Manchester City : Début historique sous Maresca
À l’Etihad, Enzo Maresca ne sourit pas par politesse. Il sourit parce que, sept journées après avoir succédé à Pep Guardiola et ses 20 trophées en dix saisons, son Manchester City signe un départ que le club n’avait plus connu depuis… 1897.
Sept matchs de Premier League, sept victoires. Aucun point abandonné. Des retournements de situation digérés, une heure à dix à Old Trafford maîtrisée, et un vestiaire qui continue de jouer comme si le tumulte extérieur n’existait pas.
« Pour sûr, je ne m’attendais pas à gagner sept sur sept, a reconnu Maresca. On travaille bien, on travaille de la bonne manière. Je suis très heureux, surtout de la situation en général. Aujourd’hui, on a contrôlé le match pendant 95 minutes. On s’est créé des occasions, on a marqué. On a fini avec un peu de souffrance, ensemble, mais globalement, c’est bien. »
Ce n’est pas seulement bien. C’est historique. Dans toute l’ère Premier League, seuls Chelsea version 2005-06 (neuf victoires de suite pour commencer) et Liverpool 2019-20 (huit) avaient réussi pareil départ. Les deux ont fini champions. Le parallèle saute aux yeux, même si Maresca refuse de s’y attarder.
Un début de règne implacable
Le tableau global renforce l’impression de solidité. Toutes compétitions confondues, City a remporté neuf de ses onze rencontres. Les seules taches au tableau : la défaite en Community Shield face à Arsenal et le revers à domicile contre le tenant du titre, Paris Saint‑Germain, lors du dernier match de Ligue des champions.
Pour un entraîneur débarqué dans l’ombre immense de Guardiola, le message est clair : la succession ne se fait pas à pas feutrés. Elle se fait à pleine vitesse.
« Je suis très heureux parce que, dans ce métier, il s’agit de gagner des matchs, a rappelé l’Italien après le succès 3-2 contre Ipswich Town. On a été capables d’enchaîner sept victoires. Ce qui me rend le plus heureux, c’est le jour après jour avec les joueurs, la façon dont ils travaillent et comment je les vois progresser. »
Dans un contexte où le club fait appel d’un verdict le déclarant coupable de 114 infractions présumées aux règles financières de la Premier League entre 2009 et 2018, la capacité du groupe à compartimenter impressionne. « Ils ne sont pas inquiets des jugements de l’extérieur, a assuré Maresca. Ils savent que les gens essaient de les juger. » Sur le terrain, la réponse est brutale : sept sur sept, meilleure entame de championnat depuis l’époque où City évoluait encore en deuxième division.
Blessures : le revers de la médaille
Ce départ canon a pourtant un prix. Samedi, face à Ipswich, l’Etihad a frémi autant pour les buts que pour les grimaces. Mateo Kovacic et Matheus Nunes ont d’abord quitté la pelouse, touchés. Puis Erling Haaland et le remplaçant Antoine Semenyo ont terminé en boitant, le Norvégien contraint de rester sur le terrain car City avait déjà utilisé tous ses changements, avant de filer directement au vestiaire à la fin du match.
Maresca, lui, a voulu calmer le jeu. « J’ai demandé à tous, a-t-il expliqué. Mateo a dit qu’il allait bien. Matheus a dit qu’il allait bien et Erling a dit qu’il allait bien aussi. » Pour Haaland, qu’il espère voir rapidement de retour, il a parlé d’un souci « rien de sérieux ».
Le ton change quand il évoque Semenyo. Le Ghanéen a quitté la pelouse en boitant, avec ce qui ressemblait à un problème au genou. Les examens ont toutefois apporté un relatif soulagement. « Au premier moment, on craignait une blessure encore plus grave, on était plus inquiets, a confié Maresca. Mais après le scan d’hier, on se sent beaucoup mieux, parce que ce n’est pas aussi gros qu’on le pensait. Ça pourrait être huit semaines. »
Huit semaines, donc. Retour espéré autour de décembre. « Le plus important pour lui, maintenant, c’est de récupérer. Et quand il reviendra, probablement en décembre, on aura un nouveau joueur en termes d’énergie. » Le technicien a précisé qu’il s’agissait d’une lésion collatérale au bas de la jambe, « pas musculaire ».
Autre sujet d’inquiétude : Nico O’Reilly. L’international anglais a dû sortir en seconde période contre Ipswich. « C’est encore son dos. Si vous vous souvenez, contre Coventry à l’échauffement, c’était le même problème », a détaillé Maresca. Sa présence mardi en Ligue des champions reste incertaine.
Entre records et risques, AEK en ligne de mire
Dans ce contexte paradoxal – meilleur départ depuis 129 ans, mais infirmerie qui se remplit – se profile déjà le rendez-vous européen face à AEK Athens. City reste sur une défaite à domicile contre Paris Saint‑Germain dans la compétition, et ne peut pas se permettre de laisser s’installer le doute sur la scène continentale.
Pour l’instant, Maresca s’accroche à ce qui fonctionne : un collectif qui suit son idée de jeu, des cadres qui répondent présents, et des jeunes comme Ayyoub Bouaddi, auteur d’une prestation remarquée au milieu, qui s’installent sans trembler. Phil Foden a retrouvé le chemin des filets en championnat pour la première fois depuis décembre, autre signe que les automatismes se mettent en place.
La série en championnat, elle, parle d’elle-même. Sept victoires pour commencer, un record absolu pour un club avec un nouvel entraîneur sur le banc. Les comparaisons avec les grandes équipes qui ont bâti leur saison sur un départ parfait reviendront semaine après semaine.
Reste une question, brute, sans fioritures : ce City-là, lancé à toute allure mais déjà entamé physiquement, tiendra-t-il le rythme jusqu’au printemps, quand les titres se jouent vraiment ?



