LeBron relance sa carrière à 41 ans avec les Sixers
À 41 ans, dans une nouvelle ville, avec un nouveau maillot et une autre salle à apprivoiser, LeBron James a relancé son histoire là où beaucoup l’auraient déjà écrite au passé. Quatrième franchise, 24e saison, et une première victoire : le vétéran a signé 14 points et 7 passes pour ses débuts avec les Philadelphia 76ers, vainqueurs 106-100 sur le parquet des champions en titre, les New York Knicks, lors de la soirée d’ouverture.
Le décor était planté. Madison Square Garden en habits de gala, une bannière de titre fraîchement levée vers les hauteurs, Ben Stiller et Spike Lee en tribunes, la fierté new-yorkaise encore gonflée par la fin d’une disette de 53 ans, conclue la saison dernière face aux San Antonio Spurs. Mais une fois les célébrations terminées, la réalité du nouveau championnat a frappé : ce soir, la fête était pour Philadelphie.
Maxey en chef d’orchestre, LeBron en métronome
Si tous les regards suivaient les premiers pas de LeBron avec les Sixers, c’est Tyrese Maxey qui a pris le match à bras-le-corps. 28 points, une agressivité constante, et la sensation très claire qu’il reste le moteur offensif de cette équipe, même en partageant le parquet avec une légende vivante.
Autre nouveauté majeure : Jaylen Brown. Arraché aux Boston Celtics dans un échange retentissant impliquant Paul George, l’ailier n’a pas tardé à justifier le tumulte de l’intersaison. 19 points, 8 rebonds, 6 passes, une activité totale des deux côtés du terrain. Brown n’a pas joué comme un invité, mais comme un titulaire de longue date dans le système.
LeBron, lui, a choisi la maîtrise. 14 points, 7 passes, du liant, de la lecture, et déjà une influence claire sur le tempo. Pas besoin de forcer. Il a pris ce que la défense lui donnait, distribué, orienté, guidé. Il l’a reconnu lui-même au micro de NBC : il peut faire mieux, il cherche encore son rythme après un peu plus de deux semaines seulement avec ce nouveau groupe. Mais pour un début, la copie est solide, surtout défensivement, où les Sixers ont haussé le ton après la pause.
Le tournant ? Le troisième quart-temps. Philadelphie a pris l’avantage, puis s’est accroché, possession après possession, jusqu’au bout. New York a tenté de revenir, sans jamais renverser le cours de la rencontre.
Les Knicks fêtent, les Sixers gagnent
Côté Knicks, Jalen Brunson a fait ce qu’il sait faire : 21 points, du caractère, des paniers difficiles pour garder les siens à flot. Karl-Anthony Towns a ajouté 19 points et 12 rebonds, imposant sa taille et son toucher près du cercle.
Mais l’énergie semblait légèrement émoussée après les célébrations d’avant-match. Bannière levée, souvenirs de la finale gagnée contre les Spurs, ovation du Garden… Tout respirait la nostalgie du titre décroché. Le championnat, lui, ne regarde pas en arrière. Les Sixers ont profité du moindre flottement pour installer leur rythme et ne plus le lâcher.
La défense de Philadelphie a grippé la mécanique new-yorkaise dans le money time. Les champions en titre entament donc leur saison par une défaite, rappel brutal qu’aucun trophée soulevé en juin ne garantit la moindre victoire en octobre.
Detroit renverse Boston, George flambe pour ses débuts
La soirée d’ouverture de la 81e saison n’a pas offert qu’un seul récit. À Detroit, les Pistons ont signé une remontée spectaculaire pour s’imposer 121-113 face aux Boston Celtics, dans un duel entre les deux meilleures équipes de la saison régulière précédente.
Menés, les Pistons ont changé de visage après la mi-temps. Cade Cunningham et Jalen Duren ont chacun inscrit 22 points, imposant une intensité que Boston n’a jamais vraiment su contenir dans le dernier acte. Puis est venu le coup de massue : Duncan Robinson, incandescent, a marqué 15 de ses 21 points dans le quatrième quart-temps, au cœur d’un incroyable run de 23-0. Une séquence qui a littéralement étouffé les Celtics.
Ironie cruelle pour Boston : Paul George, arrivé cet été et très attendu, a parfaitement réussi sa première sous ses nouvelles couleurs. 38 points, une démonstration offensive. Mais sans relais défensif dans les moments-clés, sa performance reste une note individuelle dans une partition collective inachevée.
Gilgeous-Alexander reprend la main, Wembanyama se heurte au mur
Dernier chapitre de cette nuit d’ouverture : la revanche des Oklahoma City Thunder face aux San Antonio Spurs. Éliminés par San Antonio en finale de conférence Ouest la saison passée, les Thunder ont répondu avec autorité en s’imposant 116-104.
Shai Gilgeous-Alexander, double MVP en titre, a remis le costume sans la moindre hésitation : 32 points, toujours la même aisance, la même capacité à choisir ses spots et à punir la moindre erreur. Pour lui, ce match avait une saveur particulière. Il l’a reconnu : cette équipe l’avait empêché d’atteindre son objectif. La victoire du soir ne vaut pas une série de playoffs, mais elle marque le territoire dès le mois d’octobre.
En face, Stephon Castle a mené la marque pour les Spurs avec 24 points. Volontaire, agressif, il a tenté de maintenir San Antonio au contact. Mais la fluidité qui avait porté les Texans lors de leur campagne de playoffs face à ces mêmes Thunder n’était pas au rendez-vous.
Victor Wembanyama, lui, a vécu une soirée paradoxale. Une seule réussite en 13 tirs, adresse en berne, mais un impact défensif déjà massif : 13 rebonds, 6 contres, 12 points grâce à 10 lancers francs convertis. Le tir l’a abandonné, la présence non. Il reste un aimant à fautes et un rempart dans la raquette. Le genre de performance qui rappelle qu’un mauvais pourcentage ne résume pas un match.
La saison vient à peine de démarrer, mais le ton est donné. Les champions sont prenable, les nouvelles stars veulent s’imposer, les vétérans refusent de s’effacer. Et à 41 ans, LeBron James n’a visiblement aucune intention de quitter la scène sans un dernier acte marquant.



