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Luke Baartman, la nouvelle star des Kaizer Chiefs

Le nom circule partout, des tribunes du FNB Stadium aux réseaux sociaux des supporters d’Amakhosi : Luke Baartman. À 20 ans, l’attaquant est en train de s’imposer comme la nouvelle obsession des fans des Kaizer Chiefs après un début de saison 2026/27 de Premier Soccer League tonitruant.

Mercredi soir, sous les projecteurs du FNB Stadium, le jeune avant a encore frappé. Un but propre, clinique, dans une victoire maîtrisée 2-0 contre Sekhukhune United. Son premier de la saison, mais sûrement pas le dernier si l’on en juge par son état de forme. Surtout quand on se souvient de son exercice précédent, presque anonyme : seulement sept apparitions avec les Glamour Boys. Deux saisons, deux histoires radicalement différentes.

De numéro neuf classique à attaquant moderne

À son arrivée à Naturena, Baartman débarque avec l’étiquette de pur numéro neuf, un finisseur de surface à l’ancienne. Fernando Da Cruz a décidé de casser ce cadre. Le technicien français ne veut plus de spécialistes figés dans une zone, mais des joueurs capables de respirer le jeu sur tout le front de l’attaque.

« Le football moderne demande désormais des joueurs capables d’évoluer à plusieurs postes », explique Da Cruz, cité par FARPost.

Pour lui, Baartman doit devenir un attaquant complet, pas seulement un renard des surfaces. « Pour un jeune joueur comme Luke Baartman, il est important de lui donner différents outils pour pouvoir jouer à différents postes. »

Le message est clair : on élargit sa palette, on ne la réduit pas. Le coach insiste d’ailleurs sur la lecture du jeu, cette qualité qui distingue les bons des très bons. « Le plus important pour lui, c’est de lire le jeu, par exemple savoir quoi faire lorsqu’il reçoit le ballon dans différentes situations du match. »

L’Espagne comme révélateur

Lors de la tournée de pré-saison en Espagne, le staff technique des Chiefs a vu autre chose qu’un simple finisseur. Là-bas, face à des adversaires européens, Baartman a montré qu’il savait décrocher, combiner, attaquer les espaces, pas seulement conclure dans les six mètres.

Ce séjour a servi de laboratoire. Les entraîneurs ont observé un joueur capable de sortir de sa zone de confort, de participer au jeu, de peser dans plusieurs registres offensifs. De quoi convaincre définitivement Da Cruz de le déplacer de son rôle central traditionnel.

Mais ce qui séduit le plus le coach ne se résume pas aux dribbles, aux appels ou à la qualité de frappe.

Humilité, explosivité et écoute

Da Cruz voit en Baartman un mélange rare chez un jeune joueur : technique, explosivité… et humilité. « C’est un joueur avec de bonnes qualités techniques et aussi un joueur avec une bonne explosivité quand il joue », souligne-t-il.

L’entraîneur insiste surtout sur un point : l’écoute. « Il est jeune et, pour le moment, il écoute ce que les entraîneurs lui demandent, ce qui est très important pour moi. » Dans un contexte où beaucoup de talents précoces se laissent griser par la lumière, ce détail compte.

Da Cruz ne mâche pas ses mots sur le piège de la précocité : « Le plus important pour les jeunes joueurs, c’est d’écouter ce que l’entraîneur veut, parce que parfois les jeunes pensent qu’ils sont déjà expérimentés. Mais Luke est très concentré et sait ce que le coach attend de lui. »

C’est peut-être là que se joue la différence. Le talent est visible. La mentalité, elle, fait la durée.

Entre explosion et gestion

L’emballement autour de Baartman grandit. Les supporters rêvent, les attentes montent, les projecteurs se braquent. Mais à Naturena, le discours reste mesuré. Le staff médical comme l’équipe technique gardent un œil sur la jauge.

La saison des Kaizer Chiefs s’annonce lourde : Premier Soccer League, CAF Confederation Cup, Carling Knockout, Nedbank Cup. Un calendrier sans répit, des voyages, des matchs à enjeu tous les trois jours. Un terrain idéal pour faire éclore une pépite… ou la brûler trop vite.

Da Cruz le sait. « En tant qu’entraîneur expérimenté, je sais que je ne peux pas demander à Luke de performer à un niveau élevé pendant toute la saison », reconnaît-il. Le message est prudent, presque protecteur. « Parfois, il aura besoin de récupérer, donc nous devons le soutenir à différents moments de la saison. »

Les Chiefs tiennent un joyau de 20 ans, explosif, malléable, déjà décisif. Reste une question, la seule qui compte vraiment pour les mois à venir : jusqu’où oseront-ils le pousser sans le briser ?