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Lamine Yamal brille à Istanbul avec deux passes décisives

Le tableau d’affichage raconte une histoire nette : victoire 4-1 de Barcelona sur la pelouse brûlante de Galatasaray, deuxième journée de la phase de ligue de la Ligue des champions. Mais ce n’est pas le score que tout le monde a ramené dans ses valises. C’est le numéro 27. C’est Lamine Yamal.

Il n’a pas marqué. Il n’en avait pas besoin.

En trois minutes, au tout début de la seconde période, le prodige de 17 ans a plié le match à sa manière : deux passes décisives, deux éclairs qui ont retourné l’ambiance du stade. Dans un des environnements les plus hostiles d’Europe, le gamin n’a pas tremblé. Il a joué comme s’il était dans la rue, ballon collé au pied, regard toujours une seconde en avance.

Henry, conquis en direct

Devant sa télévision, un certain Thierry Henry a vu la même chose que tout le monde… mais avec l’œil du tueur de surfaces et du technicien maniaque du détail. Invité à s’exprimer sur CBS, la légende française a pris le temps de féliciter le jeune Espagnol, des mots simples mais lourds de sens : ce que fait Yamal, à son âge, le laisse presque sans voix.

Henry ne s’est pas arrêté à l’esthétique. Il a disséqué l’action, ce fameux geste qui a enflammé la soirée : une sorte de rabona pour se créer de l’espace, éliminer le défenseur de Galatasaray et lancer l’action du troisième but, conclu par Anthony Gordon. Pas seulement un dribble de compilations vidéo. Une décision froide, prise à pleine vitesse, dans un match tendu.

Intrigué, Henry lui a demandé comment il avait imaginé ce mouvement-là, précisément à cet instant. Pourquoi ce risque-là, dans ce contexte-là.

« Ils se jettent au sol, alors je change »

Yamal a livré la clé. Et derrière le génie, il y a une observation très simple, très clinique, presque cruelle pour les défenseurs.

« J’ai remarqué récemment que les défenseurs ont tendance à se jeter au sol dès que j’arrive près de la ligne de but, a-t-il expliqué. Ça m’a donné l’idée d’utiliser un autre geste pour contourner cette manière de défendre. »

Tout est là. Il voit, il analyse, il s’adapte. La situation lui semble idéale, il tente. Et ça fonctionne. Pas de romantisme inutile dans son discours : il parle d’efficacité, de solution, de réponse à un problème posé par l’adversaire. Le dribble n’est pas un caprice, c’est un outil.

Il le dit sans détour : il cherche en permanence la feinte, le crochet, le dribble qui va ouvrir un espace, faire tomber un défenseur dans le vide, créer la brèche pour un coéquipier. À Istanbul, ce fut pour Gordon. La passe décisive compte plus que le nom du geste.

Plus tard, en zone mixte, relancé sur cette action, il a résumé avec un sourire : difficile à nommer, « quelque chose comme un dribble en rabona ». L’essentiel, pour lui, reste invariable : le ballon arrive au bon endroit, au bon moment. Le reste appartient aux ralentis.

Un prodige lucide dans l’enfer de Galatasaray

Le contexte, lui, n’avait rien d’anodin. Yamal l’a rappelé : le groupe savait très bien où il mettait les pieds. Une des pelouses les plus bouillantes du continent, un public qui hurle, un pressing qui ne laisse normalement aucun répit. Dans le vestiaire, les joueurs de Barcelona en parlaient encore avant d’entrer sur la pelouse.

Sur ce type de terrain, beaucoup réduisent leur jeu, sécurisent chaque ballon, refusent le risque. Yamal, lui, a choisi l’inverse. Il a gardé ses dribbles, ses prises d’initiative, sa manière de provoquer sans cesse. Et il en est sorti avec le geste de la soirée et une victoire nette face à une équipe qu’il a lui-même qualifiée de « top niveau ».

« Nous sommes Barcelona »

Interrogé sur les ambitions du club, le jeune ailier n’a pas reculé. Triplé ou rien. Liga, Copa del Rey, Ligue des champions : l’objectif est posé, sans détour. « Bien sûr, c’est ce qu’on vise toujours. Nous sommes Barcelona, et pour moi nous sommes la meilleure équipe du monde. »

La phrase claque autant que ses crochets. Elle dit beaucoup du vestiaire, mais surtout de lui : aucune crainte de porter publiquement les exigences d’un club qui ne vit que pour les titres majeurs. Il ne se cache pas derrière son âge. Il assume l’écusson.

Un clin d’œil, et Paris en ligne de mire

La soirée a aussi offert un moment plus léger. Micah Richards, ancien de Manchester City, a demandé à la présentatrice du plateau de dire à Yamal qu’il viendrait le voir la semaine suivante, qu’il serait au stade avec lui. Réflexe immédiat du jeune Barcelonais : il pense au Clasico face au Real Madrid.

Richards rectifie : il parle du déplacement à Paris, face au Paris Saint-Germain, au Parc des Princes, toujours en Ligue des champions. Yamal lâche un sourire, une phrase simple : « D’accord, à plus tard mon ami. » Une promesse lancée en l’air, comme si ces rendez-vous-là faisaient déjà partie de son quotidien.

La suite, justement, se jouera sur ces scènes-là. Des stades brûlants, des adversaires de très haut niveau, des nuits où chaque geste technique peut changer la trajectoire d’un match… ou d’une saison. À Istanbul, Lamine Yamal a montré qu’il ne se contentait pas de survivre dans ces moments-là. Il y imprime sa marque. Et pour Barcelona, c’est peut-être là que commence vraiment quelque chose.