Liverpool cible Andrea Cambiaso pour remplacer Andy Robertson
Liverpool prépare l’après-Andy Robertson. Et le nom qui revient avec insistance, des bureaux d’Anfield aux colonnes de la presse italienne, c’est celui d’Andrea Cambiaso.
Le départ de Robertson, en fin de contrat à l’issue de la saison, laisse un vide immense sur le côté gauche. Le club l’a qualifié de « légende » sur son site officiel début avril, un mot rarement utilisé à la légère sur les bords de la Mersey. Fenway Sports Group sait qu’il ne s’agit pas seulement de remplacer un latéral, mais un symbole, un moteur d’intensité et de caractère.
Pour l’instant, Milos Kerkez tient le poste. Solide, prometteur, mais encore loin de pouvoir régner seul sur le couloir. Kostas Tsimikas, lui, semble déjà appartenir au passé de Liverpool : prêté à AS Roma l’été dernier par Arne Slot, son avenir à long terme chez les Reds paraît très mince.
Dans ce contexte, l’intérêt pour Andrea Cambiaso prend tout son sens. Selon le journaliste italien Mirko Di Natale, Liverpool a officiellement pris des renseignements auprès de Juventus au sujet de l’international italien. Une simple prise de température, mais un signal clair : le profil du Turinois intrigue sérieusement à Anfield.
Di Natale, via un message publié sur X le 6 mai à 14h18, a dressé la liste des clubs à l’affût. Et elle en dit long sur la cote de Cambiaso : Barcelone, Milan, Inter, Napoli, Liverpool, Manchester City, Tottenham. Autrement dit, la crème de l’Europe qui se bouscule pour un latéral de 26 ans encore sous contrat avec Juventus jusqu’en 2029.
Un latéral rare, deux pieds, deux rôles
Si Cambiaso attire autant, ce n’est pas un hasard. À 26 ans, il s’impose comme l’un des latéraux les plus complets du continent. Capable de jouer arrière gauche, piston gauche, et à l’aise des deux pieds, il offre une palette idéale pour le football moderne, fait de permutations, de couloirs intérieurs et d’occupations d’espaces plus que de simples lignes de touche.
Cette saison, il affiche trois buts et quatre passes décisives en 44 matches toutes compétitions confondues avec Juventus. Des chiffres intéressants, mais qui ne racontent qu’une partie de l’histoire : sa capacité à s’intégrer dans plusieurs systèmes, à changer de registre en cours de match, séduit tout autant que ses statistiques brutes.
Ce n’est pas seulement l’Italie qui s’enflamme pour lui. Un regard suffit pour comprendre pourquoi des techniciens de haut niveau le placent déjà dans la catégorie supérieure.
L’empreinte de Genoa et l’ombre de Maldini
Avant Juventus, Andrea Cambiaso a explosé à Genoa. Là-bas, il a croisé Mauro Tassotti, légende de l’AC Milan et adjoint du club ligure lors de la saison 2021-2022. Et Tassotti n’est pas du genre à distribuer les compliments au hasard.
En décembre 2023, dans les colonnes de La Gazzetta dello Sport, l’ancien défenseur milanais expliquait avoir été immédiatement frappé par deux choses : la capacité de Cambiaso à jouer à gauche comme à droite, et surtout à frapper indifféremment des deux pieds. Au point de ne pas savoir s’il était droitier ou gaucher de formation.
Tassotti est même allé jusqu’à le rapprocher de Paolo Maldini sur ce plan-là. Le parallèle s’arrête évidemment à la puissance physique, au charisme et à la dimension défensive de l’icône milanaise, que Cambiaso n’atteint pas. Mais la comparaison, même nuancée, en dit long sur le potentiel ressenti par ceux qui l’ont vu grandir.
Pour Tassotti, son meilleur rôle se situe dans un couloir à cinq, en piston capable de redescendre comme cinquième défenseur dans un 3-5-2, ou en latéral classique dans une défense à quatre. Une polyvalence tactique qui colle parfaitement aux exigences d’un entraîneur comme Arne Slot, adepte de latéraux capables de se projeter, de rentrer à l’intérieur et de participer à la construction.
Un cerveau de milieu dans un corps de latéral
Un autre technicien, Igor Tudor, passé par Juventus et Tottenham, a lui aussi dressé un portrait flatteur de Cambiaso. L’entraîneur croate voit en lui bien plus qu’un simple latéral de débordement. Selon lui, l’Italien peut même évoluer comme mezzala, ce milieu intérieur qui lit le jeu, se projette et occupe les demi-espaces.
Tudor souligne un point clé : Cambiaso pense comme un milieu tout en partant du poste de latéral. Il se déplace à l’intérieur, sent les positions, s’adapte au contexte du match. Pour un club comme Liverpool, qui cherche à renouveler son animation offensive après l’ère Jürgen Klopp, ce type de profil hybride peut devenir une arme majeure.
Dans le football de très haut niveau, ce sont souvent ces détails qui font la différence : un latéral capable de se transformer en milieu supplémentaire, de créer une supériorité à l’intérieur, de varier les angles de passe. C’est exactement ce que Tudor met en avant en parlant de lui comme d’un joueur « de top niveau » qui doit encore gagner en régularité, mais qui possède le potentiel pour rejoindre les plus grands clubs du monde.
Liverpool, Real, City : la marche d’après
Aux yeux de Tudor, la marche suivante est claire : Andrea Cambiaso a le talent pour évoluer à Liverpool, au Real Madrid ou à Manchester City. Des clubs où l’exigence est permanente, où chaque dimanche devient un examen. À lui, insiste le Croate, de décider jusqu’où il veut aller, de se convaincre qu’il doit être « le meilleur chaque week-end » pour s’installer durablement à ce niveau.
C’est précisément ce type de mentalité que Liverpool cherche à identifier au moment de tourner une page majeure avec le départ de Robertson. Le club ne veut pas seulement recruter un nom, mais un joueur capable de supporter le poids d’un héritage, de s’inscrire dans un projet de long terme, et de répondre à la pression d’un poste scruté à chaque ballon touché.
La concurrence sera féroce. Barcelone, Milan, Inter, Napoli, Manchester City, Tottenham : la liste dressée par Mirko Di Natale ressemble davantage à un casting de Ligue des champions qu’à un marché tranquille. Juventus, qui possède Cambiaso jusqu’en 2029, se trouve en position de force.
Reste une question brûlante : dans la bataille pour le successeur de Robertson, Liverpool acceptera-t-il d’aller au bras de fer pour un latéral que certains voient déjà au sommet de l’Europe, ou laissera-t-il filer vers un rival celui qui pourrait incarner le couloir gauche d’Anfield pour la prochaine décennie ?




