Manchester City et Brighton : tensions en Premier League
À la veille d’un choc Liverpool – Manchester City déjà chargé d’histoire, le club champion d’Angleterre se retrouve à nouveau au centre de la tempête. Pas sur la pelouse cette fois, mais dans les bureaux, dossiers sous le bras et conviction affichée.
City fait appel et dénonce un verdict « dangereux »
Manchester City a officiellement fait appel du verdict de la commission indépendante qui l’a reconnu coupable de 114 des 115 accusations portées par la Premier League pour manquements financiers et absence de coopération.
Dans un communiqué sec, presque clinique, le club dénonce des « erreurs matérielles claires, de droit, de principe et de fait » et qualifie la décision d’« peu sûre ». City ne recule pas d’un millimètre sur sa ligne de défense : innocence totale, erreurs de jugement en face, et surtout un dossier qu’il présente comme écrasant.
Le club affirme avoir déposé « un ensemble complet de preuves irréfutables » à l’appui de toutes ses positions, jeudi soir. Le mot est lourd, presque provocateur : « irréfutable ». La bataille juridique s’annonce aussi féroce que n’importe quel duel au sommet sur la pelouse d’Anfield.
Le règlement de la Premier League prévoit qu’une audience d’appel soit conclue dans un délai de 12 semaines après son ouverture, puis qu’une décision soit communiquée dans les 30 jours qui suivent. En se basant sur la date avancée par City pour le dépôt de l’appel – jeudi dernier – l’échéance théorique tombe autour du 24 décembre. Un calendrier explosif : un verdict potentiel au cœur du calendrier des fêtes, alors que la saison battra son plein.
En toile de fond, une liste d’infractions longue comme un livre de comptes mal tenu :
- 54 chefs d’accusation pour absence de communication d’informations financières exactes entre 2009-10 et 2017-18.
- 14 pour des déclarations inexactes concernant les paiements aux joueurs et aux entraîneurs sur la même période.
- 5 pour non-respect des règles de l’Uefa, dont le Fair-play financier, entre 2013-14 et 2017-18.
- 7 pour violation des règles de rentabilité et de durabilité de la Premier League entre 2015-16 et 2017-18.
- 35 pour non-coopération avec les enquêtes de la ligue entre décembre 2018 et février 2023.
Des estimations extérieures évoquent même un total pouvant grimper à environ 130 chefs, mais ces chiffres n’ont pas été confirmés par les instances compétentes.
Au milieu de ce tumulte, une phrase résume l’état d’esprit côté City : le club dit faire confiance aux personnes qui le dirigent, au point que certains au sein de l’institution affirment qu’ils ne se verraient nulle part ailleurs, même en cas de relégation. Une loyauté affichée, presque défiée, alors que plane encore la question des sanctions sportives.
Brighton : gérer le tumulte… en restant concentré sur le terrain
À plusieurs centaines de kilomètres de là, un autre entraîneur refuse de se laisser aspirer par la tourmente. Fabian Hurzeler, sur le banc de Brighton avant un déplacement à Sunderland samedi (15h00), ne veut pas voir son vestiaire pollué par le feuilleton City.
Interrogé sur le verdict et les sanctions en attente, le technicien tranche : ce dossier n’est pas le sien. Pour lui, tout ce bruit autour de Manchester City n’est qu’« une distraction » qui échappe totalement à son contrôle. Son terrain, c’est la préparation de Brighton, rien d’autre. Tant qu’aucune décision claire et définitive n’est tombée, il estime que le seul réflexe sain consiste à se concentrer sur son équipe. Les débats, les grandes théories sur l’équité sportive, ce sera pour plus tard.
Pendant que la ligue s’enfonce dans un bras de fer juridique, Hurzeler doit, lui, composer avec un autre type de casse-tête : la gestion des corps.
Dunk de retour, effectif sous surveillance
Bonne nouvelle pour Brighton : Lewis Dunk, capitaine et pilier défensif, est de retour. Jack Hinshelwood a lui aussi repris l’entraînement cette semaine. Hurzeler se montre toutefois prudent : le jeune milieu pourrait intégrer le groupe, mais l’idée est de gérer sa montée en puissance sans prendre de risques inutiles, avec une série de matches chargée qui arrive.
Les deux joueurs sont considérés comme disponibles. Une bouffée d’air pour un effectif qui a beaucoup tiré ces derniers mois.
Derrière eux, une file de joueurs se rapproche petit à petit du retour sans être encore prêts : Mats Wieffer, Yankuba Minteh et Kaoru Mitoma « se rapprochent » mais ne sont pas encore en état de jouer. Le staff espère les revoir bientôt dans le groupe, mais sans date précise.
Plus loin encore sur la route du retour, Stefanos Tzimas progresse, même si Hurzeler reconnaît qu’il est encore tôt pour envisager une reprise. Evan Ferguson se trouve dans une situation comparable : il faudra patienter plusieurs semaines avant d’espérer le revoir à 100 %.
Au milieu de ces incertitudes, une bonne nouvelle discrète : Yasin Ayari est opérationnel après avoir été malade en sélection. Le recrutement estival Femi Azeez, lui, a pu jouer un match amical pendant la trêve, mais quelques « petits soucis » physiques en font un cas à décider au dernier moment.
Hurzeler a au moins une certitude : la trêve internationale n’a pas laissé de nouveaux blessés derrière elle. Dans un calendrier où la moindre semaine sans pépin ressemble à un luxe, c’est déjà une victoire.
Pendant que Brighton recolle les morceaux et tente de garder les yeux rivés sur Sunderland, l’ombre de Manchester City, de ses 114 chefs d’accusation et de son appel explosif continue de planer sur la Premier League. Une question, désormais, traverse tout le championnat : jusqu’où cette affaire va-t-elle remodeler le paysage sportif des prochains mois ?




