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Martin refuse la dramatisation avant un match clé

À la veille d’un dimanche déjà lourd d’enjeux, Martin ne joue ni la dramatisation ni la fausse sérénité. Son groupe va bien, assure-t-il, même si Auston Trusty manquera à l’appel, autorisé à rentrer chez lui pour la cérémonie en hommage à son père. Un absent pour raison familiale, un match pour recoller après des points laissés en route. Le décor est planté.

Un leader qui “va bien”, mais qui sait qu’il doit mieux faire

Domestiquement, le constat est clair : son équipe est en tête du championnat, avec quatre points d’avance. L’écart pourrait grimper à sept dimanche. Sur le papier, tout va dans le bon sens. Dans la salle de presse, l’entraîneur refuse pourtant de se laisser entraîner vers une lecture triomphaliste.

« Nous avons déjà comblé des écarts plus importants que ça la saison dernière », rappelle-t-il en substance.

L’idée est simple : ne pas se bercer d’illusions. Le championnat n’en est qu’à son premier tiers, et même si le premier tour des rencontres est jugé « satisfaisant », personne au club ne se raconte que la saison est déjà pliée.

L’objectif pour la deuxième série de matches ? Répéter le même rythme. Il sait que ce serait « improbable », mais ce sera la barre à atteindre.

Le débat tactique lancé par les cadres

La question qui brûle les lèvres porte moins sur le classement que sur le terrain : les propos récents de Callum McGregor et Cameron Carter-Vickers ont fait du bruit. Le capitaine a publiquement mis en doute l’efficacité d’un trio offensif composé de trois avant-centres alignés sur les côtés. Une critique frontale ? Plutôt un constat lucide, que l’entraîneur ne cherche pas à esquiver.

« Je suis totalement d’accord », tranche Martin.

Callum Osmand, répète-t-il, est un vrai numéro 9. Camilo Duran aussi. Deux joueurs de pointe, utilisés dans des zones larges, qui apprennent encore à se découvrir. Rien de révolutionnaire, selon lui : des joueurs ont déjà évolué hors de leur position naturelle, et personne ne s’en offusquait quand le jeune Osmand était entré contre Benfica et avait “enflammé” la rencontre.

Le problème n’est donc pas nié. Il est assumé. Les profils sont connus, les limites aussi. Reste à trouver le bon assemblage.

Une attaque en chantier, des solutions en attente

Martin ne se cache pas : la construction de son secteur offensif est encore en cours. Jota n’est pas encore à 100 %, Yang est blessé, les véritables ailiers manquent. Cela pèse sur les choix. Cela explique aussi pourquoi des avant-centres se retrouvent exilés sur les côtés.

Dans ce contexte, chaque éclaircie compte. L’entraîneur s’attarde sur la prestation de Hassan, entré après la pause et repositionné à son poste de prédilection, côté droit, pour rentrer vers l’intérieur. Il s’enflamme presque : « brillant », « terrifiant pour la défense », capable de centrer, d’éliminer, de varier. Une performance qui, dans son esprit, rééquilibre le tableau et rappelle ce que pourrait être cette équipe avec ses ailiers en pleine forme.

Yang doit reprendre l’entraînement lundi. S’il confirme son état de forme avant la trêve internationale, une pièce maîtresse reviendra dans le puzzle.

D’ici Noël, Martin promet que « tout le monde » aura foulé la pelouse : Jordan Lotomba attend encore sa chance, le jeune Joel van den Berg vient tout juste de s’entraîner avec le groupe. Le message est clair : la hiérarchie n’est pas figée, les postes ne sont pas gravés dans le marbre, et les ajustements se feront en pleine compétition.

Entre scepticisme extérieur et confiance interne

La conférence de presse bascule un instant sur le registre presque ironique. Martin explique qu’il arrive souvent devant les journalistes « plutôt enjoué », avant de ressortir de la salle avec l’impression inverse. Les critiques, les doutes, les débats tactiques, tout cela finit par peser. Il refuse pourtant de céder à la dramatisation.

Son leitmotiv : « Nous faisons du bon travail, nous tenons le coup. »

Beaucoup de joueurs n’ont pas fait la préparation avec le groupe, plusieurs recrues sont arrivées tard, la mécanique collective se construit encore. L’équipe « s’accroche », et le classement lui donne raison, au moins pour l’instant.

Falkirk, pas un simple figurant

Dimanche, l’occasion se présente de porter l’avance en tête du championnat à sept points. Un tournant ? Il refuse cette lecture. L’adversaire, Falkirk, a connu un début de saison poussif, puis s’est mis à enchaîner. « Ils volent en ce moment », prévient-il.

Le piège serait de regarder le tableau plutôt que le terrain. Martin s’y refuse. Il parle d’un match « difficile », mais insiste : son équipe a une vraie opportunité de gagner, et elle jouera pour ça. Rien de plus, rien de moins.

Le huis clos et la question des supporters

Autre sujet brûlant : la décision de disputer le match de Scottish Cup à domicile à huis clos. Le club a communiqué, Martin s’aligne. Il ne cherche pas à rouvrir le dossier, ni à en faire un combat personnel. Sur la question plus large de la présence des supporters adverses dans ce type de grande affiche, son opinion n’a pas changé.

Pour lui, ce genre de confrontation perd quelque chose sans la ferveur des deux camps. Il le répète : la présence de fans adverses ajoute à la grandeur de ces rencontres. Pourtant, la tendance actuelle va dans l’autre sens, vers des tribunes verrouillées, des déplacements limités. Il constate, sans s’y résigner vraiment.

L’ombre des envahissements de terrain

En filigrane, un autre épisode ressurgit. Martin évoque un envahissement de terrain à Fleetwood, récemment présenté comme un « moment iconique » du match. Difficile de ne pas y voir un clin d’œil à la fin de saison passée, marquée par un envahissement de pelouse qui avait été jugé bien différemment.

Lui assure ne plus être « irrité » par cet épisode. Mais il rappelle ce qu’il avait dit à l’époque : dans sa vie, il verrait d’autres envahissements de terrain, et ils seraient perçus d’une autre manière. L’actualité lui donne déjà raison.

Dimanche, pas de décor spectaculaire attendu, pas de symbolique débordante. Juste un match, une première place à consolider, une attaque à affiner, et un entraîneur qui, sous la pression du classement et des micros, continue de répéter qu’il « s’accroche ». La question est simple : combien de temps son équipe tiendra-t-elle ce rythme, une fois tous ses atouts réellement sur le terrain ?