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Lothar Matthäus : la mentalité collective au Bernabéu

Au Bernabéu, Lothar Matthäus ne croit pas aux états d’âme. Il croit aux soirs où tout bascule.

Interrogé par Sky Sports, l’Allemand a rappelé ce que beaucoup à Munich préfèrent oublier avant d’affronter le Real Madrid : à Madrid, ce ne sont pas les noms sur le maillot qui décident, mais la tête.

« À Madrid, ce n’est pas d’abord une question d’individualités, mais uniquement de mentalité collective », a-t-il insisté. Pour lui, le Bayern devra rester « calme et concentré », parce qu’au Santiago Bernabéu « une atmosphère très spéciale peut se créer – une atmosphère que beaucoup d’équipes ont déjà subie, surtout en Champions League ».

Un Real blessé, donc plus dangereux

Matthäus n’achète pas le discours d’un Real affaibli par ses résultats récents, qu’il s’agisse de la défaite contre Mallorca ou de sa situation en Liga. Au contraire. Un Real blessé, prévient-il, devient plus menaçant qu’un Real installé dans le confort.

Selon lui, ces contre-performances ne pèseront pas lourd dans la nuit européenne. La Champions League efface les classements, les dynamiques, les petites crises internes. « L’Europe fait ressortir le meilleur de Madrid et le pire de ses adversaires », a-t-il résumé, comme un avertissement adressé au vestiaire bavarois.

Le Bayern favori… mais prévenu

Malgré ce tableau très madrilène, le champion du monde 1990 voit tout de même le Bayern Munich en position de force pour se qualifier. Une nuance importante : favori, oui, mais jamais à l’abri.

Matthäus se dit impressionné par la structure mise en place par Vincent Kompany. « L’équipe de Vincent Kompany me paraît plus stable », a-t-il expliqué, soulignant que l’effectif munichois a montré qu’il n’était « pas composé de joueurs égoïstes ».

C’est là qu’il pointe la différence avec le Real Madrid, où, selon lui, « l’égoïsme refait surface encore et encore » et où « il manque souvent ce sentiment de cohésion collective ». Un jugement tranchant, presque provocateur à l’approche d’un rendez-vous aussi chargé d’histoire.

Le poids du Bernabéu sur les épaules bavaroises

L’histoire, justement, ne plaide pas pour le Bayern au Bernabéu. Les chiffres sont brutaux : sept défaites lors de leurs huit dernières visites sur la pelouse madrilène. Même la qualification arrachée aux tirs au but en 2012 n’a pas effacé une réalité plus large : la dernière victoire munichoise en Espagne remonte à la saison 2000–01.

Ce passé pèse. Il façonne les peurs, nourrit les doutes. Et c’est précisément là que Matthäus place le curseur : dans la tête.

Il met en garde contre toute forme d’excès de confiance liée à la mauvaise passe actuelle du Real. La Champions League, répète-t-il, « c’est tout autre chose ». Dans cette compétition, le Bernabéu se transforme, devient ce « lieu magique » qui teste les nerfs plus que les jambes, la lucidité plus que le talent.

Pour le Bayern, l’équation est claire : assumer son statut de favori sans oublier où il met les pieds.

Pour le Real, une fois encore, tout repose sur cette capacité unique à se réinventer quand l’hymne de la Champions League résonne.

La prochaine nuit au Bernabéu dira quelle mentalité pèse le plus.