Luka Doncic et Anthony Edwards dominent la première nuit de NBA
L’ère Luka Doncic à Los Angeles ne se murmure plus, elle se proclame. En lettres capitales, d’abord, dans une pleine page du Los Angeles Times : « Tonight we start our run for a championship. » Sur le parquet ensuite, face à des Warriors dépassés, où le Slovène a endossé sans trembler le costume de nouveau patron des Lakers.
Arrivé de Dallas en février 2025 pour devenir le visage de la franchise, libéré de l’ombre de James parti à Philadelphia en juillet, Doncic a ouvert la saison comme un leader incontesté. Le message était clair avant même l’entre-deux. Il l’a rendu implacable balle en main.
Face à Golden State, guidé par les 23 points de Stephen Curry, Doncic a imposé son tempo et son caractère. La scène symbole ? Des mots échangés avec le rookie Yaxel Lendeborg, un peu trop bavard, puis une bombe au buzzer du milieu de terrain pour conclure la première mi-temps. Silence dans la salle, explosion un quart de seconde plus tard. Le genre de séquence qui marque un territoire.
Les Lakers ont compté jusqu’à 35 points d’avance, signe d’une domination collective que Doncic a tenu à souligner : « C’est la façon dont tout le monde a joué. Je pense que dans le premier quart-temps notre défense n’était pas très bonne, mais ensuite on s’est vraiment concentrés et je pense que tout le monde s’est amusé. »
À ses côtés, un nouveau visage a transformé la peinture en piste d’atterrissage : Walker Kessler. Recruté en juillet en provenance d’Utah, le pivot a signé un début historique sous le maillot pourpre et or : 12 sur 12 au tir, dont 10 dunks. Une soirée parfaite, littéralement. « Ce qu’il a fait aujourd’hui est incroyable pour nous », a salué Doncic. Une association intérieur–extérieur déjà redoutable, et un premier avertissement envoyé à l’Ouest.
Edwards torpille le Heat d’Antetokounmpo
À Miami, le décor était planté pour la grande première de Giannis Antetokounmpo avec le Heat. Nouvelle ville, nouveaux espoirs, statut intact de double MVP et champion avec Milwaukee. Mais la scène lui a été volée par un homme en feu : Anthony Edwards.
L’arrière des Timberwolves a frappé fort, très fort : 45 points dans la victoire 131-106 de Minnesota en Floride. Il rejoint ainsi Wilt Chamberlain et Michael Jordan dans un club minuscule : celui des joueurs ayant signé plusieurs matches d’ouverture de saison à au moins 40 points. Ce n’est plus une promesse, c’est une signature.
Le plus impressionnant, c’est la fluidité avec laquelle il a partagé la scène avec LaMelo Ball, fraîchement arrivé de Charlotte. Edwards a ajouté 10 rebonds et 3 passes, convertissant 9 des 21 tirs primés de son équipe. Ball, lui, a planté 5 tirs à trois points pour 21 unités au total. Une connexion immédiate, assumée par Edwards : « À ce stade, lui et moi, on va être comme les meilleurs amis », a-t-il lancé avant d’échanger une longue étreinte souriante avec son nouveau meneur.
En face, Antetokounmpo n’a pas démérité. L’ancien visage des Bucks a livré une copie offensive digne de son pedigree : 35 points, 13 tirs réussis sur 19, 6 rebonds. Le problème, c’est tout le reste. Annoncé comme un candidat sérieux au sommet de la Conférence Est après la signature du Grec, le Heat a été pris de vitesse, débordé au large, incapable de contenir la pluie de tirs lointains de Minnesota. Une première alerte pour une équipe déjà attendue au microscope.
Washington retrouve une star, et un peu de fierté
À Washington, la soirée avait un parfum de renaissance. Neuf mois après son arrivée retentissante en provenance de Dallas, Anthony Davis disputait enfin son premier match officiel avec les Wizards, après avoir soigné des blessures à la main et à l’aine. Le résultat : une victoire 128-118 face aux Bucks et un public qui s’autorise, à nouveau, à rêver.
Davis a dominé des deux côtés du terrain : 34 points, 12 rebonds, du volume et de l’impact. Les chants « MVP ! » ont rapidement descendu des tribunes, portés par des supporters qui sortent d’une saison cauchemardesque à 17 victoires pour 65 défaites, la pire de la ligue, et qui ont déjà vu leur choix de draft AJ Dybantsa se blesser à la cheville en présaison. Cette fois, l’histoire commence autrement.
Trae Young a orchestré l’attaque avec maîtrise : 20 points, 13 passes, et un contrôle total du tempo pour offrir à Washington sa première victoire en match d’ouverture depuis 2022. Un détail statistique, mais un symbole pour une franchise qui cherche désespérément un nouveau cycle.
Retour en arrière à Toronto, émotion à Indiana
À Toronto, le temps s’est replié sur lui-même. Kawhi Leonard est de retour, et avec lui le souvenir de 2019, année du premier titre des Raptors. Revenu via un transfert en provenance des LA Clippers, retardé par une enquête de la ligue sur des violations des règles de contournement du salary cap – qui a coûté cher à la franchise californienne –, Leonard a retrouvé le Scotiabank Arena comme s’il ne l’avait jamais quitté.
Résultat : un naufrage total des Chicago Bulls, balayés 135-92. Toronto a mené de bout en bout, avec jusqu’à 48 points d’avance. Leonard, Scottie Barnes et Immanuel Quickley ont chacun inscrit 23 points, symbole d’un trio parfaitement aligné dès la première sortie. Une démonstration, et un message envoyé à l’Est : la nostalgie est une chose, l’ambition actuelle en est une autre.
À New Orleans, l’histoire était plus intime, presque fragile. Tyrese Haliburton disputait son premier match depuis la déchirure du tendon d’Achille droit lors du match 7 des Finales 2025. Un retour toujours chargé de doutes pour un meneur, encore plus quand il s’agit de reprendre le contrôle du jeu.
Il a choisi le quatrième quart-temps pour rappeler qui commande. 13 de ses 23 points dans les 12 dernières minutes, 12 passes au total, et surtout le panier de la victoire sur une pénétration à 1’23 de la fin. Les Pacers s’imposent 123-120 face aux Pelicans, mais au-delà du score, c’est l’émotion qui reste. Haliburton a craqué en interview d’après-match, larmes aux yeux : « Ça signifie beaucoup d’être de retour ici », a-t-il soufflé, en s’essuyant le visage. Une phrase simple, lourde de mois de rééducation et de doutes avalés.
Le long chemin de Kyrie Irving
À Houston, un autre meneur retrouvait le parquet après un très long tunnel. Kyrie Irving disputait son premier match depuis plus de 19 mois, après une rupture du ligament croisé antérieur. Le meneur de Dallas a signé 15 points dans la défaite 128-110 des Mavericks contre les Rockets.
Les chiffres ne racontent pas tout. Pour Irving, l’essentiel tenait dans le simple fait de revenir au jeu, de retrouver ses appuis, son rythme, ses repères. Houston, lui, n’a pas fait de sentiment, profitant encore une fois de la soirée pour s’affirmer comme une équipe ambitieuse de la nouvelle saison.
D’un bout à l’autre de la ligue, cette deuxième nuit a dessiné un thème clair : les visages ont changé, les maillots aussi, mais les ambitions sont intactes. Certains ont repris ce qu’ils considèrent comme leur place. D’autres viennent seulement frapper à la porte. Qui tiendra la distance jusqu’en juin ?




