Martin Demichelis sous pression à Leipzig : un début de saison préoccupant
À Leipzig, les doutes arrivent plus vite que l’automne. Martin Demichelis n’est en poste que depuis quelques semaines et déjà, selon Sport Bild, la confiance vacille en coulisses. Officiellement, le club ferme les rangs autour de son entraîneur argentin. En interne, le ton est moins serein : si les résultats ne s’améliorent pas rapidement, la discussion sur son avenir pourrait s’ouvrir bien plus tôt que prévu.
Un début de saison à deux visages
Le tableau comptable de la Bundesliga raconte une histoire trompeuse. Sur le papier, deux larges victoires à domicile : 3-0 contre Borussia Mönchengladbach, 5-0 face à Hamburger SV. Des cartons, une attaque fluide, un public rassuré.
Mais loin de la Red Bull Arena, le décor change brutalement. Défaite 3-1 à Werder Bremen, revers 2-0 sur la pelouse de Bayer Leverkusen. Deux déplacements, deux chutes, et une constante qui inquiète : Leipzig perd ses repères dès qu’il quitte sa base.
Le coup le plus dur est venu d’Europe. Pour l’entrée en lice en Champions League, RB a explosé 4-1 sur le terrain de Como, novice à ce niveau. Une claque. Pas seulement au tableau d’affichage, mais dans l’image renvoyée par une équipe censée confirmer son statut de troisième de Bundesliga la saison passée.
Demichelis a pris les commandes cet été d’un groupe habitué au haut de tableau. Le message interne est clair : la qualification en Champions League n’est pas un objectif ambitieux, c’est une obligation. Si, d’ici l’automne, le classement laisse planer le doute sur ce ticket européen, Sport Bild estime qu’un débat précoce sur le poste d’entraîneur deviendrait inévitable.
L’ombre de Nagelsmann plane sur la Saxe
Dès que la moindre fissure apparaît à Leipzig, un nom revient comme un réflexe : Julian Nagelsmann. L’Allemand, 39 ans, a déjà dirigé le club entre 2019 et 2021. Sa capacité à structurer une équipe, à imposer une identité de jeu forte, a marqué les esprits.
Les rumeurs d’un retour ont déjà refait surface. Elles n’en sont qu’au stade de bruits de couloir, mais elles trouvent un écho d’autant plus fort que Nagelsmann est aujourd’hui libre et associé en permanence aux « top teams » européennes.
Rudi Völler, directeur de la DFB, a récemment confié à Bild que l’ancien sélectionneur allait d’abord « souffler et se poser » après sa démission consécutive à l’élimination précoce au Mondial, avant de reprendre rapidement les rênes d’« une équipe absolument de premier plan ». Sans citer Leipzig, la phrase nourrit forcément les scénarios.
Un autre nom circule : Dino Toppmöller. L’ancien adjoint de Nagelsmann à Leipzig lors de la saison 2020/21 vient d’être limogé par RC Lens à la mi-septembre, après seulement deux mois et demi en poste. Libre lui aussi, il s’ajoute à la liste des options théoriques.
Pour l’instant, RB dément tout. Ni Nagelsmann ni Toppmöller ne seraient à l’agenda, assurent les dirigeants selon Sport Bild. Officiellement, la ligne est ferme : pas de plan B, Demichelis reste l’homme du projet.
Soutien public, pression privée
Pendant la trêve internationale, Marcel Schäfer, directeur général du secteur sportif, est monté au front. Il a rappelé une réalité souvent oubliée dans l’urgence du résultat : cette équipe a été largement remaniée. « Un groupe nouvellement assemblé a besoin de temps pour se trouver et développer ses automatismes. C’est la réalité », a-t-il insisté, appelant au calme autour du nouveau coach.
Roger Schmidt, successeur de Jürgen Klopp au poste de Global Sports Director chez Red Bull, se serait lui aussi prononcé clairement pour la continuité. Le message envoyé au vestiaire est limpide : pas de panique, le club maintient sa confiance.
Mais la confiance, à Leipzig, se mesure rarement en déclarations. Elle se lit au classement, au nombre de points, à la manière dont l’équipe répond dans les grands rendez-vous. Et ceux qui arrivent ne laisseront aucune marge.
Un mois d’octobre déjà décisif
Pour Demichelis, la trêve internationale n’a pas été un moment de répit, mais l’ultime préparation avant une séquence qui peut redéfinir sa place sur le banc.
Le retour à la compétition s’annonce brutal : réception d’Eintracht Frankfurt en Bundesliga le 10 octobre. Victoire quasi obligatoire à domicile pour stopper la spirale des doutes. Trois jours plus tard, le 13 octobre, Leipzig accueille PSV Eindhoven en Champions League. Après la débâcle de Como, un nouveau faux pas enverrait un signal désastreux à l’Europe et à son propre vestiaire.
Et ce n’est que l’échauffement. Le 17 octobre, déplacement à l’Allianz Arena pour défier Bayern Munich en championnat. Le 21 octobre, un voyage au Santiago Bernabéu pour affronter Real Madrid en Champions League. Deux chocs, deux tests de caractère, deux matches où le moindre détail peut faire basculer un projet.
La fin du mois n’offre pas de répit, seulement un autre type de pression. Le 24 octobre, Leipzig affronte le promu SV Elversberg, équipe sans prestige mais toujours dangereuse pour un prétendant au podium. Le 27, déplacement piégeux en DFB-Pokal chez Rot-Weiss Essen, leader de troisième division, dans un match à élimination directe où la moindre erreur se paie cash. Puis, le 31 octobre, duel contre un autre promu, Schalke 04, qui n’aura rien à perdre.
Au bout de ce marathon, une première évaluation sérieuse attend Demichelis. Pas un bilan final, mais un verdict intermédiaire sur sa capacité à tenir un vestiaire ambitieux, à installer des repères dans le jeu et à garder Leipzig dans le rythme du très haut niveau.
La question est simple, la réponse beaucoup moins : dans un club où le temps se mesure en qualifications européennes, combien de semaines reste-t-il réellement à Martin Demichelis pour transformer le doute en certitude ?




