Maurizio Sarri prêt à revenir à Naples pour raviver le Sarrismo
Le cercle se referme à Naples. Huit ans après avoir enflammé le San Paolo avec un football devenu presque une doctrine, Maurizio Sarri est sur le point de revenir à la maison. Selon La Gazzetta dello Sport, Aurelio De Laurentiis a dégainé une offre claire, nette : deux ans de contrat, avec option pour une troisième saison, autour de 3,5 millions d’euros annuels plus des primes liées aux résultats.
Pour Sarri, c’est bien plus qu’un simple retour sur un banc. C’est un retour dans son laboratoire préféré. Entre 2015 et 2018, il avait façonné à Naples une équipe de 91 points en Serie A, un collectif célébré dans toute l’Europe pour la qualité de son jeu, au point de faire du terme « Sarrismo » un manifeste esthétique. Malgré le Scudetto de Luciano Spalletti et le passage tonitruant – mais bref – d’Antonio Conte, une partie du public napolitain n’a jamais vraiment tourné la page de ces années-là.
Conte s’en va, la porte s’ouvre
La voie s’est dégagée brutalement. Antonio Conte a choisi de couper court, un an avant le terme de son contrat. Décision prise depuis un certain temps déjà, confie-t-on, et signalée à la direction pour éviter toute surprise. L’ancien entraîneur de l’Inter a entamé une forme de tournée d’adieux dans la ville, multipliant les rencontres avec les autorités locales, comme pour acter la fin d’un projet que beaucoup imaginaient structurant sur la durée.
Son départ rappelle un scénario déjà vu. En 2018, Sarri avait pris la suite de Conte à Chelsea. Huit ans plus tard, le même jeu de chaises musicales se rejoue, mais cette fois avec le Vésuve en toile de fond. De Laurentiis, lui, n’a pas traîné : pour rester juché en haut du classement – Naples est actuellement deuxième, trois points devant Milan et la Roma avant la dernière journée – le président a choisi le visage le plus familier possible.
Dernier bras de fer à Rome
Avant de rallumer la flamme au Stadio Diego Armando Maradona, Sarri doit toutefois boucler son histoire avec la capitale. À la Lazio, les tensions ont atteint le point de rupture. Claudio Lotito ne fait plus mystère de son agacement envers le staff technique. Sa phrase, lâchée comme un verdict – « dans la vie, tout le monde est utile et personne n’est indispensable » – sonne comme une mise à la porte à peine déguisée.
La saison du club romain ne plaide pas en faveur de l’entraîneur : neuvième place au classement, et l’Europe qui s’envole pour la saison prochaine. Un échec sec, surtout pour un coach qui, ailleurs, a su transformer le beau jeu en trophées. Sarri a remporté la UEFA Europa League avec Chelsea en 2018-2019, puis le Scudetto avec la Juventus en 2019-2020. À Rome, la magie n’a pas pris.
Pendant que Sarri prépare ses valises pour le Sud, la Lazio s’active déjà pour écrire la suite. Un nom se détache : Miroslav Klose. Légende allemande, passé sur le banc de Nurnberg avec une expérience remarquée, il est aujourd’hui le favori pour reprendre les Biancocelesti. Changement de cycle à Rome, renaissance annoncée à Naples.
Le rêve inachevé du Scudetto
Pour Sarri, ce retour à Naples a un goût de revanche sportive. Lors de son premier passage, il avait posé les bases d’une équipe splendide, mais sans jamais toucher le Scudetto. Quand le titre a finalement atterri dans la vitrine napolitaine sous Spalletti, l’entraîneur toscan n’a jamais caché une pointe de jalousie, presque douloureuse, face à ce rêve qu’il avait caressé sans pouvoir l’achever.
Cette fois, le décor est différent. Naples sort d’années contrastées, entre apothéose et désillusion, mais reste solidement installé dans le haut de tableau. Deuxième du championnat, le club est encore en position de force avant la dernière journée, trois longueurs devant Milan et la Roma. La base est là. L’enjeu, pour Sarri, sera de greffer à cette structure une nouvelle version de son football total, plus pragmatique peut-être, mais toujours fidèle à son idée du jeu.
La proposition de De Laurentiis – deux ans plus une option, salaire solide, primes à la performance – montre une chose : le président ne cherche pas un simple pompier. Il veut reconstruire un cycle. Sarri, lui, revient avec un palmarès enrichi, une expérience européenne consolidée, et ce sentiment persistant d’avoir laissé quelque chose d’inachevé au pied du Vésuve.
La flamme du « Sarrismo » n’a jamais vraiment cessé de couver à Naples. On saura bientôt si elle peut, à nouveau, embraser tout un championnat.




