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LeBron James brille avec les Sixers contre les Knicks

Le décor était parfait pour les Knicks. Bannière de champion hissée au plafond du Madison Square Garden, bagues remises, discours de Jalen Brunson promettant au public de “revivre cette joie”. Puis les lumières se sont éteintes. Et LeBron James, sous un autre maillot, a ruiné la fête.

Pour son tout premier match avec les Philadelphia 76ers, à 41 ans et au départ de sa 24e saison en NBA, le meilleur marqueur de l’histoire a signé une entrée solide : 14 points, neuf rebonds, six passes, et surtout une victoire 106-100 sur le parquet du champion en titre, les New York Knicks. Un succès qui, sur une saison de 82 rencontres, compte déjà un peu plus que les autres.

Maxey et Brown frappent fort, New York déraille

Le patron offensif de la soirée n’était pourtant pas LeBron. Tyrese Maxey a pris le match à bras-le-corps avec 28 points, tandis que Jaylen Brown, autre recrue majeure de l’été, a livré un premier match de Sixer très complet : 19 points, huit rebonds, six passes. Deux nouveaux visages, une nouvelle hiérarchie, mais un message clair : Philadelphie ne vient plus pour faire de la figuration.

En face, New York a tiré à côté. Littéralement. 37 % de réussite globale, 33,3 % à trois points, et un Jalen Brunson à 6 sur 19 au tir malgré ses 21 points. Karl-Anthony Towns, lui, a tenté de tenir la baraque avec 19 points et 12 rebonds, mais sans relais suffisant autour de lui.

Les Knicks, qui avaient balayé ces mêmes Sixers au deuxième tour des derniers play-offs, au cœur d’une série de 13 victoires consécutives et d’un parcours historique, ont cette fois buté sur une équipe métamorphosée. Philadelphie a changé de dimension en quelques mois : trade pour Jaylen Brown, signature de LeBron James après son départ des Los Angeles Lakers. Sur le papier, un candidat au titre. Sur le parquet du Garden, un groupe encore en rodage, mais déjà terriblement dangereux.

Le tournant : un 11-0 et un buzzer assassin

Le début de match n’avait rien de brillant. Fautes à répétition, tirs manqués, rythme cassé. La cérémonie d’avant-match s’est vite transformée en soirée grise. Les Knicks ont bien trouvé une première accélération pour prendre dix points d’avance, mais l’écart a fondu avant la pause : 58-54 pour New York à la mi-temps, rien n’était fait.

C’est au retour des vestiaires que Philadelphie a commencé à imposer sa loi. La fin du troisième quart-temps a basculé dans un autre registre : défense resserrée, agressivité sur les lignes de passe, transition mieux exploitée. Les Sixers ont claqué un 11-0 pour clôturer la période, avec deux flèches consécutives de Jaylen Brown derrière l’arc. La deuxième, au buzzer, a fait mal : 83-76 pour Philadelphie, silence pesant dans la salle.

Maxey a enfoncé le clou en début de quatrième quart-temps avec un panier plus la faute pour porter l’écart à +9 (87-78). Les Knicks ont bien tenté de revenir. Un trois points de Karl-Anthony Towns a ramené New York à 96-95, le Garden s’est réveillé d’un coup. Mais la réponse a été immédiate : Joel Embiid, discret au scoring mais précieux partout, a planté un tir primé en réponse directe. L’élan new-yorkais s’est brisé là.

Embiid boucle la soirée avec un double-double (13 points, 11 rebonds, six passes), loin de ses cartons habituels, mais parfaitement dans le ton d’un match où les Sixers ont surtout imposé leur maturité dans les moments chauds.

LeBron, toujours là où ça compte

Les chiffres de LeBron ne racontent pas tout. Ce n’était pas une explosion offensive, c’était une prise de contrôle progressive. Du rebond, de la création, du tempo. Surtout, une présence rassurante dans le money time, quand chaque possession pèse lourd.

