Manchester City : Haaland entre performances et gestion des joueurs
Erling Haaland marque, encore et toujours. Mais Enzo Maresca, lui, regarde déjà le calendrier et les jambes qui tirent.
L’attaquant norvégien vient de frapper un grand coup en Europe : un doublé contre le Paris Saint-Germain, qui fait de lui le meilleur buteur européen de l’histoire de Manchester City. Dix buts en neuf matchs depuis le début de saison, une statistique qui claque autant que ses frappes. Et pourtant, à l’Etihad Stadium, on parle moins de records que de récupération.
Samedi, Ipswich Town se présente en Premier League, et Haaland est bien dans le groupe. Logique, difficile de se priver du meilleur buteur actuel du championnat. Mais Maresca, lui, ne pense pas seulement au prochain coup de canon du numéro 9. Il pense à octobre, à novembre, aux soirs européens où les jambes sont lourdes et les esprits émoussés.
Le Norvégien sort d’une trêve internationale chargée, avec quatre nouvelles sélections disputées avec la Norvège. C’est là que l’alerte se déclenche pour l’entraîneur italien. Pas de panique, mais un constat froid : la charge de travail devient énorme pour plusieurs cadres.
« À un moment, on devra probablement lui donner du repos, quelques jours off », a reconnu Maresca en conférence de presse d’avant-match. Le message est clair : Haaland n’est pas une machine, et il n’est pas seul dans ce cas.
Le coach a d’ailleurs élargi le propos. Il a cité d’autres noms, tout aussi exposés : Elliot, Enzo, Marc, Erling, Rúben. Des joueurs qui enchaînent tout, tout le temps. Les matchs avec City, les matchs avec leurs sélections. Un luxe pour un entraîneur, une inquiétude pour le gestionnaire d’effectif.
Enzo Fernandez, le méconnu qui tient la barre
Au milieu de ce City invaincu et déjà en tête du championnat avec six victoires en six journées, un autre Enzo s’impose : Enzo Fernandez. Arrivé de Chelsea, l’Argentin s’est fondu dans le système avec une aisance déconcertante, au point de devenir l’un des moteurs de ce départ parfait.
Maresca n’a pas seulement salué le joueur. Il a tenu à rectifier l’image. On parle souvent du transfert, du prix, de la pression. Lui a préféré parler de l’homme.
« C’est une bonne personne. Il a un grand cœur », a insisté l’Italien, soulignant son côté poli, professionnel, et la solidité de son entourage familial. Il a rappelé que l’image publique du milieu, parfois brouillée par les débats extérieurs, ne correspond pas à la réalité qu’il vit au quotidien. Pour son entraîneur, Fernandez est un « top guy », un garçon fiable, bien entouré, sans zone d’ombre.
Cette confiance-là ne s’achète pas. Elle se gagne dans le vestiaire, à l’entraînement, dans les moments où l’on joue moins spectaculaire mais tout aussi essentiel.
Entre rotation et soif de victoires
City accueille Ipswich Town avec un tableau de bord presque parfait : invaincu, leader, trois points d’avance, un buteur en feu et un milieu qui s’est réinventé. L’équation, pourtant, n’a rien de simple.
Maresca doit jongler. Garder la dynamique victorieuse, ne pas briser le rythme de ses cadres… tout en évitant de les cramer avant l’hiver. Le technicien sait que la saison ne se joue pas en septembre, ni même en octobre. Elle se gagne souvent dans ces choix impopulaires : un repos pour Haaland, une rotation pour Rúben, un temps de jeu géré pour ceux qui ne soufflent jamais.
Il surveillera donc de près les signaux physiques, les petites alertes, les coups de fatigue. Le calendrier, lui, ne fera pas de cadeau : enchaînement de rencontres domestiques, soirées européennes, voyages internationaux.
Pour l’instant, City avance sans accroc, porté par un buteur qui réécrit déjà les livres de records du club. La vraie question, désormais, n’est plus de savoir si Haaland marquera encore. Mais combien de temps Maresca acceptera de le laisser jouer sans lever le pied.




