Mourinho retrouve le Bernabéu : un nouveau départ pour le Real Madrid
Le Santiago Bernabéu rouvre ses portes. Nouveau match, nouveau cycle, et un Real Madrid qui se cherche déjà une identité sous un Mourinho revenu aux commandes. Après une entrée en matière laborieuse face à Espanyol, le club madrilène accueille cette fois la Real Sociedad pour un match de la première journée reporté à cause du retour tardif de plusieurs internationaux.
Entre la dernière apparition du Real au Bernabéu et celle de ce week-end, tout a bougé ou presque : le banc, le vestiaire, la hiérarchie interne. Mourinho, lui, avance avec l’idée claire que tout est à reconstruire.
« On repart de zéro »
Face aux médias, le Portugais ne s’est pas caché. Interrogé sur la manière dont il parvient à faire passer ses idées, il a parlé d’un véritable redémarrage.
« On repart de zéro, même si ce n’est pas totalement de zéro, les gens ont déjà des sensations. Il y a une volonté de bien faire les choses et de soutenir l’équipe. »
Le technicien insiste sur la gestion des corps, surtout après un été marqué par la Coupe du monde. Certains cadres ont enchaîné sans souffler, et le staff marche sur un fil.
« Il faut bien gérer entre ne rien jouer et trop jouer, par exemple Cucurella. Je lui ai donné 30 minutes. Ma vision se mélange avec les données et avec ce que les joueurs me disent, la connaissance que chacun a de lui-même. »
Vinicius au centre du débat
Impossible d’échapper au sujet Vinicius Jr. Entre les coups reçus, les insultes et un sentiment d’injustice grandissant, le Brésilien cristallise les discussions. Mourinho ne se dérobe pas, au contraire, il appuie.
« La réaction du public normal peut être contrôlée. La relation de Vinicius avec la tribune adverse peut s’améliorer. Mais les coups, les insultes et les agressions dépendent de l’arbitre. »
Le message est clair : le problème ne se limite pas à l’ambiance des stades.
« Il faut rendre justice. C’est l’arbitre qui doit protéger les joueurs et le jeu. Tu peux travailler ta relation avec tes adversaires. »
Mourinho, qui dit avoir vu tous les matchs du Real Madrid et du Barcelona la saison passée, décrit un traitement différencié.
« Ce que j’ai vu maintenant, en présaison, c’est évident qu’il y a une différence entre Vinicius et les autres joueurs. On est entré dans une dynamique, les adversaires savent qu’ils peuvent. Si tu fais faute sur Vini, le carton jaune arrive après dix fautes. C’est un traitement que je n’aime pas. »
Il rappelle aussi son regard d’entraîneur extérieur lorsqu’il dirigeait Benfica.
« Quand j’étais entraîneur de Benfica, je ne m’intéressais qu’à Benfica. Vini peut avoir plus de contrôle, mais si c’est un coup et une agression, c’est expulsion. »
Le Portugais assure pourtant garder confiance dans le corps arbitral espagnol.
« Après avoir vu le dernier match, l’arbitrage m’a beaucoup plu. J’ai confiance dans l’arbitrage espagnol. J’ai toujours confiance dans l’arbitre. Après le match, parfois, il y a des choses que je n’aime pas. Oui Negreira, oui amis, je ne suis pas là. Je suis totalement avec les arbitres. »
Un Mourinho apaisé, mais tranchant
Sur lui-même, Mourinho dresse le portrait d’un homme moins volcanique, sans perdre son exigence.
« Je me sens plus calme depuis des années, avec plus de contrôle de mes émotions. Mais ce n’est pas nouveau. Maintenant, je fais face aux situations difficiles ou aux frustrations, parce que nous n’avons pas encore perdu. »
Il pose tout de suite le cadre dans le vestiaire.
« Je n’aime pas la paresse, j’aime les gens qui travaillent pour le Real Madrid. Jusqu’à présent, je n’ai pas vu de paresse, tout le monde donne tout. Et tout le monde me protège de mon côté obscur. Je me sens bien comme ça. »
Sur son trio offensif, il ne joue pas la fausse modestie. Gérer Mbappé, Bellingham et Vinicius, ce n’est pas un casse-tête, c’est un privilège.
« Le plus compliqué, c’est quand tu n’as pas de joueurs de très haut niveau. Ça m’est arrivé dans d’autres équipes. Pas ici. Je veux les trois et je suis là pour prendre des décisions. »
Concernant son retour au Bernabéu, il refuse tout traitement personnalisé.
« Je ne veux pas que le Bernabéu me reçoive d’une manière particulière, je veux qu’il reçoive l’équipe comme son équipe, avec sa passion. »
Sur le marché des transferts, son discours est ferme, même si la porte reste théoriquement entrouverte.
« C’est encore ouvert, tu ne sais jamais ce qui peut arriver. Pour le moment tout est fermé, mais le président ou José Ángel peuvent m’appeler pour me dire qu’il y a une offre pour un joueur. Pour moi, le marché est fermé. J’aimerais rester avec cet effectif cette saison. »
Valverde, Espi, Mbappé, Endrick : les pièces du puzzle
La seconde partie de la conférence a basculé vers les cas individuels. D’abord Federico Valverde, souvent baladé sur le terrain.
« Je n’aime pas quand on le fait jouer arrière droit. Ça lui est arrivé dans le passé. Pour moi, c’est un milieu de terrain. Il peut être plus positionnel, ou plus mobile. »
Mourinho rappelle néanmoins qu’un effectif doit savoir s’adapter.
« Les équipes doivent avoir des solutions. Un latéral est un latéral, mais aujourd’hui il peut être un ailier. Ou comme Trent, qui peut jouer à l’intérieur. »
Vient ensuite la question de la cohabitation entre Carlos Espi et Kylian Mbappé, avec la perspective d’Endrick en plus.
« On peut les voir ensemble, ou avec Endrick. Carlos a un profil différent, c’était parfait pour la physionomie du match contre Espanyol. J’ai pensé que Carlos pouvait être important à ce moment-là pour étouffer l’adversaire. »
Tchouameni et Endrick, prudence maximale
Sur Aurélien Tchouameni, Mourinho insiste sur les séquelles de la Coupe du monde. Le milieu français a payé son engagement.
« Il a beaucoup souffert à la Coupe du monde. Il a tout risqué. Il a joué la demi-finale avec tout. »
Le staff a décidé de freiner pour mieux repartir.
« Il a un contretemps, le joueur est prêt à jouer et aurait pu continuer, mais nous pensons qu’il doit commencer la saison à 100 %. Nous avons décidé avec lui et le staff d’attendre, pour qu’il revienne une semaine ou deux plus tard, mais à 100 %. »
Même prudence pour Endrick, touché près du tendon.
« Il y a un problème spécifique à côté du tendon, mais c’est plus une précaution. C’est un joueur que j’aime tellement. »
Mourinho rappelle l’ampleur de la concurrence sur ce dossier.
« Il a eu tellement, tellement d’offres de clubs. Je ne voulais pas céder. Je suis sûr qu’il va répondre au premier appel de Carlo Ancelotti. Il m’appellera directement. »
Le décor est planté : un entraîneur plus calme mais toujours tranchant, un effectif riche, des cas brûlants comme Vinicius ou Tchouameni, et un Bernabéu qui attend. La saison ne fait que commencer, mais Mourinho, lui, a déjà fixé les règles du jeu.




