RDC Sport

Leeds United s'impose grâce à un coup franc décisif d'Anton Stach

Oliver Glasner a découvert la Premier League de la manière la plus cruelle. À deux minutes de la fin, alors que Nottingham Forest tenait un nul solide face à Leeds United, Anton Stach a fait exploser le City Ground d’un silence glacial.

Un coup franc, une patte droite, et la soirée basculait.

Un cinquième entraîneur, un même sentiment de fragilité

Arrivé le mois dernier pour remplacer Vitor Pereira, limogé malgré un maintien arraché loin de la zone rouge, Glasner est déjà le cinquième entraîneur de Forest en moins d’un an. Le décor était planté : nouvelle ère, nouvelles idées, même pression.

Sur le terrain, son équipe a répondu avec sérieux. Match fermé, tendu, où les occasions ont surtout jailli sur coups de pied arrêtés. Rien de flamboyant, mais une vraie bataille tactique.

À l’approche de la demi-heure, Leeds a cru tenir le premier tournant. Harry Wilson, pour sa grande première, a surgi dans la surface pour reprendre du plat du pied un centre tendu de Jayden Bogle. Finition clinique, célébration amorcée… puis drapeau levé. Hors-jeu. Le souffle des visiteurs coupé net.

Forest touche du bois, Leeds s’en sort

Ce faux départ a réveillé Forest. Poussé par son public, le club de l’East Midlands a fini la première période en montant clairement en régime. Sur un ballon mal dégagé dans la surface de Leeds, le défenseur central Jair Cunha a placé une tête qui a heurté le poteau. Un frisson a traversé le stade. Leeds pliait.

Au retour des vestiaires, même scénario. Igor Jesus a pris le dessus dans les airs sur un centre d’Ola Aina, mais sa tête a filé à côté. Forest gagnait ses duels, Leeds subissait, sans pour autant rompre.

Il a fallu attendre la 70e minute pour voir les hommes de Daniel Farke vraiment tester Matz Sels. Tarik Muharemovic a alors décoché une tête puissante, obligeant le gardien belge à une intervention sérieuse. Un avertissement. Rien de plus.

Le match semblait filer vers un 0-0 logique, presque écrit.

Stach, la patte décisive

Puis Stach a décidé de réécrire le scénario.

À la 88e minute, le milieu allemand a obtenu un coup franc après une faute de Nikola Milenkovic, légèrement excentré mais suffisamment proche pour sentir le danger. Le City Ground retenait son souffle, Sels ajustait son mur.

Stach, lui, n’a pas tremblé. Spécialiste des coups de pied arrêtés, il a enroulé son ballon au-dessus du mur, juste assez fort, juste assez précis pour le déposer hors de portée de la main de Sels, battu sur son premier poteau.

Un geste pur, un silence lourd côté Forest, une explosion de joie côté Leeds.

Les chiffres confirment l’impression laissée par ce moment : depuis le début de la saison dernière, Stach a inscrit cinq buts depuis l’extérieur de la surface, plus que n’importe quel autre joueur du championnat. Sur coups francs directs, personne ne fait mieux que ses quatre réalisations sur la période. Une arme, une vraie.

Leeds récompense son mercato ambitieux

Ce succès lance idéalement la saison de Leeds, qui sort d’un exercice terminé huit points au-dessus de la zone de relégation. Daniel Farke avait réclamé plus de moyens pour viser plus haut. Il a été entendu.

Environ 80 millions de livres ont été investis pour attirer le gardien Trafford, l’ailier Wilson et le défenseur bosnien Tarik Muharemovic. Les trois étaient titulaires au City Ground.

Trafford, pour ses débuts, a rapidement justifié le record dépensé pour un gardien britannique. Après seulement 17 minutes, il a sorti une superbe parade plongeante pour repousser une tentative d’Igor Jesus. Une intervention fondatrice pour sa soirée.

Wilson, auteur de 10 buts et 7 passes décisives avec Fulham la saison dernière, a montré par séquences pourquoi Leeds a misé sur lui. Remuant, disponible, il aurait pourtant pu mieux faire sur l’action de son but refusé, avec Dominic Calvert-Lewin démarqué et en position licite derrière lui.

Muharemovic, lui, a signé une prestation solide, ponctuée de cette tête dangereuse qui a réveillé Leeds offensivement. Une première rassurante.

Un nul gâché, un message envoyé

Pour Forest, cette défaite tardive laisse un goût amer. Glasner avait presque réussi son entrée : une équipe compacte, disciplinée, rarement mise en danger dans le jeu. Mais un détail, un seul, a suffi à tout faire s’écrouler.

Les deux équipes se retrouveront déjà au City Ground, mardi 25 août à 20h00 (BST), pour le deuxième tour de la Carabao Cup. Même stade, mêmes acteurs, autre enjeu.

Leeds, porté par ce départ victorieux et par la précision chirurgicale de Stach, peut déjà se demander jusqu’où ce groupe peut aller cette saison. Forest, lui, sait désormais à quelle hauteur se situe le curseur. La prochaine fois, pourra-t-il empêcher ce genre de coup de poignard dans les dernières minutes ?