Mason Greenwood quitte l'OM pour Fenerbahçe
L’histoire entre Mason Greenwood et l’Olympique de Marseille se referme déjà. Deux ans seulement après son arrivée sur la Canebière, le club phocéen a officialisé le transfert définitif de l’attaquant anglais à Fenerbahçe. Une séparation présentée comme « mutuelle », mais qui porte clairement la marque d’un tournant stratégique… et d’un joueur décidé à partir.
Dans un communiqué sobre mais appuyé, l’OM a acté la fin de l’aventure : Mason Greenwood, arrivé à l’été 2024, s’en va après deux saisons pleines sous le maillot marseillais. Le club remercie le joueur, salue son apport et lui souhaite bonne chance pour la suite. La formule est classique. Le contexte, beaucoup moins.
Un rendement de star, des chiffres de patron
Sur le terrain, Greenwood a tenu son rang et plus encore. Dès sa première saison en Ligue 1, il a empilé les buts : 22 réalisations et 6 passes décisives en 36 matches, avec à la clé une deuxième place en championnat et un billet pour la Ligue des champions. Une adaptation express, un rôle central, une influence immédiate.
La suite ? Encore plus tranchante. Lors de l’exercice 2025-26, il grimpe la barre : 26 buts, 11 passes décisives, 45 matches toutes compétitions confondues. Des statistiques de leader offensif, celles d’un joueur autour duquel on bâtit un projet… ou que l’on vend au moment où sa valeur atteint son sommet.
Son bagage technique, sa capacité à se créer une occasion en un contrôle, en ont fait l’un des hommes forts du championnat. Greenwood figure d’ailleurs parmi les cinq finalistes pour le trophée UNFP de Joueur de la saison. Une reconnaissance individuelle qui tranche avec le climat en coulisses.
Brillant sur le terrain, sous tension en coulisses
Car derrière les chiffres, l’histoire a souvent été plus heurtée. Des frictions internes, des problèmes disciplinaires, des tensions avec l’ancien directeur sportif Medhi Benatia : le dossier Greenwood n’a jamais été un long fleuve tranquille. L’OM a fini par trancher. Capitaliser tant que le marché est au plus haut, éviter un feuilleton sans fin, et repartir sur d’autres bases.
Le nouveau directeur sportif, Grégory Lorenzi, n’a pas cherché à masquer la complexité du dossier lors de sa première conférence de presse. Il a rappelé le contexte entourant l’image du joueur, souligné le peu d’options réellement ouvertes… et surtout insisté sur un point : Greenwood voulait partir, et vite.
Lorenzi l’a assumé : le club a obtenu ce qu’il souhaitait sur le plan financier, même si à Marseille on s’attendait à voir davantage de prétendants frapper à la porte. Au final, c’est la volonté du joueur et l’offre jugée la plus cohérente qui ont fait basculer le dossier vers Istanbul.
Atlético, l’occasion manquée
Le chemin vers la Turquie n’a pas été rectiligne. Pendant plusieurs semaines, tout semblait mener Greenwood vers l’Espagne. L’Atlético de Madrid, séduit par son profil, le voyait comme un successeur possible à long terme d’Antoine Griezmann. Le scénario paraissait idéal : un club de haut niveau, un entraîneur comme Diego Simeone, une Liga qu’il connaissait déjà après son passage réussi à Getafe.
Puis tout s’est effondré. L’Atlético se serait senti « manqué de respect » par le camp du joueur dans les derniers instants des négociations, agacé par un manque de communication. Le deal a capoté brutalement, laissant les Colchoneros sur le carreau et rouvrant grand la porte à un autre prétendant.
Fenerbahçe n’a pas laissé passer l’occasion. Le club stambouliote s’est engouffré dans la brèche, a accéléré, et a fini par arracher la signature de Greenwood.
Fenerbahçe mise gros, Greenwood au centre du projet
Le club turc a officialisé un accord à 39 millions d’euros, payables en trois versements égaux sur trois ans. Une somme lourde pour la Süper Lig, un investissement clair : Greenwood n’arrive pas à Istanbul pour faire de la figuration. Il vient pour être la pièce maîtresse de l’attaque.
L’Anglais a signé un contrat de quatre ans. Les dirigeants de Fenerbahçe le voient comme le visage offensif de leur ambition retrouvée, dans un club qui veut reprendre la main sur le football turc et s’installer de nouveau au premier plan sur la scène européenne.
Greenwood, lui, n’a pas traîné pour afficher son enthousiasme. Dans un message vidéo adressé aux supporters, il a expliqué qu’il n’avait pas hésité lorsque l’offre de Fenerbahçe est tombée, décrivant son nouveau club comme le plus grand de Turquie et affirmant son impatience de débuter.
Nouveau chapitre, nouvelle pression
Après l’Angleterre avec Manchester United, l’Espagne avec Getafe, la France avec l’OM, Greenwood s’apprête à découvrir un quatrième grand championnat européen. Il quitte un Vélodrome volcanique pour un autre chaudron, celui de Kadıköy, où chaque match se joue dans un vacarme assourdissant et sous une pression permanente.
Marseille, de son côté, tourne la page d’un pari sportif réussi mais chargé en tensions, et encaisse une somme qui doit lui permettre de remodeler son secteur offensif. Fenerbahçe, lui, prend le pari inverse : assumer le package complet Greenwood – le talent, les chiffres, mais aussi tout ce qui l’accompagne.
Reste à savoir si, dans l’atmosphère brûlante d’Istanbul, ce pari fera de lui l’attaquant qui fera enfin basculer le club turc dans une nouvelle ère.




