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Lisandro Martínez critique la direction de Manchester United

À Madrid, Manchester United a perdu un match. Lisandro Martínez, lui, a ouvert un front. La défaite 2-0 sur la pelouse de l’Atlético en Ligue des champions mardi n’a été que le décor. Le vrai séisme est venu après, devant les caméras.

Déjà très critique sur Prime Video, où il avait pointé le manque d’activité estivale sur le marché des transferts, le défenseur argentin a choisi de remettre une couche, cette fois face à Peter Schmeichel sur CBS Sports. Sans filtre, sans détour, en visant clairement la hiérarchie du club et son directeur du football, Jason Wilcox.

« Nous essayons d’être positifs et honnêtes, a lancé Martínez. Nous devons changer, nous devons faire plus parce que je pense que nous sommes capables de faire mieux. Nous avons les joueurs. »

Puis le ton est monté. « On regarde la télévision, on voit les joueurs, le manager, et on pointe du doigt. C’est normal. Nous prenons nos responsabilités, mais en tant que club, j’attends plus. J’attends plus. Je ne vais pas fermer ma bouche. »

Le message est clair : pour le défenseur de 28 ans, le problème dépasse largement la pelouse.

Nous avons besoin de plus d’ambition

Martínez ne s’est pas contenté de dénoncer un simple retard au mercato. Il a attaqué le cœur de ce qu’il considère comme une culture insuffisamment exigeante à Manchester United.

« J’attends plus. Nous avons besoin de plus. Nous avons besoin de plus d’ambition, a-t-il insisté. Nous devons parler davantage de gagner la Ligue des champions, de gagner la Premier League, et pas seulement d’autres choses. »

Quand Peter Schmeichel lui rappelle que nous ne sommes qu’en octobre, le défenseur coupe presque court : « Oui, mais chaque saison, on parle de la même chose. » Rien, dans son discours, ne cherche à arrondir les angles. « Si nous ne disons pas la vérité, rien ne changera », lâche-t-il encore, comme un avertissement lancé au board dirigé par Ineos.

Ces prises de position, répétées sur deux plateaux télé différents dans la même soirée, vont peser lourd dans les jours à venir. Elles s’inviteront forcément dans le récit du déplacement de dimanche à Leeds, déjà explosif par nature, alors que la pression ne cesse de grimper sur Michael Carrick.

Un début de saison indigne, un vestiaire en doute

Le contexte sportif donne du poids à ce coup de gueule. United se rendra à Leeds avec son plus faible total de points après six journées de championnat depuis 1986. Une statistique qui parle d’elle-même. La soirée madrilène n’a fait que renforcer le malaise.

À l’Atlético, Manchester United a encaissé un but évitable de Pablo Barrios dès la première minute. Une entame catastrophique, encore. Réduits à dix après l’expulsion de Leny Yoro, les hommes de Carrick ont fini par céder une deuxième fois, sur une réalisation du remplaçant Ademola Lookman. 2-0, et une impression de déjà-vu.

Martínez ne s’est pas réfugié derrière les circonstances. Il a ciblé ce qu’il voit chaque jour au sein du groupe. « La croyance, l’énergie, sont des problèmes, a-t-il reconnu. Nous ne jouons pas bien en équipe. On voit la déconnexion. »

Le constat est brutal : « Parfois, nous n’arrivons pas à enchaîner trois ou quatre passes. Et le langage corporel… Nous ratons des occasions et nous devenons négatifs. »

Face à une équipe de ce calibre, en Ligue des champions, la sanction est immédiate. « Tu ne peux pas manquer ces opportunités et tu ne peux pas encaisser un but comme celui du premier minute », soupire-t-il.

Un effectif trop court pour ses ambitions

Interrogé sur l’origine de cette « déconnexion » – confiance, condition physique, manque d’automatismes –, le défenseur n’a pas cherché à protéger la profondeur de l’effectif.

« Oui, c’est sûr, la confiance. Et aussi la rotation dans l’équipe, a-t-il répondu. Nous avons beaucoup, beaucoup de matchs et tu dois faire tourner. Pour moi, nous n’avons pas le meilleur effectif en ce moment comparé aux autres top équipes. »

Une phrase lourde de sens, qui renvoie directement à la politique sportive d’Ineos et à Jason Wilcox. Martínez ne dit pas que United n’a pas de bons joueurs. Il dit que l’ensemble ne rivalise pas, en quantité et en qualité, avec les cadors européens. Pour un club qui se veut au sommet, l’accusation est frontale.

Ce n’est pas seulement un joueur frustré par une défaite qui parle. C’est un cadre du vestiaire, champion du monde, qui réclame un club à la hauteur de ses ambitions. Et qui choisit de le faire publiquement, quitte à bousculer tout l’édifice.

Dimanche, à Leeds, Manchester United jouera gros sur le terrain. En coulisses, une autre partie se joue déjà : celle de savoir si la voix de Lisandro Martínez sera entendue… ou simplement tolérée.