RDC Sport

Liverpool évite la défaite à Newcastle mais expose ses failles

Liverpool a évité le pire, mais de justesse. Au bout d’un temps additionnel interminable à St James’ Park, le club de la Mersey a arraché un nul 2-2 face à Newcastle United et sauvé les débuts d’Andoni Iraola d’une défaite qui aurait laissé des traces. Le point est précieux. Le contenu, lui, inquiète déjà.

Sur Tyneside, tout s’est emballé très vite. Après seulement cinq minutes, Anthony Elanga profite d’un contre éclair pour ouvrir le score et punir une équipe de Liverpool coupée en deux. Cody Gakpo répond par une frappe lointaine superbe, mais l’embellie dure à peine deux minutes : Joe Willock redonne aussitôt l’avantage aux locaux, encore sur transition. Deux contre-attaques encaissées, et un sentiment de fragilité criant dès le premier week-end de Premier League.

Le scénario devient alors étouffant pour Liverpool. Les minutes filent, les occasions claires se font rares, et la première défaite de l’ère Iraola semble écrite. Jusqu’à cette action dans les profondeurs du temps additionnel : Victor Munoz, entré en jeu, obtient un penalty après un tacle maladroit de Lewis Hall. Dominik Szoboszlai s’avance, frappe fort, plein de rage, et arrache l’égalisation dans les derniers instants. Un coup de canon qui masque le score, pas les problèmes.

Car derrière ce nul arraché, les signaux d’alerte se multiplient. Et à une semaine de la fermeture du marché, Liverpool ne peut plus se permettre de temporiser. Quatre postes ressortent comme des urgences.

Côté droit, un poste à sécuriser

Jeremie Frimpong est à Liverpool depuis un an. Son apport offensif, ses courses et sa vitesse, personne ne le conteste. Mais à St James’ Park, ses limites sans ballon ont sauté aux yeux. En défense, il souffre, se fait prendre dans son dos, et ses centres, ce jour-là, ont souvent manqué de justesse.

Comme joker offensif sur le flanc droit ou latéral dans des matches à domicile face à des blocs bas, Frimpong reste une option utile. À l’extérieur, dans des contextes plus ouverts et plus agressifs, ce match a rappelé qu’il ne suffit pas. Surtout avec Conor Bradley absent pour plusieurs mois et Joe Gomez trop souvent indisponible. Si Liverpool veut retrouver une assise défensive crédible, ce poste doit être renforcé.

Le flanc gauche, promesse non tenue

L’arrivée d’Andoni Iraola devait relancer Milos Kerkez. Sur ce match, c’est tout l’inverse qui ressort : si cette prestation devient la norme, le poste de latéral gauche va rapidement tourner au casse-tête.

Kostas Tsimikas reste la doublure principale, mais le constat est clair : il n’a jamais réussi à s’imposer comme titulaire indiscutable et ne semble pas en mesure de pousser Kerkez à élever son niveau semaine après semaine. Vendre Tsimikas pour faire venir un latéral gauche plus expérimenté, plus serein, capable de challenger réellement Kerkez, donnerait de l’air au nouvel entraîneur. Certains, en voyant ces débuts, se demanderont si laisser partir Andy Robertson était vraiment une bonne idée.

Un milieu sans sentinelle, une invitation au chaos

Le cœur du problème se situe peut-être là. Aligné un double pivot Ryan Gravenberch – Dominik Szoboszlai revient à tendre la joue aux contres adverses. Aucun des deux n’a le réflexe naturel de fermer les espaces. L’image est frappante sur l’ouverture du score : ce sont eux qui se retrouvent les plus avancés sur le terrain au moment où Newcastle lance sa transition pour le 1-0.

Szoboszlai presse avec générosité, mais manque encore de discipline dans un rôle aussi exposé. Gravenberch, lui, peine dans son placement sans ballon et ne rassure pas dans la relance sous pression. Dans ces conditions, Liverpool s’expose à une avalanche de buts encaissés sur contre-attaque sur toute la saison.

Le besoin est limpide : un milieu capable de couvrir de grandes zones, de gratter des ballons, de casser les transitions adverses. Un profil de récupérateur que l’effectif actuel ne propose pas. Brentford détenait un joueur qui semblait taillé pour ce rôle, Ibrahim Sangare, mais la piste a filé. Monaco possède une autre option en Lamine Camara. Le temps, lui, commence à manquer.

L’aile droite, question ouverte

Rio Ngumoha incarne un énorme potentiel. Mais le forcer à jouer à contre-nature ne l’aide pas, et n’aide pas l’équipe. Aligné à droite, le jeune ailier n’a jamais trouvé le bon angle : aucune percée réussie, une seule touche de balle dans la surface adverse, un tir contré.

Son atout majeur, c’est sa capacité à rentrer depuis la gauche sur son pied droit pour attaquer son vis-à-vis de face. À droite, Liverpool a besoin d’un profil miroir : un gaucher capable de rentrer dans l’axe, de menacer sur son pied fort, de créer ou de finir. Yankuba Minteh coche ces cases et reste accessible avant la clôture du marché, même si sa blessure l’écarte jusqu’en octobre au minimum.

Liverpool a donc sauvé un point et évité une entame de saison catastrophique. Mais derrière le frisson du penalty de Szoboszlai, la réalité est brutale : sans renforts ciblés sur ces quatre postes, ce nul à Newcastle pourrait annoncer une saison passée à courir derrière ses propres faiblesses.