RDC Sport

Lisandro Martinez réintégré chez Manchester United

Lisandro Martinez sera bien dans le groupe de Manchester United pour le déplacement à Leeds United dimanche. Trois jours après avoir publiquement attaqué la direction sportive du club, le défenseur argentin a présenté ses excuses en interne… et la page est officiellement tournée, du moins selon Michael Carrick.

Jeudi, Martinez a rencontré en face à face ceux qu’il avait pris pour cible : le directeur du football Jason Wilcox, le CEO Omar Berrada, ainsi que son entraîneur. Au cœur du malaise, ses propos virulents sur le manque d’investissement lors du mercato, lâchés après la défaite 2-0 contre Atletico Madrid mardi. Une sortie qui a mis le feu à un club déjà en plein doute sportif.

Carrick calme le jeu

Face aux médias, Carrick a choisi l’apaisement. Ton posé, message clair. Pour lui, l’affaire est réglée.

« Il a publié son communiqué et compris qu’il avait fait une erreur. Ça nous suffit pour avancer », a-t-il martelé, refusant de laisser l’épisode Martinez parasiter la préparation d’un déplacement déjà brûlant à Leeds.

Le coach insiste : le vestiaire tient bon. Malgré la série noire – cinq matchs sans victoire – et la pression qui monte autour de lui, il défend l’état d’esprit de son groupe, presque à contre-courant du bruit extérieur.

« En tant que groupe, on est passés à autre chose. Ce n’est vraiment pas un drame pour l’équipe. Les joueurs se sont très bien entraînés, ils sont de bonne humeur », assure-t-il. « On a compris la situation. Licha a compris qu’il avait fait une erreur. On sent quelque chose de positif au club. Les résultats ne suivent pas, mais l’esprit, la solidarité… On voit dans le groupe qu’on veut faire quelque chose de cette situation. On a avancé. Vraiment. Il y a une fraîcheur dans l’équipe. »

Rooney et Neville taclent, Carrick contre-attaque

À l’extérieur, pourtant, les critiques fusent. Wayne Rooney et Gary Neville n’ont pas mâché leurs mots sur la sortie de Martinez, pointant le risque de fracture dans le vestiaire. Des avis tranchés, très écoutés chez les supporters.

Carrick, lui, ne s’y plie pas. Il défend son groupe et renvoie les anciens dans les tribunes.

« Beaucoup de gens parlent, des pros, des ex-pros. Ça ne veut pas dire qu’ils savent ce qui se passe ici », lâche-t-il. « Les joueurs me croient totalement. Ce n’est pas parce que des gens parlent à l’extérieur que c’est la vérité. Je vous dis la vérité. Le groupe aujourd’hui était dans un état fantastique, mieux que je ne l’avais vu depuis un moment. C’est clair et net. Ça n’a pas affecté l’esprit, je vous le dis. On est dans un bon état. »

Sur la forme, Carrick a géré la crise avec le flegme qui le caractérisait déjà joueur. Sur le fond, une évidence demeure : United devra parler sur le terrain. À Leeds, le classement et la dynamique ne lui laissent plus de marge.

Derrière le mea culpa, un avenir en pointillés

Si l’incendie médiatique est contenu, l’avenir de Martinez, lui, reste flou. Très flou.

Son contrat arrive à échéance cet été, avec une option d’un an supplémentaire en faveur du club. Sur le papier, Manchester United pourrait prolonger l’histoire sans difficulté. Dans les faits, rien n’est assuré. Des doutes sérieux existent sur une extension, au moment où le club prépare une refonte de sa défense pour les prochains mercatos.

Les dirigeants étudient des pistes en défense centrale, mais aussi au poste de latéral gauche. Un signal fort. Martinez, lui, n’a jamais caché son envie de partir. L’été dernier déjà, il avait poussé pour rejoindre Atletico Madrid, le club qui vient justement de battre United en Ligue des champions cette semaine. Il souhaitait y retrouver son ami et coéquipier en sélection, Cristian Romero, parti de Spurs pour l’Espagne.

Aucune offre jugée satisfaisante n’était arrivée sur le bureau de Manchester United. Le transfert avait capoté, mais pas l’envie d’ailleurs du défenseur de 28 ans.

Le tempérament de Martinez, lui, ne surprend plus personne. En 2022, à l’Ajax, il avait déjà dynamité la hiérarchie en s’en prenant frontalement au directeur sportif Gerry Hamstra, qualifié de « nobody ». Deux clubs, même scénario : frustration sportive, désir de départ, explosion publique.

Wilcox, lui, ne vacille pas. Malgré les critiques de Martinez, aucune pression interne ne pèse sur le directeur du football, dont la position est jugée solide au club.

Un club au pied du mur

Pour l’instant, Carrick a éteint l’incendie à coups de réunions, d’excuses et de discours d’unité. Martinez est réintégré, le vestiaire présenté comme soudé, la direction confortée.

Mais tout se jouera désormais loin des salles de conférence, sur la pelouse de Leeds puis de Como. United traverse une période alarmante. Sans réaction immédiate, aucune déclaration, aussi assurée soit-elle, ne suffira à masquer les fissures.