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NBA : Luka Dončić et les tendances marquantes de la saison

La première grande nuit de la saison NBA a tenu ses promesses. Onze matches, vingt-deux équipes sur le pont, des débuts attendus, des retours marquants et déjà quelques chiffres qui claquent comme des avertissements. Rien n’est encore écrit pour 2026-27, mais certaines tendances ont frappé très fort dès l’ouverture.

1. Luka Dončić, usine à tirs ouverts

Les chiffres confirment ce que les yeux devinent depuis des années : avec Luka Dončić, les tirs sentent bon. Très bon.

Les Lakers ont affiché une efficacité attendue monstrueuse de 78,1 % d’effective field goal percentage sur les tirs pris après une passe de leur nouveau maestro. Personne n’a fait mieux parmi les 88 joueurs ayant généré au moins 10 tirs sur les deux premières soirées.

La victime heureuse de ce festin s’appelle Walker Kessler. Pour son premier match avec les Lakers, l’intérieur a signé un 12/12 parfait, gavé de dunks et de layups servis sur un plateau. Dix dunks au total, soit le plus haut total en un match depuis les 11 dunks de Shaquille O’Neal le 21 mars 2003. Vingt-trois ans plus tard, le relais est assuré.

Cinq des douze paniers de Kessler viennent directement des passes de Dončić, ce qui égale le meilleur total de passes décisives d’un joueur vers un même coéquipier sur ces deux premières nuits. Dončić termine avec “seulement” sept passes décisives, mais les Lakers n’ont pris que dix tirs après ses passes. Quand il crée, c’est quasiment toujours une situation en or.

Sur les quatorze saisons de tracking, parmi les joueurs ayant été le passeur sur au moins 500 tirs, un seul homme fait mieux en efficacité attendue des tirs créés : Trae Young, auteur de 13 passes décisives mercredi. Les deux chefs d’orchestre se retrouvent dès vendredi, quand les Clippers iront défier les Lakers. Duel de créateurs, duel de tempo, duel d’idées.

2. Les Wolves étouffent le match par les possessions

On retiendra la claque à 3 points : le Heat a pris un -39 derrière l’arc, avec un famélique 8/33 (24 %). Mais la vraie histoire se joue ailleurs.

Le chiffre qui tue : +18. C’est le différentiel de “shot opportunities” en faveur des Wolves dans leur large victoire à Miami.

Minnesota a tiré mieux (59,1 % de true shooting) que le Heat (57,3 %), mais l’écart n’est pas délirant. Là où le match bascule, c’est sur le volume de tirs générés : moins de pertes de balle (16 contre 19) et surtout un gouffre au rebond offensif (17-4). Sur une soirée, ce +18 aurait été le meilleur total des Wolves et le pire du Heat la saison passée.

D’autres équipes ont imposé leur loi sur les possessions : les Grizzlies avec 16 tirs de plus que le Jazz, les Raptors avec +13 face aux Bulls, les Warriors avec +11 contre les Lakers. Une ligne de force claire : les équipes qui dominent le verre et protègent la balle dictent le rythme.

Les Wolves figuraient dans la deuxième moitié de la ligue au rebond défensif l’an dernier. S’ils verrouillent le cercle comme à Miami tout en conservant une attaque plus tranchante, l’équilibre entre les deux côtés du terrain peut les propulser plus haut. Prochain test dès vendredi en Floride, face au Magic.

Le Heat, lui, ne va pas souffler : vendredi, c’est la réception des Pistons, l’équipe qui menait la ligue en différentiel de tirs tentés la saison dernière. Un autre combat de possessions en perspective.

3. Kawhi Leonard renforce sans freiner les Raptors

Toronto n’a pas changé d’ADN. Kawhi Leonard est revenu, mais les Raptors continuent de courir comme si chaque rebond défensif était une invitation à la contre-attaque.

Face aux Bulls, ils ont empilé 43 points en transition (tracking Synergy). Un total qui aurait été à égalité avec leur troisième meilleure marque de la saison passée. Pour une équipe qui a terminé depuis six ans dans le top 2 du pourcentage de points inscrits en contre-attaque (16,5 % la saison dernière), le message est clair : Leonard vient pour régler les problèmes en demi-terrain, pas pour mettre le frein à main.

