RDC Sport

Molineux et le derby du Black Country : Wolves contre West Brom

Dimanche, Molineux retrouve un parfum oublié depuis 2021 : le derby du Black Country. Wolves contre West Brom. Une rivalité lourde, des tribunes chauffées à blanc, et un contexte de début de saison qui promet un duel tendu plutôt qu’un festival.

La dernière fois que les deux clubs se sont croisés, en janvier 2024, Wolves étaient allés s’imposer 2-0 à The Hawthorns en FA Cup. Cette fois, c’est chez eux qu’ils accueillent les Baggies, avec un début de saison solide mais encore imparfait.

Forme du moment : équilibre fragile

Wolves sortent d’une semaine contrastée. Victoire 1-0 contre Sheffield United en Championship dimanche dernier, puis élimination en EFL Cup mercredi, battus 1-0 par Everton. Onze points pris en six journées de Championship, un match de moins que plusieurs rivaux, et la sensation d’une équipe compétitive… mais pas encore totalement lancée.

En face, West Brom arrivent reposés. Leur dernier match remonte à leur nul 1-1 contre Queens Park Rangers. Avant cette journée, ils figuraient parmi un groupe de quatre équipes en tête du classement, avec 14 points en sept rencontres. Un début de saison consistant, sans être flamboyant, mais suffisant pour s’installer dans le haut du tableau.

Les chiffres racontent aussi un match ouvert. Les deux rencontres à domicile de Wolves ont vu les deux équipes marquer, dont un 2-2 spectaculaire contre Blackburn. Quatre des cinq déplacements de West Brom, toutes compétitions confondues, ont également offert des buts des deux côtés. Les défenses ne sont pas hermétiques, les attaques savent faire mal.

Blessures et choix forts

La mauvaise nouvelle pour Wolves est tombée en milieu de semaine : Raul Jimenez est forfait, touché au genou contre Everton. Un coup dur dans un match de ce calibre. Adam Armstrong devrait prendre la pointe de l’attaque, avec la mission de peser dans un derby où chaque duel compte.

Rafiki Said, recrue estivale, attend toujours ses premiers pas sous le maillot de Wolves à cause d’un problème musculaire. Bertrand Traore, lui, pourrait grappiller davantage de minutes après ses débuts au Hill Dickinson Stadium. Petit à petit, il s’installe dans la rotation.

Côté West Brom, Nolan Galves est écarté par une blessure au genou. Callum Styles devrait continuer à occuper le poste de latéral droit, Conor Townsend restant sur le côté gauche. Une ligne défensive connue, stable, mais qui sera testée dans un environnement hostile.

Duel de styles, gestion de derby

Sur le papier, ce derby arrive à un moment charnière. Juste avant la trêve internationale. Un détail qui compte. Cesar Peixoto et James Morrison savent qu’une défaite ici laisserait des traces pendant trois semaines. Ne pas perdre pourrait peser autant que gagner.

Cela ne veut pas dire que le match sera fermé. Loin de là. Wolves ont déjà montré qu’ils pouvaient se découvrir à domicile, et West Brom n’ont pas hésité à se projeter lors de leurs sorties loin de leurs bases. Les statistiques de fautes donnent d’ailleurs une idée de l’intensité : le meneur de jeu de Wolves, Fer Lopez, a déjà subi 11 fautes cette saison, tandis que Jimmy-Jay Morgan, côté Baggies, en a commis autant. Un choc de profils agressifs, entre créateur bousculé et attaquant qui ne lâche rien.

Rodrigo Gomes, fil rouge offensif

Dans ce contexte, un nom revient avec insistance : Rodrigo Gomes. L’ailier de Wolves a déjà inscrit deux buts et délivré une passe décisive lors des six premières journées de Championship. Son habileté à se glisser entre les lignes, à surgir dans les espaces laissés par une défense en mouvement, en fait une menace constante.

Sans Raul Jimenez, Wolves auront besoin de lui. Il fait partie des trois joueurs du club à avoir marqué au moins deux fois cette saison. Son influence ne se limite pas à la finition : il sait aussi créer, attirer les défenseurs, ouvrir des brèches. Dans un derby où chaque geste offensif peut faire basculer l’ambiance, son implication dans un but semble presque naturelle.

Un nul qui ferait sens

Tout pointe vers un scénario serré. Les deux équipes marquent régulièrement, les deux coaches ont des raisons de ne pas se découvrir complètement, et la trêve qui arrive incite à la prudence. Le décor annonce de l’électricité, les statistiques promettent des buts, mais la logique de ce moment de la saison pousse vers un partage des points.

Un score s’impose : 1-1.

Un but de chaque côté, des tribunes en fusion, et deux équipes qui rentreraient au vestiaire avec le sentiment d’avoir évité le pire… en attendant le prochain chapitre de cette rivalité qui ne s’éteint jamais vraiment.