Marcus Rashford inquiète l'Angleterre avant le Ghana
Marcus Rashford a rallumé la flamme… puis l’inquiétude. Auteur d’une entrée fracassante contre la Croatie, le joueur de Manchester United est désormais un sujet de préoccupation pour le staff anglais à l’approche du deuxième match de ce Mondial face au Ghana, mardi à Boston.
De supersub à casse-tête médical
Mercredi, à Dallas, Rashford n’était au départ qu’un joker. Il est devenu bien plus que ça. Entré en jeu à la 72e minute à la place d’Anthony Gordon, le Mancunien a dynamité le côté gauche, participé à la métamorphose offensive des Three Lions et clos le festival avec le quatrième but lors de la victoire 4-2. Une frappe, un soulagement, un cri.
Ce but, son 19e en 73 sélections, mettait fin à une longue traversée du désert en sélection : neuf matches sans marquer. De quoi relancer sa candidature pour une place de titulaire dès le prochain rendez-vous.
Mais la soirée a basculé après le coup de sifflet final. Rashford a ressenti une gêne à l’arrière de la cuisse, à la jonction ischio-jambiers/fessier. Rien de spectaculaire sur le moment, pas de grimace télévisée, mais suffisamment pour alerter le staff médical.
Un absent qui fait du bruit
Hier, alors que les remplaçants de la veille disputaient une opposition à huis clos face à Sporting Kansas City, Rashford manquait à l’appel. L’Angleterre a largement dominé ce galop d’essai (5-1), mais l’ailier de Manchester United n’a pas pris part à la rencontre, préservé en raison de cette douleur persistante.
Dans ce match d’entraînement, Ivan Toney a signé un triplé, rappelant qu’il reste une arme redoutable dans la surface. Morgan Rogers et Ollie Watkins ont également trouvé le chemin des filets. Dan Burn, Marc Guehi, Kobbie Mainoo, Jarell Quansah et Eberechi Eze figuraient eux aussi parmi les joueurs concernés par cette séance relevée, découpée en deux périodes de 25 minutes pour les éléments restés sur le banc ou peu utilisés face à la Croatie.
Pendant ce temps, Rashford, lui, soignait sa cuisse et ses ambitions.
Gordon sous pression, Tuchel dans l’attente
Le sélectionneur sait ce que représente ce pépin physique. Face au Ghana, l’Angleterre peut déjà valider sa qualification. Et après sa prestation étincelante contre la Croatie, Rashford poussait clairement pour bousculer la hiérarchie à gauche, où Anthony Gordon, tout juste arrivé au Barcelona, avait été préféré au coup d’envoi à Dallas.
L’équation est simple : un Rashford en pleine forme change le visage de l’attaque anglaise. Sa vitesse, ses appels, sa capacité à attaquer la profondeur pèsent sur n’importe quelle défense. Sa performance en sortie de banc a rappelé à quel point il pouvait faire basculer un match en quelques minutes.
Mais encore faut-il qu’il soit apte. Pour l’instant, le staff médical reste prudent. La douleur est localisée, le joueur se plaint d’une tension, pas d’une déchirure. Le plan est clair : repos, soins, puis un test à l’entraînement demain. C’est seulement à ce moment-là que la sélection saura si elle peut compter sur lui pour défier le Ghana.
Parenthèse familiale avant la tempête
Conscient de la charge émotionnelle et physique d’un tournoi majeur, Thomas Tuchel a offert un jour de repos complet à son groupe. Les joueurs ont été autorisés à passer du temps avec leurs proches, venus en nombre jusqu’à Kansas pour soutenir la sélection. Certains ont choisi de s’échapper en famille, d’autres ont préféré rester au calme à l’hôtel, déjà tournés vers ce deuxième match à enjeu.
Car l’Angleterre joue gros. Une victoire contre le Ghana et la qualification serait quasiment dans la poche. Le contexte, la dynamique, tout poussait Rashford vers un rôle central dans ce rendez-vous.
Reste désormais une question, simple et cruciale : la cuisse suivra-t-elle l’ambition du joueur, ou forcera-t-elle Tuchel à revoir ses plans au moment où l’Angleterre commence tout juste à monter en régime ?




