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Liverpool sous pression : l'ombre d'Iraola sur Slot

À Liverpool, la qualification pour la prochaine Ligue des champions se rapproche. Mais sur les travées d’Anfield, une idée revient avec insistance : ce n’est pas grâce à Arne Slot, c’est presque malgré lui.

Un public qui gronde, un vestiaire qui s’interroge

Le tournant, ou du moins le symbole, est venu face à Chelsea. Quand Arne Slot décide de remplacer le jeune Rio Ngumoha, Anfield explose… mais pas pour applaudir. Des sifflets, clairs, nourris. Un message sans détour : une partie du public ne veut plus de son entraîneur.

La pression ne vient pas seulement des tribunes. Après la défaite 4-2 à Aston Villa, Mohamed Salah met publiquement en cause l’incapacité du coach à retrouver l’ADN offensif du club. Le style « heavy metal » n’est plus qu’un souvenir, et l’attaquant vedette le dit à voix haute.

Slot répond. Il défend son travail, tente de calmer le jeu avec Salah, assure qu’il se sait soutenu par les propriétaires, Fenway Sports Group (FSG). Mais autour de lui, les rumeurs enflent. Elles ne parlent plus de projet à long terme, mais de limogeage et de succession.

Richard Hughes avance ses pions pour Iraola

Au cœur de ce tumulte, un homme a déjà commencé à préparer le coup d’après : Richard Hughes. Le nouveau directeur sportif de Liverpool, qui avait auparavant fait venir Andoni Iraola à Bournemouth, a activé en coulisses la piste menant au technicien basque, selon plusieurs médias, dont l’Express et le média français Foot Mercato.

Le timing n’a rien d’anodin. Iraola a annoncé son départ de Bournemouth à la fin de la saison. Crystal Palace a déjà pris contact, flairant l’opportunité. Mais le club londonien se retrouve désormais face à un concurrent autrement plus séduisant : Liverpool et Hughes, qui connaît parfaitement le profil de l’Espagnol.

Foot Mercato décrit Iraola comme un « remplaçant de très grande qualité » pour Slot. À Liverpool, on apprécie autant son football que sa personnalité. À 43 ans, l’ancien défenseur est réputé discret, presque effacé médiatiquement, mais son jeu, lui, ne l’est pas : agressif, offensif, exigeant.

Son équipe peut dominer le ballon, presser très haut, attaquer vite vers l’avant, ou au contraire se replier dans un bloc compact. Un entraîneur caméléon, capable d’imposer une identité forte tout en s’adaptant au contexte. À Anfield, on y voit un alignement des planètes : Iraola sera libre au moment précis où la direction s’interroge sur l’avenir de Slot.

Une short-list déjà dressée, un favori qui se détache

Les inquiétudes de FSG ne datent pas d’hier. Selon les informations déjà sorties cette semaine, les propriétaires sont « très préoccupés » par le déclin de l’équipe sous Slot. Une short-list a été dressée : Andoni Iraola, Julian Nagelsmann, Sebastian Hoeness et Matthias Jaissle figurent parmi les options étudiées.

Pour l’instant, Iraola tient la corde. Il coche les cases : disponible, déjà validé par Hughes, porteur d’un football intense qui rappelle ce que Liverpool veut redevenir.

Un examen de fin de saison décisif

Fabrizio Romano a confirmé ce que tout le monde attendait : une revue complète de fin de saison aura lieu à Anfield. Richard Hughes en sera le chef d’orchestre.

« Je confirme absolument qu’il y aura une revue de fin de saison à Liverpool. Je peux confirmer que cela impliquera tout le monde au club », explique le journaliste. Rien ne sera laissé de côté : le poste d’entraîneur, bien sûr, mais aussi la gestion de l’effectif, les joueurs en fin de contrat, la stratégie du prochain mercato.

Dans ce tableau déjà complexe s’ajoute une autre intrigue : l’intérêt d’Al-Hilal, en Arabie saoudite, pour Hughes lui-même. D’après Romano, le directeur sportif veut se consacrer à Liverpool et mener le mercato estival, mais l’intérêt saoudien est réel pour l’avenir. Une pression supplémentaire autour d’un homme qui doit déjà trancher l’une des décisions les plus lourdes de conséquences du club.

Slot, entre survie et verdict

Pour Arne Slot, la donne est claire. Cette semaine, rien ne devrait bouger. Mais une fois le sort européen scellé ce week-end, le couperet de la revue de fin de saison tombera. L’entraîneur sera au centre des discussions.

Son avenir dépendra autant des résultats que de la perception globale : le jeu, la dynamique, la relation avec les cadres, la capacité à incarner Liverpool. Des anciens comme Steve Nicol ou Jermaine Pennant se sont déjà exprimés sur le sujet, alimentant le débat autour de ce que le club doit faire.

Le club est presque certain de retrouver la Ligue des champions. Mais la vraie question brûle déjà toutes les lèvres à Anfield : qui sera assis sur le banc quand retentira l’hymne la saison prochaine ?