Newcastle perd contre Bayer Leverkusen, Jaissle salue Mason Miley
La première à domicile de Matthias Jaissle n’a pas offert le scénario rêvé. Une défaite 2-1 face à Bayer Leverkusen à St James’ Park, une entame catastrophique, une attaque trop timide. Pourtant, dans le vestiaire, le nouvel entraîneur de Newcastle n’a pas levé la voix. Il a salué un gamin de 17 ans, Mason Miley, sorti avec des crampes pour sa première titularisation.
« C’est cet état d’esprit dont on a besoin, a-t-il lancé. Vraiment souffrir jusqu’à ce que le réservoir soit vide. »
Tout est là. Newcastle va devoir vivre là-dessus cette saison.
Un été de ruptures
Le décor a changé à une vitesse folle sur Tyneside. La dernière fois que Newcastle avait foulé la pelouse de St James’ Park, en mai, Eddie Howe était encore sur le banc. Nick Pope, Kieran Trippier, Bruno Guimarães, Sandro Tonali, Anthony Gordon figuraient sur la feuille de match. Une autre époque, déjà.
Depuis, le club a basculé dans ce que Jaissle appelle lui-même une « transition ». Guimarães, Tonali et Gordon sont partis. Quatre joueurs de champ de 20 ans ou moins sont arrivés du continent. Le seul renfort qui s’écarte un peu de cette ligne, le gardien Lukas Hornicek, n’a que 24 ans. On est loin du cadre chevronné.
Dan Burn, promu capitaine par Jaissle, a résumé le sentiment général dans ses notes de programme : revenir de vacances lui a presque donné l’impression de rejoindre un nouveau club.
« Le changement est parfois sain, a écrit le défenseur central. Ça va prendre un peu de temps. On est dans une petite phase de transition et c’est un moment excitant à vivre. Il y a une grande responsabilité sur les cadres qui restent pour continuer à tirer les standards vers le haut. »
La responsabilité, Jaissle veut la partager avec le mercato. Le club avance sur la piste du latéral droit de Benfica Amar Dedic. Dan Burn, Tino Livramento, Bazoumana Toure et William Osula n’étaient pas là samedi. Et les limites apparues lors de la défaite face à Everton en milieu de semaine ont été confirmées : il manque encore du monde.
« C’est important qu’il se passe quelque chose sur le marché des transferts, a insisté l’Allemand. Je pense que tout le monde est aligné là-dessus. »
Un début de match cauchemardesque
Lukas Hornicek n’a pas eu le temps de s’installer. Sa première action significative ? Aller chercher le ballon au fond de ses filets.
44 secondes. C’est tout ce qu’il a fallu à Ibrahim Maza pour ouvrir le score d’une frappe enroulée depuis l’extérieur de la surface. Jaissle a frappé dans ses mains de rage sur la ligne de touche. Le ton était donné.
Newcastle a mis du temps à sortir de sa torpeur. Au milieu de la première période, la rencontre a même basculé dans l’étrange : pause d’hydratation, bronca dans les tribunes, puis décision inattendue. Le maillot domicile noir et blanc à liserés bleus se confondait trop avec la tenue extérieure menthe à motif bleu de Bayer Leverkusen. Les Magpies ont changé de tenue en plein match pour enfiler leur troisième maillot lilas.
Nouveau maillot, nouveaux repères. Et quelques consignes fraîches sur la tablette tactique de Jaissle. Petit à petit, les joueurs ont commencé à mieux se trouver.
Une égalisation, puis plus grand-chose
Sur coup de pied arrêté, Newcastle a enfin trouvé une ouverture. Anthony Elanga a parfaitement brossé un corner rentrant. Au second poteau, Malick Thiaw a surgi plus haut que tout le monde et catapulté sa tête dans le but de Mark Flekken. Une égalisation puissante, presque rageuse.
On aurait pu croire à un tournant. L’illusion n’a pas duré.
Malgré ce but, Newcastle est resté trop inoffensif. Peu de situations franches, peu de tranchant dans les trente derniers mètres. Le doute s’est réinstallé, et Bayer Leverkusen en a profité.
En seconde période, Victor Boniface a fait la différence dans la surface. Un crochet pour effacer Sean Steur, une frappe sèche au ras du poteau. 2-1. Clinique, implacable. Newcastle, lui, n’a jamais vraiment donné l’impression de pouvoir recoller une deuxième fois.
Une équipe qui souffre, un coach qui insiste
Le tableau comptable est sévère : deux défaites consécutives en amical, des signaux clairs sur les manques de l’effectif, une jeunesse encore verte. Jaissle, pourtant, ne panique pas. « Je ne suis pas inquiet », a-t-il assuré, conscient qu’il ne reste plus qu’un test, face à Strasbourg dimanche, avant le grand saut en Premier League contre Liverpool.
Ce qui l’a frappé, ce n’est pas le score, mais l’ambiance.
« J’étais tellement heureux de voir l’atmosphère aujourd’hui que je n’ose même pas imaginer ce que ce sera contre Liverpool, quand le stade sera plein et qu’on aura tout le soutien, a-t-il confié. C’est ça le message. On doit rester unis. Avec ces défis, dans ce moment de transition, on a besoin des supporters avec les joueurs et le staff. »
La ligne est claire : une équipe en reconstruction, un vestiaire rajeuni, un capitaine qui parle de responsabilité, un entraîneur qui réclame des renforts tout en glorifiant un adolescent cramé à force d’efforts.
La transition ne sera ni propre ni linéaire. Elle sera rude. La question est simple désormais : Newcastle aura-t-il le temps – et les recrues – pour transformer cette souffrance en force avant que Liverpool ne débarque à St James’ Park ?




