Montella : « J’aurais pu être limogé » après le Mondial
Vincenzo Montella n’a pas cherché à enjoliver la réalité. Après un Mondial 2026 raté en Amérique du Nord, le sélectionneur de la Turquie sait à quel point son fauteuil a vacillé. Selon La Gazzetta dello Sport, le technicien italien a reconnu que la Fédération turque de football disposait de « raisons justifiées » pour se séparer de lui.
Il est toujours là. Et ce n’est pas un hasard.
Un échec au Mondial, mais un bilan global défendable
Avant les débuts de la Turquie en League A de l’UEFA Nations League, Montella est revenu sur cette Coupe du monde manquée, où les attentes avaient pourtant grimpé très haut après l’Euro 2024.
L’élimination précoce fait tache. Deux mauvais résultats ont suffi à tout faire basculer. Mais le sélectionneur insiste : ses joueurs n’ont pas été balayés, loin de là. Selon lui, les prestations ont tenu la route, c’est la finition qui a tout gâché. Trop d’occasions gaspillées lors des premiers matches, une pression qui enfle, et, au bout du chemin, une sortie de route prématurée.
Montella ne se cache pas derrière les circonstances. Il assume, tout en rappelant ce que son mandat a déjà apporté : un quart de finale à l’Euro 2024 et une promotion historique en League A de la Nations League. Deux jalons majeurs pour une sélection longtemps cantonnée au second plan continental.
« J’aurais pu être viré, mais la fédération a regardé plus loin : vers l’avenir », a-t-il expliqué. « Quand je suis arrivé, on ne se qualifiait pas pour l’Euro, et on a gagné le groupe. Ils ne m’ont pas jugé sur ces deux matches, mais sur tout mon travail. »
Une Turquie qui veut jouer dans la cour des grands
Ce soutien du TFF n’est pas seulement un signe de confiance personnelle. Montella le lie à un mouvement plus large : celui d’un pays qui investit lourdement dans le sport, les infrastructures et ses clubs pour s’installer durablement dans le paysage du football européen.
Stades modernes, projets ambitieux, clubs plus compétitifs sur la scène internationale : le sélectionneur voit dans cette dynamique la base d’une culture foot moderne, capable de rivaliser avec les grandes nations. La promotion en League A n’est pas un aboutissement, mais un test de vérité.
Et quel test. Placée dans le groupe A1, la Turquie arrive avec le statut de quatrième tête de série, derrière des monstres du continent : France, Italie, Belgique. Sur le papier, l’écart est net. Sur le terrain, Montella veut autre chose qu’un simple rôle de figurant.
L’objectif est clair : atteindre les quarts de finale de la Nations League. Pas question de se contenter de « bien figurer ». Il vise un top 2 du groupe, synonyme de phase à élimination directe.
Une équipe en apprentissage accéléré
La désillusion du Mondial doit servir de carburant. Montella y voit une « courbe d’apprentissage estivale » pour un groupe qui a découvert, parfois brutalement, les exigences du très haut niveau. Il est convaincu qu’en affrontant régulièrement l’élite européenne, sa sélection gagnera en maturité tactique et en sang-froid dans les moments décisifs.
La Turquie aborde donc cette première fenêtre de Nations League avec une double mission : se jauger face aux meilleurs et prouver qu’elle a sa place parmi eux. Les Crescent-Stars ne veulent plus être seulement une équipe « excitante » ou « prometteuse ». Elles veulent devenir une équipe qui passe, qui élimine, qui s’installe.
Montella, lui, se projette déjà loin. Il a réaffirmé son envie de rester à la barre jusqu’à l’Euro 2032. Un horizon lointain, presque audacieux dans un métier où tout peut basculer en deux matches. Il le sait mieux que personne.
La question est désormais simple : cette Turquie, portée par une vision à long terme et un sélectionneur conforté malgré la tempête, saura-t-elle transformer ses promesses en résultats concrets face à l’Europe qui compte ?



