RDC Sport

Liverpool et Jarell Quansah : un retour prometteur

Anfield est en chantier. Pas dans les tribunes, mais dans le vestiaire. Andoni Iraola a hérité d’un Liverpool plein de promesses, mais fracturé, déséquilibré, encore loin du monstre collectif des grandes années récentes.

Le constat est brutal : le talent est là, la cohésion beaucoup moins. Richard Hughes a empilé des profils séduisants, Arne Slot avait commencé à remodeler l’effectif, et au bout du processus, le club se retrouve avec une équipe excitante… mais bancale. Un groupe en transition, obligé de réapprendre à gagner ensemble.

Iraola sait qu’il n’y a pas de raccourci. Pour retrouver les sommets, il faudra du temps, des choix forts et un recrutement chirurgical. Et dans ce chantier, une priorité s’impose déjà : reconstruire le socle anglais du vestiaire.

Un Liverpool à court de joueurs formés au club

Sous Hughes, la base « homegrown » a été littéralement vidée. Les portes de l’équipe première se sont fermées pour une génération entière ou presque. Arne Slot, lui, a très peu ouvert le robinet de l’académie. Certains jeunes n’ont même pas entrevu une vraie opportunité.

Résultat : des joueurs qui auraient pu être des solutions aujourd’hui – Tyler Morton, Curtis Jones, Caoimhin Kelleher et d’autres encore – ont choisi de partir chercher du temps de jeu ailleurs. Une fuite silencieuse, mais lourde de conséquences.

Le club s’est retrouvé en déficit massif de joueurs formés localement. Au point de devoir inscrire Isaac Mabaya en Premier League, alors qu’il sortait d’un prêt compliqué à Wigan, uniquement pour remplir les quotas. Un pansement sur une plaie profonde.

Dans l’Angleterre post-Brexit, ce genre de bricolage n’est plus tenable. Les clubs n’ont plus le luxe d’ignorer le règlement : les joueurs considérés comme « homegrown », et donc en grande majorité anglais, deviennent stratégiques. Pour Liverpool, ce n’est plus une option, c’est une obligation de marché.

Quansah, l’évidence qui s’impose

Dans ce contexte, un nom revient avec insistance : Jarell Quansah. Ancien produit de l’académie de Liverpool, le défenseur s’est imposé ces derniers jours comme une pièce importante dans les plans de Thomas Tuchel avec l’Angleterre.

Pendant cette trêve internationale, Quansah a enchaîné deux titularisations. Une fois à droite, une fois dans l’axe. Deux matches, deux clean sheets pour son pays. Et un apport offensif concret : une passe décisive face à la Croatie lorsqu’il évoluait au poste de latéral droit.

Ce double visage change tout. Quansah n’est pas seulement un défenseur central solide, il peut aussi tenir le couloir. Un profil hybride, rare, précieux. Exactement ce que recherche un club comme Liverpool, qui aime les joueurs capables de couvrir plusieurs zones du terrain sans perdre en fiabilité.

Dans les couloirs d’Anfield, l’équation est simple : ce profil-là correspond parfaitement au rôle qu’occupe aujourd’hui Joe Gomez. Un défenseur capable de glisser à droite, de verrouiller l’axe, de donner de la flexibilité au coach dans sa gestion de l’effectif. Quansah coche toutes les cases.

Une clause qui change tout

Liverpool ne part pas de zéro dans ce dossier. Le club a anticipé. Une clause de rachat a été intégrée lors de son départ, et elle deviendra active l’an prochain. C’est là que le timing devient intéressant.

Les performances de Quansah avec l’Angleterre ne font qu’accélérer la réflexion. Chaque bonne prestation en sélection renforce l’idée que le club doit agir vite, avant que le marché ne s’enflamme autour de lui. Le défenseur est en train de se construire une crédibilité internationale au moment même où Liverpool a besoin de reconstituer son noyau anglais.

À ce stade, une chose semble claire dans l’esprit des dirigeants : cette clause ne restera pas lettre morte. Tout indique que Liverpool la déclenchera lorsque le moment sera venu.

Pour Iraola, ce serait plus qu’un simple renfort. Ce serait un symbole. Le retour d’un enfant du club, désormais international, capable de stabiliser une défense en reconstruction et de redonner un peu de cette identité locale qui s’est effritée ces dernières années.

La transition de Liverpool ne se jouera pas en un mercato. Mais le retour annoncé de Jarell Quansah pourrait bien être l’un de ces gestes fondateurs qui redessinent un cycle. La question n’est plus vraiment « si ». C’est « à quel point il deviendra central dans le Liverpool de demain ».