Nando De Colo annonce sa dernière saison
Nando De Colo a choisi son moment. Sans mise en scène, sans détour. À 38 ans, le meneur français a confirmé que la saison 2025-26 sera la dernière de sa carrière. Une phrase, simple, lâchée dans un entretien à BeBasket, qui referme doucement l’un des chapitres les plus brillants de l’histoire du basket européen.
« Je n’ai pas dit que j’arrêterais si on gagnait l’EuroLeague. Mais pour être transparent, ce sera ma dernière saison. »
Le ton est posé, assumé. Pas de conditionnel, pas de faux suspense. La décision mûrit depuis longtemps. « J’y pense depuis un moment. Depuis le début de la saison, j’ai ça en tête : que ce serait ma dernière saison. »
Un retour à Fenerbahce comme un dernier tour de piste
Revenu à Fenerbahce Beko Istanbul début janvier pour un deuxième passage, De Colo boucle la boucle là où il avait déjà brillé entre 2019 et 2022. Le club stambouliote connaît le personnage : un leader silencieux, une machine à décisions justes, un joueur qui transforme chaque possession en menace.
Entre-temps, le Français avait porté les couleurs de l’ASVEL pendant deux saisons. À Villeurbanne, il n’a rien perdu de son ADN : efficacité chirurgicale, maîtrise des tempos, capacité à faire gagner sans forcément faire du bruit. Un vétéran, oui, mais toujours au centre du jeu.
Un palmarès qui écrase le temps
Deux fois champion d’EuroLeague. MVP de l’EuroLeague en 2016. MVP du Final Four la même année. Trophée Alphonso Ford de meilleur scoreur. Une collection de distinctions qui raconte une chose très simple : pendant une décennie, Nando De Colo a régné sur le basket européen au poste d’arrière-meneur.
Les chiffres, eux, donnent la mesure de l’empreinte laissée. Record absolu de l’EuroLeague aux lancers francs avec une précision irréelle de 93,5 %. Meilleur total de PIR cumulé (5 835). Meilleur total de lancers francs inscrits (1 272). Deuxième meilleur marqueur de l’histoire de la compétition avec 5 157 points. Ce ne sont pas des statistiques, ce sont des traces au burin dans le marbre de l’EuroLeague.
Treizième saison dans la compétition, quatre clubs au compteur, mais un sommet très clair : le passage au CSKA. Cinq saisons, cinq Final Four. Cinq saisons, cinq sélections dans les équipes All-EuroLeague, dont trois dans le cinq majeur. Une régularité de métronome au plus haut niveau, là où la moindre baisse de régime se paie cash.
La saison 2015-16 reste son chef-d’œuvre. Il rafle tout : MVP de la saison, meilleur scoreur, MVP du Final Four, et surtout le titre avec le CSKA. Trois ans plus tard, en 2019, il décroche une deuxième couronne européenne avec le club moscovite. Avant cela, il avait déjà soulevé l’EuroCup avec Valencia en 2010, comme un avant-goût de ce qui allait suivre.
Pilier des Bleus, du premier à la dernière minute
La légende de De Colo ne se limite pas aux clubs. Avec l’équipe de France, il s’est imposé comme un pilier, souvent dans l’ombre des scoreurs les plus médiatisés, mais toujours indispensable. EuroBasket 2013, médaille d’or. Deux médailles d’argent olympiques. Six médailles au total dans les grandes compétitions internationales. À chaque fois, la même constante : quand il est sur le parquet, le jeu des Bleus respire mieux.
Son style n’a jamais été celui du joueur tapageur. Peu de gestes inutiles, peu de mots de trop. Un dribble, un écran, un tir, un angle de passe que les autres ne voient pas. De Colo a construit sa carrière comme on construit une œuvre : touche après touche, sans brûler les étapes.
Un compte à rebours déjà lancé
Annoncer la fin deux saisons à l’avance, c’est accepter que chaque match devienne une forme d’au revoir. Chaque déplacement en EuroLeague, chaque soirée à Istanbul, chaque apparition en sélection prendra une autre dimension. Les défenses continueront de le cibler, les salles continueront de le respecter.
Reste une question, immense : comment un joueur de cette trempe choisira-t-il sa dernière sortie ? Avec un nouveau titre en EuroLeague à Fenerbahce ? Avec un ultime podium international sous le maillot bleu ? Ou simplement avec la même sobriété qu’il met dans son jeu, en quittant le parquet comme il y est entré : sans bruit, mais avec l’assurance d’avoir marqué son époque.




