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Maresca remet en question le mythe du derby de Manchester

À la veille du déplacement à Old Trafford, Enzo Maresca a lancé un pavé dans la mare mancunienne. Pour lui, le derby entre Manchester City et Manchester United n’est tout simplement pas le plus brûlant qu’il ait connu dans sa carrière.

L’Italien, qui a sillonné l’Europe comme joueur puis comme entraîneur, place d’autres affiches bien au-dessus sur l’échelle de l’hostilité. Et il ne s’en cache pas.

« Je vous promets, le pire, c’est Olympiakos–Panathinaikos », a-t-il lâché.

Avant de dérouler la liste : les joutes électriques Juventus–Torino, la fièvre de Sevilla–Betis, et ses expériences sur le banc de Chelsea. Autant de contextes qui, à ses yeux, redéfinissent la notion de rivalité.

Old Trafford, un décor à part mais pas le plus hostile

Maresca ne sous-estime pourtant pas ce qui l’attend au Theatre of Dreams. Il sait où il met les pieds, et ce que représente ce match pour la ville.

« Nous savons à quel point un derby est important, surtout ici, pour le club, pour les fans, pour tout le monde », a-t-il expliqué.

« C’est un match spécial et la chose la plus importante que nous puissions faire, c’est essayer d’être nous-mêmes, comme nous l’avons été jusqu’à aujourd’hui. Ensuite, nous verrons le résultat final. »

Le technicien insiste : l’ambiance ne doit pas dévorer le plan de jeu. « Je sais qu’Old Trafford est assez différent, mais l’objectif principal pour les joueurs doit rester le plan de jeu, comment nous pouvons gagner, comment nous pouvons presser, comment nous pouvons être meilleurs. Je veux ce genre de matches, je les aime. »

Autrement dit : l’enfer des tribunes, il connaît. Le défi, pour lui, se joue surtout entre les lignes blanches.

Elliot Anderson souffle sur les braises

La préparation du derby a pris une tournure encore plus piquante avec les propos d’Elliot Anderson. Recruté cet été en provenance de Nottingham Forest pour 116 millions de livres, le milieu anglais n’a pas mis longtemps à faire parler de lui.

Pour son premier derby, il a déjà choisi son camp dans la bataille des mots en qualifiant City de « rois de Manchester ». De quoi faire grincer quelques dents de l’autre côté de la ville, et donner un peu plus de relief à ses premiers pas dans cette affiche.

Maresca, lui, ne s’en offusque pas. Il y voit presque une évidence générationnelle. « Probablement, la raison pour laquelle Elliot a dit ça, c’est parce qu’il a grandi durant les 15 dernières années », a-t-il souligné.

« Je pense que Manchester City a été incroyable dans ce qu’ils ont accompli. Donc c’était normal quand Elliot a dit ça. Si vous remontez plus loin, l’image est différente, mais pour moi la raison pour laquelle Elliot l’a dit, c’est que lorsqu’il a grandi, Manchester City était dominant. »

Pour le coach, le commentaire de son joueur ne relève pas de la provocation gratuite, mais d’un constat façonné par une décennie et demie de trophées domestiques accumulés par City.

Avantage physique ? Maresca refuse le prétexte

Sur le plan sportif, City arrive lancé. Les champions en titre sortent d’un large succès 5-1 contre Porto en Ligue des champions, un match maîtrisé qui leur a permis de gérer leurs efforts et d’aborder le derby avec un peu plus de fraîcheur.

En face, Manchester United a dû disputer une rencontre européenne le jeudi soir contre Sabah, avec 48 heures de récupération en moins. Un détail qui pourrait peser dans les jambes, mais que Maresca refuse d’ériger en excuse ou en clé du match.

« Parfois, ça arrive dans le football », a-t-il rappelé.

« Je n’ai aucun doute que Manchester United sera prêt. Il s’agit simplement de s’adapter. Ça nous est arrivé l’an dernier, cette saison c’est leur tour. La saison prochaine, ce sera une autre équipe. »

Le message est clair : pas question de se cacher derrière le calendrier. Maresca veut un City fidèle à son identité, Elliot Anderson assume un City qui règne sur la dernière ère, et Old Trafford se prépare à juger, une nouvelle fois, qui commande vraiment la ville aujourd’hui.