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Mikel Arteta met en garde Max Dowman : « Ici, ce n’est pas Disneyland »

Mikel Arteta n’a pas cherché à adoucir le message. Trois matchs de suspension confirmés, une élimination humiliante en League Cup face à Fleetwood, et un adolescent de 16 ans au centre de la tempête. Max Dowman vient d’apprendre, brutalement, ce que signifie évoluer au plus haut niveau avec le maillot d’Arsenal sur les épaules.

Le manager des Gunners a vu l’appel du club rejeté par la Fédération, après le carton rouge reçu par le jeune attaquant, devenu mardi le plus jeune joueur expulsé de l’histoire de la League Cup. Un record dont personne ne voulait. Et certainement pas Arteta.

« Très déçu », a-t-il lâché à propos de la décision, rappelant que Dowman avait subi plusieurs tacles « imprudents » qui auraient pu lui coûter bien plus cher. Selon lui, Arsenal peut presque s’estimer heureux : le joueur aurait pu finir avec le pied brisé. Il s’en sort avec trois matchs de suspension. Et une leçon.

Un deuxième rouge en un mois

Le contexte pèse lourd. Ce carton rouge n’arrive pas dans le vide. Le mois dernier, Dowman avait déjà été expulsé avec les moins de 19 ans de l’Angleterre. Deux exclusions en quelques semaines pour un joueur de 16 ans : pour Arteta, la sonnette d’alarme est tirée.

Il a donc pris les devants. Entretien individuel, rappel à l’ordre, et un discours sans fard sur les responsabilités qui accompagnent un tel talent.

« Je l’ai déjà vécu, alors j’essaie d’empêcher que ça se reproduise, a expliqué l’Espagnol. C’est pour ça que je suis si protecteur avec ces choses-là, surtout avec les jeunes joueurs, parce que nous avons fait ces erreurs. Vous savez à quel point vous pouvez être puni et à quel point ça peut changer la suite. Et ce n’est pas la première fois, donc il faut y mettre fin très, très vite. »

Arteta ne parle pas en théorie. Il parle d’expérience, de cicatrices, de trajectoires qui basculent pour un mauvais geste, un moment de perte de contrôle. Dowman, lui, est en train de découvrir que le football de haut niveau ne pardonne pas.

Un coup de sang… assumé

Les caméras l’ont montré furieux au bord du terrain, puis visiblement très sec avec son jeune joueur au moment où celui-ci quittait la pelouse, tête basse, direction le tunnel. Certains ont critiqué la dureté de sa réaction. Il assure ne pas avoir lu ces commentaires. Et ne renie rien.

Arteta révèle même qu’il avait prévenu Dowman avant le match : il serait ciblé, provoqué, testé. « C’est quelque chose dont on a parlé juste avant de sortir, parce que ce n’est pas la première fois que ça arrive », a-t-il insisté.

Pour lui, la réponse émotionnelle fait partie du haut niveau. La sienne, comme celle de son vestiaire.

« Pour moi, c’était la meilleure réaction possible pour être qui je suis, a-t-il expliqué. Vous voulez voir la réaction de ses coéquipiers ? Quand ils doivent jouer à dix, vous voulez voir ça ? C’est ce niveau-là, c’est ça la réaction. Mais la réaction quand je ne gagne pas, vous savez ce que c’est ? Je suis en colère. Vraiment en colère. »

Le message est clair : l’exigence ne s’arrête pas à la ligne de touche. Elle traverse tout le club, des cadres aux gamins qui découvrent l’équipe première.

« On n’est pas à Disneyland »

C’est là qu’Arteta a lâché la phrase qui résume sa vision : « Sinon, on est à Disneyland. On n’est pas à Disneyland. On est en Premier League, à ce niveau-là. »

Pas de cocon, pas de traitement de faveur, même pour un prodige de 16 ans. Oui, Arsenal protège Dowman. Le coach le répète : « On s’occupe de lui énormément, vous ne pouvez pas imaginer. » Mais cette protection ne signifie pas indulgence permanente.

« En même temps, on va exiger de lui comme de n’importe qui d’autre, parce qu’il doit gagner le droit de jouer », tranche Arteta.

Le droit de jouer, Dowman va devoir le reconquérir depuis les tribunes. Sa suspension le privera du déplacement à Liverpool dimanche, puis des rencontres face à Hull et Newcastle. Trois affiches lourdes, trois occasions manquées de se racheter sur le terrain.

Sur le plan offensif, Arsenal devra aussi composer avec l’incertitude autour de Noni Madueke, encore incertain après un problème à la cheville qui l’a déjà tenu éloigné du match contre Fleetwood. Et les nouvelles ne sont pas meilleures concernant Bukayo Saka : l’ailier ne devrait pas revenir avant au moins la fin de la trêve internationale, le club attendant toujours plus de précisions sur sa blessure à la cuisse.

Un appel épuisé, un avertissement lancé

Arteta assure qu’Arsenal a « mis tous les arguments sur la table » pour tenter d’annuler la sanction de Dowman. Rien n’y a fait. La Fédération a maintenu le carton rouge et la suspension. Fin du débat juridique. Début, peut-être, de la vraie carrière d’un jeune joueur sommé de grandir très vite.

Le coach insiste sur un point : le contexte devait être pris en compte. L’âge. Les fautes subies. Les antécédents récents. « Ça aurait pu être vraiment grave. Et on a de la chance aujourd’hui qu’il n’ait pas le pied cassé. C’est clair », martèle-t-il.

La leçon est brutale, mais elle arrive tôt. Dowman sait désormais que chaque geste sera scruté, chaque réaction disséquée. À 16 ans, il découvre que le rêve peut très vite se teinter de rouge.

La question, désormais, n’est pas de savoir s’il a commis une erreur. C’est de voir comment il va y répondre lorsque sa suspension sera purgée et que la porte se rouvrira, un peu, sur ce monde qui, comme l’a rappelé Arteta, n’a rien d’un parc d’attractions.