Nations League : Montella défend son équipe après quatre défaites
Quatre matches, zéro point. Le tableau de bord est impitoyable pour la Turquie dans ce groupe 1 de Nations League. La défaite étriquée face à l’Italie a encore creusé le fossé comptable… sans entamer la conviction de Vincenzo Montella.
Le sélectionneur ne baisse pas les yeux. Il hausse le ton.
« Frustration ? Je ne sais pas si c’est le bon terme, nous avons certainement fait un bon match. Nous avons joué à égalité et peut-être même un peu plus », a-t-il lancé sur SportMediaset, refusant d’endosser le costume de l’entraîneur acculé, prêt à se retirer.
Pour lui, ce revers face à la Nazionale ne raconte pas une équipe dépassée, mais une équipe punie sur des détails. Trois buts encaissés « exclusivement sur des épisodes », comme il le répète. Trois moments, trois coups de scalpel, dans un match où ses joueurs ont répondu au défi, selon lui, « en attitude et en personnalité ».
Une crise de résultats, pas de projet
Montella refuse de voir dans cette série noire un échec structurel. Il y voit une étape. Rugueuse, coûteuse, mais formatrice.
La Turquie se frotte aux cadors du continent, et le technicien italien insiste : c’est précisément là que son groupe doit apprendre à survivre. Il reconnaît des erreurs de choix dans les dernières passes, des placements approximatifs dans la surface sur les phases décisives. Mais il ramène tout à ces marges infimes qui tranchent les grandes rencontres.
« Je peux les critiquer pour ne pas avoir fait le bon choix à la fin, ou pour ne pas avoir fermé la surface, mais c’est le football à ce niveau, explique-t-il. Les joueurs vont tirer une énorme expérience de ce niveau de jeu, parce que le moindre incident peut amener un but, et ça détermine le résultat, tout comme souvent le jugement. »
Le message est clair : les résultats sont mauvais, mais le socle, lui, ne doit pas être dynamité au premier coup de vent.
Le gouffre économique avec l’Italie
Pour défendre son vestiaire, Montella déplace aussi le projecteur sur un autre terrain : celui des moyens. Il ne parle pas d’excuses, mais de contexte.
Face à l’Italie, il a vu entrer en jeu Riccardo Calafiori, Esposito, Sandro Tonali. Une vague de remplaçants à la valeur marchande vertigineuse. Le sélectionneur turc s’en sert pour illustrer la différence de puissance entre une sélection en construction et une machine déjà calibrée pour les sommets.
« Si je regarde les changements de l’Italie, avec Calafiori, Esposito et Tonali, c’est probablement une valeur totale de 350 millions qui est entrée sur le terrain, souligne-t-il. Dans ce sens, je ne pense pas que ce soit la faute de qui que ce soit, encore moins de mes joueurs, qui ont tenu le coup, tactiquement et techniquement, face à une équipe de ce niveau. »
Le sous-texte est brutal : on exige de la Turquie des résultats de grande nation avec un effectif qui n’a ni le vécu, ni la profondeur, ni le portefeuille de ses adversaires.
Montella ne lâche pas le banc
Les rumeurs sur son avenir se sont naturellement invitées après ce quatrième revers. Les questions sont directes, les réponses le sont tout autant. Montella ne prépare pas ses valises, il réclame du temps.
Il rappelle le contexte d’un groupe privé de certains cadres, ces fameux « joueurs importants qui changent le niveau de l’équipe ». Il insiste sur le fait que le travail est bien là, que la marche est simplement plus haute qu’avant.
« Ce n’est pas qu’ils ne travaillent pas, nous sommes simplement à un nouveau niveau pour nous, martèle-t-il. Le football est parfois très simple : il vous manque des joueurs importants qui changent le niveau de l’équipe. Nous avons décidé de continuer sur un chemin, et la qualification pour le prochain Championnat d’Europe est aussi importante pour nous. »
Le sélectionneur s’accroche donc à sa ligne : continuité, progression, apprentissage dans la douleur. Les chiffres du groupe 1 ne lui donnent aucune protection, la pression ne va pas retomber. Mais il a choisi son camp : celui de la patience dans un environnement qui, lui, ne l’est jamais.