La recette a été simple et brutale : stops, interceptions, et Chicago mis sous cloche. Les Bulls terminent à 32 % au tir, avec un 4/36 catastrophique à 3 points (11 %). Quinze pertes de balle “live-ball”, dont quatre interceptions signées Leonard. Quand il était le défenseur le plus proche, Chicago n’a tiré qu’à 4/11. Chaque erreur se payait cash en course vers l’autre panier.

Toronto veut continuer sur ce rythme dès vendredi à Washington. Et un choc de styles attend dimanche : Raptors contre Wolves, deux équipes capables de dominer le volume de possessions, mais par des chemins différents.

Les Bulls, eux, devront d’abord apprendre à protéger la balle avant de se rendre à Milwaukee vendredi après-midi. Sans ça, la soirée pourrait encore être longue.

4. Ty Jerome, explosion annoncée à Memphis

Le boxscore a fait lever les sourcils : 45 points pour Ty Jerome dans la victoire des Grizzlies contre le Jazz. Record en carrière, évidemment. Mais pour qui suivait de près sa fin de saison dernière, ce n’est pas un miracle tombé du ciel. C’est la suite logique d’une montée en puissance.

Mercredi, Jerome a signé un 17/25 au tir, dont 5/10 à 3 points, agrémenté de sept rebonds et six passes. Douze points de plus que son précédent record. Un soir à part. Sauf que, ramené à son volume de jeu à Memphis, la tendance était déjà là.

Sur ses 16 matches en carrière avec les Grizzlies, Jerome tourne à 33,0 points par 36 minutes. La saison dernière, après son retour d’une blessure au mollet, il avait déjà compilé 31,4 points et 9,0 passes par 36 minutes sur 15 rencontres entre fin janvier et fin mars. L’échantillon restait réduit, mais la production, elle, était bien réelle.

Memphis s’offre donc un début de saison idéal et une occasion en or de lancer une série : un road trip à l’Ouest les attend, avec les Warriors vendredi, puis les Kings, le Jazz et les Blazers. Si Jerome maintient ne serait-ce qu’une partie de ce niveau, les Grizzlies vont très vite se retrouver en haut des classements offensifs.

Le Jazz, lui, aura l’occasion de se remettre dans le sens de la marche à domicile, contre les Pelicans vendredi, puis face aux Lakers le week-end.

5. Portland frappe l’histoire dès l’entre-deux

Les Suns n’avaient toujours pas marqué que le tableau d’affichage affichait déjà 21-0 pour les Blazers. Un début de match irréel, même à l’échelle d’une ligue habituée aux runs insensés.

Depuis 31 saisons de play-by-play archivé, c’est seulement la sixième fois qu’une équipe mène d’au moins 20 points avant que l’adversaire n’inscrive son premier panier. Et Portland est désormais la seule franchise à avoir signé cet exploit deux fois.

Les précédents : 22-0 des Blazers contre les Celtics le 21 février 2004, 21-0 des Cavs face aux Hornets en 2014, 20-0 des Wizards contre les Nets en 2016, 20-0 des Hornets contre les Rockets en 2020, 23-0 des Knicks face au Jazz en 2025. Et désormais, ce 21-0 des Blazers contre les Suns, le 21 octobre 2026.

Les six équipes qui ont commencé avec un tel matelas ont toutes gagné. Seuls les Wizards, en 2016, ont vu leur avance fondre au point de perdre le lead en cours de route. Quand on démarre aussi fort, on termine presque toujours le travail.

Le plus frappant, c’est le contraste avec la saison dernière : le premier quart-temps était le pire des Blazers, avec un différentiel de -4,0 points par 100 possessions. L’arrivée du duo Ja Morant – Damian Lillard, couplée à la patte du nouveau coach Micah Nori, a tout de suite changé le ton. Contre Phoenix, Portland a inscrit 35 points sur 23 possessions offensives lorsque les deux guards partageaient le parquet, soit l’équivalent de 152 points pour 100 possessions. C’est une tempête d’entrée de jeu.

Les Blazers vont tenter de reproduire ce départ canon vendredi à Sacramento.

Les Suns, eux, n’auront pas le temps de ressasser : les Warriors débarquent samedi. Comment réagira une équipe qui a encaissé un 21-0 pour ouvrir sa saison ? La réponse dira beaucoup de ce qu’elle a vraiment dans le ventre.