Manchester City face à une crise : l'avertissement de Lineker
À peine plus d’une semaine après le verdict qui a secoué l’élite anglaise, l’onde de choc ne faiblit pas. Un panel indépendant a reconnu Manchester City coupable de l’ensemble des charges financières qui pesaient sur le club, au terme d’une audience de huit semaines conclue fin 2024.
Le timing glace.
Malgré des signaux très clairs, appris dès l’été selon plusieurs sources, le club d’Etihad a tout de même signé un mercato XXL, proche des 400 millions de livres dépensés lors de la dernière fenêtre. Un pari démesuré alors qu’un couperet réglementaire se préparait déjà en coulisses.
L’appel est lancé, le danger reste
City a immédiatement fait appel de la décision. Le dénouement final est attendu en janvier, dans une atmosphère de plus en plus lourde. En parallèle, une autre audience doit fixer la nature exacte des sanctions. Et là, le spectre est large : lourdes amendes, interdiction de recruter, voire ce scénario que personne n’osait vraiment imaginer il y a encore quelques années – une déduction de points si sévère qu’elle rendrait la relégation quasiment inévitable.
C’est dans ce contexte électrique que Gary Lineker a pris la parole, à Leaders Week London 2026, au Stamford Bridge. Sans détour. Sans filtre.
« Ça semble vraiment très mauvais pour Manchester City », a lâché l’ancien buteur de l’Angleterre. Une phrase sèche, qui résonne comme un verdict avant l’heure.
Pas de complot, juste un séisme
Lineker a balayé d’un revers de main les thèses complotistes qui circulent autour du club.
« Quand on parle des théories du complot autour de la Premier League, tu te dis que c’est en réalité la dernière chose au monde que la Premier League voudrait », a-t-il insisté.
Autrement dit : voir l’un de ses clubs phares, vitrine sportive et commerciale, plongé dans un tel scandale n’arrange personne. Ni la ligue. Ni les diffuseurs. Ni les sponsors. Personne.
Lineker, lui, va plus loin. Il appelle City à assumer. Totalement.
« J’aimerais voir City maintenant prendre ses responsabilités et dire : “OK, on s’est trompé, mais pour le bien du jeu, on accepte, on accepte la sanction qui tombera et on continue.” »
Dans un paysage où chaque décision se termine devant les tribunaux, l’idée paraît presque révolutionnaire. Assumer, encaisser, repartir. « Ce serait une bénédiction et ils pourraient sauver un peu la face », estime-t-il.
Pour l’instant, ce scénario relève de l’utopie. « À l’heure actuelle, ça ne semble pas très probable. Mais c’est dommageable. Je ne serais pas surpris si on allait jusqu’au retrait de titres. »
Le mot est lâché : titres. Le cœur de l’ère City sous Guardiola potentiellement remis en cause. Des saisons réécrites, des palmarès retouchés. Et une question brûlante : que vaut un trophée si le cadre n’a pas été respecté ?
Les innocents en première ligne
Derrière les chiffres, les règlements et les commissions, Lineker rappelle une réalité crue : ce sont rarement les dirigeants qui paient le prix le plus lourd.
« Au final, qui souffre de ça ? Les joueurs et les supporters », souligne-t-il.
Les tribunes pleines, les enfants en maillot, les joueurs qui n’ont jamais participé aux décisions financières du club, mais qui verront peut-être leurs titres effacés, leurs saisons frappées d’un astérisque.
« Ça va être l’un de ces types de sanctions, et elle devra, évidemment, être sévère, parce qu’on parle de beaucoup d’infractions », prévient Lineker. « Ça va être compliqué, et chacun aura sa propre idée de ce que ça devrait être. »
Une phrase qui dit tout de la tempête à venir. Entre ceux qui réclameront une punition exemplaire et ceux qui dénonceront un acharnement, le débat promet d’être aussi inflammable que le dossier lui-même.
Le souvenir d’un autre bannissement
Pour mesurer l’onde de choc sportive, Lineker puise dans sa propre histoire.
« Ce n’est pas quelque chose que j’ai vraiment connu souvent dans ma carrière », rappelle-t-il. « Je me souviens quand les clubs anglais ont été bannis d’Europe, et ça m’a coûté une participation à la Coupe d’Europe avec Everton. »
Une blessure toujours vive. Une carrière amputée d’un chapitre européen, non pas à cause d’un choix sportif, mais d’une sanction collective.
« Encore une fois, les joueurs vont souffrir de ça, et c’est comme ça », conclut-il, lucide.
Manchester City est aujourd’hui au centre d’un des plus grands dossiers disciplinaires de l’histoire du football anglais. Les chiffres sont sur la table, les charges sont établies, l’appel est en cours.
Reste une question, brutale : quand la sentence tombera, le club acceptera-t-il de regarder la réalité en face, ou choisira-t-il de s’accrocher à tout prix à un empire bâti sous la plus lourde des suspicions ?