Après la rencontre, James a laissé transparaître un mélange de lucidité et de gratitude. Il a parlé de rythme encore à trouver, de seulement deux semaines de travail avec ce nouveau groupe, mais aussi de la satisfaction de voir son équipe déjà solide défensivement malgré une adresse extérieure perfectible. Pour lui, tout tourne autour de la même idée : gagner, encore, toujours.

Il l’a rappelé : il connaît désormais “tous les scénarios” que ce jeu peut proposer. À 41 ans, il se dit “béni” de pouvoir encore évoluer à ce niveau, et d’écrire un nouveau chapitre dans une salle aussi mythique que le Madison Square Garden. Ce n’était pas un soir de nostalgie. C’était un soir de confirmation : il reste un facteur décisif dans la course au titre.

Thunder–Spurs : la revanche de Gilgeous-Alexander, Wembanyama en galère

À l’Ouest, une autre affiche sentait la poudre. Oklahoma City retrouvait San Antonio, la franchise qui avait brisé son rêve de doublé en play-offs lors d’un match 7 brûlant fin mai. Cinq mois ont passé, la tension, elle, n’a pas bougé.

Shai Gilgeous-Alexander a pris les commandes de la revanche : 32 points et une victoire nette 116-104 pour le Thunder. À ses côtés, Jared McCain a dynamité la défense texane avec 20 points et un remarquable 6 sur 8 à trois points. Oklahoma City a mené presque tout le match, ne lâchant les commandes que durant les cinq premières minutes.

Pour Victor Wembanyama, la soirée a été longue. Seulement 12 points, mais surtout un terrible 1 sur 13 au tir. Sa seule réussite est venue sur un alley-oop servi par De’Aaron Fox à la fin du troisième quart-temps. Avant cela, 12 tirs manqués, dont un alley-oop contré par le rookie de 2,21 m Aday Mara. Une des plus mauvaises soirées d’adresse de sa jeune carrière.

Une rivalité qui s’enflamme

La rencontre a basculé dans la nervosité dès le deuxième quart-temps. Trois minutes après le début de la période, De’Aaron Fox a écopé d’une faute flagrante de niveau 1 pour avoir envoyé Chet Holmgren au sol après un accrochage dans la raquette. La scène a déclenché une échauffourée générale.

Victor Wembanyama et Jaylin Williams ont dû être séparés après s’être bousculés, et les arbitres ont distribué les sanctions : faute technique pour Wembanyama, Jaylin Williams, Jalen Williams et Kenrich Williams. Un avertissement clair pour les deux camps : la ligne rouge n’est pas loin.

Le Thunder a parfaitement profité de ce moment de tension. Juste après la bagarre, Oklahoma City a signé un 9-0, alimenté notamment par Jalen et Kenrich Williams. Un trois points de Harrison Barnes a interrompu la série, mais la vague bleue est aussitôt repartie : 13 points de suite, conclu par un tir primé de Cason Wallace pour porter l’écart à +26 (59-33). À la pause, le Thunder menait 65-44, porté par un deuxième quart-temps remporté 31-16.

Les Spurs ont tenté de sauver l’honneur au retour des vestiaires, avec un 23-9 pour revenir sous la barre des dix points après avoir compté 26 unités de retard. L’écart s’est resserré, l’ambiance est montée, mais Gilgeous-Alexander et McCain ont remis un coup d’accélérateur. Les deux hommes ont combiné 25 points sur la seule seconde mi-temps, étouffant tout espoir de remontée texane.

Une ouverture de saison qui annonce la couleur

À New York comme à Oklahoma City, les affiches de la nuit avaient un parfum de printemps. Des retrouvailles, des comptes à régler, des statuts à assumer. Les champions en titre ont chuté à domicile, le MVP a pris sa revanche, un prodige français a souffert, un vétéran de 41 ans a rappelé qu’il n’était pas encore prêt à céder sa place.

Ce n’est que la première page du calendrier. Mais si ces premières batailles disent vrai, la saison qui s’ouvre promet d’être sans pitié. Qui osera encore parier que LeBron James et ces nouveaux Sixers ne joueront pas un rôle central dans ce chaos annoncé ?