pression permanente.
« C’est un manager de club incroyable, donc laissez-le partir. Il ne voudra pas rester. Il dira peut-être que si, mais au fond, il pensera : payez-moi, je m’en vais. »
Et après Tuchel ? Howe, Pochettino… et le rêve Guardiola
Butt ne se contente pas de réclamer une tête. Il avance des noms. Et pas n’importe lesquels.
Dans un monde idéal, il foncerait sur Pep Guardiola. Mais le timing rend l’opération impossible.
« Si on était dans neuf mois, j’irais clairement pour Pep Guardiola. Mais Pep ne peut pas quitter Man City il y a un mois en disant qu’il a besoin de repos, puis revenir tout de suite. Il ne peut pas faire ça. »
Alors Butt regarde ailleurs. Vers la Premier League. Vers Newcastle.
« Eddie Howe serait brillant. J’adorerais le voir prendre le poste, ce serait génial. »
Autre piste forte : Mauricio Pochettino, aujourd’hui à la tête de la sélection des États-Unis, et dont la relation avec John McDermott pèse lourd dans le débat.
« Mauricio Pochettino a une relation incroyable avec John McDermott. Quand McDermott était directeur de l’académie à Tottenham, Pochettino était l’entraîneur, et ils avaient une très, très bonne relation. »
Butt parle d’expérience. Il a vu ce duo fonctionner de près.
« J’étais dans l’environnement avec l’académie de Manchester United, on faisait des stages là-bas donc je l’ai vu de première main. »
Il n’écarterait pas du tout cette option. Au contraire.
« Je ne serais pas surpris si ça arrivait et je ne serais pas contre du tout. C’est un très, très bon manager. Quelqu’un de sympathique, qui fait bien jouer ses équipes partout où il passe. »
Et pourtant, une ombre plane : celle de Tuchel, encore.
« Mais on disait tous la même chose de Tuchel, et quand ils entrent dans cette dynamique de l’Angleterre, ils changent, c’est fou. Je n’arrive pas à expliquer pourquoi. »
Entre un sélectionneur sur la sellette, un jeune talent sommé de dire non à sa première titularisation en Coupe du monde et une FA poussée vers un choix majeur, l’Angleterre se retrouve à un carrefour. Le match contre la France ne décidera pas d’un trophée, mais il pourrait bien peser lourd sur la suite : qui osera vraiment tout changer ?




