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Manchester City sous pression : Ruben Dias défend le club

À la veille d’un choc européen face au Paris Saint-Germain, Manchester City vit une drôle de saison. Sur le terrain, une démonstration à Anfield, un 3-0 sec infligé à Liverpool. En dehors, un vacarme permanent autour des sanctions pour violation des règles financières. Au milieu de la tempête, un visage s’impose : Ruben Dias.

Le défenseur portugais, brassard au bras, incarne plus que jamais la colonne vertébrale de City. Leader dans le vestiaire, porte-voix du groupe, relais d’Enzo Maresca, il assume le rôle sans esquiver les sujets brûlants.

Haaland, buteur… et point de ralliement

Interrogé sur l’importance d’Erling Haaland, Dias refuse pourtant de réduire City à son numéro 9, tout en soulignant son poids dans le collectif.

« Évidemment, c’est lui, il est important comme tout le monde dans l’équipe », glisse-t-il, avant de revenir sur ce qui frappe le plus à l’intérieur du vestiaire : le mental. Haaland a parlé de force mentale, de calme, de joueurs qui continuent de jouer « avec le sourire ». Pour Dias, ce n’est pas un détail : « Ça montre beaucoup de caractère. »

Dans un contexte où chaque match ressemble à un examen de crédibilité, voir son avant-centre rester un point d’ancrage, sur la pelouse comme dans les célébrations, compte autant que ses buts.

Anfield, la fête et le sous-texte

Les images ont tourné en boucle : City qui exulte dans le parcage, puis dans les couloirs d’Anfield après un succès éclatant. Certains y ont vu de la provocation. Pour Dias, c’est tout l’inverse : une libération.

« Gagner à Anfield, dans n’importe quelles circonstances, en début ou en fin de saison, on l’appréciera toujours autant », insiste-t-il. « On célébrera comme on le ressent sur le moment, et ce sera forcément une démonstration de ce que ça représente pour nous. »

Maresca, lui, a tenu à souligner un autre point : la position inconfortable des supporters, pris pour cible par les rivaux.

« Ça a été plus dur pour nos fans que pour les joueurs ou pour moi », confie l’Italien. Il imagine très bien la scène : « Si j’étais fan d’Arsenal ou de United et que toi tu es fan de City, je pourrais te dire : “Mon ami, tu es un tricheur”, ce genre de choses. » Malgré ça, dans le vestiaire d’Anfield, la joie était totale. Parce qu’un succès là-bas reste un exploit, quel que soit le bruit extérieur.

« Nous défendrons le club, nous nous battrons pour lui »

Les mots les plus forts de Dias concernent son rôle de capitaine dans ce contexte explosif. Pas de posture dramatique, mais une ligne claire.

Être capitaine, pour lui, ne change pas de nature : « C’est toujours être là pour tout ce dont on a besoin. » La différence, c’est l’ampleur du défi. « Cette fois, c’est peut-être un défi différent, même si ça s’est déjà produit dans le passé. Je suis là pour ça, et il en va de même pour les trois autres capitaines et le reste de l’équipe. »

La phrase tombe, nette : « Nous défendrons le club, nous nous battrons pour lui et nous faisons confiance au club. » Le message est autant destiné à l’extérieur qu’au vestiaire.

Enzo Maresca ne s’y trompe pas. Depuis son arrivée, il s’appuie sur Dias comme sur une charnière humaine. « Depuis le premier jour, il a été un vrai leader et il fait très bien les choses dans tous les aspects », souligne le coach. Dans une équipe qui a souvent été décrite comme une machine, City a besoin de figures de chair et de sang. Dias en est une.

Le vacarme, la sérénité affichée et une réunion clé

Le verdict de culpabilité pour violation des règles financières est tombé pendant la trêve internationale. Un timing délicat : joueurs éparpillés, impossible de se regarder dans les yeux sur-le-champ. Dès le retour à l’entraînement, Dias a voulu poser le cadre.

« Quand c’est tombé, on a senti qu’on devait avoir une conversation dès qu’on serait de retour », raconte-t-il. Réunion rapide, message simple : tout le monde sur la même longueur d’onde, la « tranquillité d’esprit » comme ligne de conduite, puis on avance. « On a rapidement retrouvé le calme et on a progressé vers l’avant. »

Face au vacarme des tribunes adverses, il assume une certaine indifférence revendicative : « Personnellement, et je pense vraiment parler pour tout le groupe, nous faisons confiance au club. Nous sommes très calmes et très concentrés sur le fait de prendre du plaisir à jouer au football. » Le reste ? Du bruit. « Qu’il y ait plus ou moins de bruit, peu importe la raison, au bout du compte, c’est pareil qu’avant, parce que les gens n’aiment pas nous voir gagner et nous, on adore gagner. »

La fracture est claire : d’un côté, un environnement qui les désigne comme cible permanente ; de l’autre, un groupe qui se soude autour de cette hostilité.

Maresca, obsédé par le terrain, pas par les tribunaux

Enzo Maresca, lui, refuse de s’épuiser sur ce qu’il ne maîtrise pas. Il l’a répété : il se stresse sur les plans de jeu, pas sur les procédures.

« Je suis complètement calme, détendu », assure-t-il. Il sait « la gravité de la situation », ne la minimise pas, mais refuse d’y consacrer son énergie. « Là où on peut faire quelque chose, c’est sur le terrain. C’est pour ça que j’aime me concentrer là-dessus. »

Sa consigne aux joueurs ne change pas : transformer le vacarme extérieur en réponse sportive. « Le bruit autour de l’équipe est énorme, mais nous devons essayer de gérer ça et de faire notre propre bruit, qui est de gagner des matchs. »

Pendant la trêve, le staff a disséqué les sept rencontres précédentes. Tout a été passé au crible. Maresca n’a pas aimé la première période à Anfield avec le ballon, même si son équipe a bien défendu sans. Il parle « d’évolution » depuis ce match, de détails à corriger, de marges à combler. Le message est clair : la tempête judiciaire ne doit pas masquer les chantiers tactiques.

La Ligue des champions en toile de fond… et une menace en suspens

City s’apprête à disputer une 16e saison consécutive en Ligue des champions. Une statistique qui dit la régularité d’un club installé au sommet du continent. Mais cette fois, une question plane : pour combien de temps encore ?

Maresca refuse de se projeter : « Je suis plus concentré sur demain. La Ligue des champions est très importante pour cette organisation, aucun doute. Nous allons essayer de faire mieux que ces deux ou trois dernières années, où le club, l’équipe ont un peu souffert. » Il ne sait pas si cette campagne sera la dernière « pour un moment ». Il ne sait pas où sera City en mars ou en avril. Personne ne le sait.

En attendant, il y a un match à jouer. Un adversaire de haut rang à faire plier. Un groupe à souder un peu plus. Et un capitaine, Ruben Dias, qui résume la position de City en une phrase : les autres n’aiment pas les voir gagner. Eux ne vivent que pour ça.

Le reste se règlera loin du rectangle vert. Mais tant que le coup d’envoi sera donné, Manchester City n’aura qu’une obsession : continuer de faire ce qu’on lui reproche le plus. Gagner.