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Kristaps Porziņģis absent de l'équipe : un flou inquiétant pour Golden State

SAN FRANCISCO — Le feuilleton Kristaps Porziņģis prend une tournure plus sombre pour Golden State. Le pivot letton ne sera « pas avec l’équipe dans un avenir immédiat », a annoncé la franchise mercredi, en raison d’un problème de santé non dévoilé.

Un silence pesant autour de Porziņģis

À la veille du premier match de la saison sur le parquet des Lakers, Steve Kerr s’est présenté devant les médias sans réponses. Ou presque.

À la question de savoir ce qui avait changé, le coach des Warriors a coupé court : « Je ne sais pas. Je n’ai vraiment rien à ajouter. Je ne l’ai pas vu, on est restés en contact par textos et un coup de fil. On a publié le communiqué aujourd’hui et il n’y a pas grand-chose de plus. On ne sait pas vraiment. »

Une phrase, surtout, résonne : « On ne sait pas vraiment. » Pour une organisation réputée structurée, la situation autour de Porziņģis reste floue, presque déroutante.

Le contraste est saisissant avec le discours tenu il y a tout juste une semaine. Golden State expliquait alors que le pivot s’était rendu au Chase Center le 13 octobre pour rencontrer le general manager Mike Dunleavy et le vice-président de la santé des joueurs, le Dr Rick Celebrini. Le club laissait entendre qu’il passerait du temps avec le staff et ses coéquipiers, d’une manière ou d’une autre, malgré une absence annoncée pour une durée indéterminée.

Mercredi, le ton a changé. Et s’est durci.

Une franchise qui se referme

Dans un nouveau communiqué, les Warriors ont verrouillé la communication : « Nous ne commenterons pas les spéculations de trade ni les informations concernant son problème de santé ou son avenir. Comme indiqué la semaine dernière, les discussions entre les Warriors, Kristaps et ses représentants resteront privées. Nous ne prévoyons pas que Kristaps soit avec l’équipe dans un avenir immédiat. Nous fournirons des mises à jour supplémentaires lorsqu’elles seront disponibles et appropriées. »

Rideau. Aucun détail, aucune échéance, aucune indication sur la nature du problème. Simplement l’idée qu’il faut se préparer à vivre sans lui pendant un bon moment.

Le joueur se veut rassurant, mais…

Porziņģis lui-même avait tenté de rassurer la semaine dernière via les réseaux sociaux, dans un message à la fois optimiste et lucide sur son parcours chahuté :

« Bonjour les gens, je travaille avec des médecins et des experts pour trouver comment revenir en pleine santé le plus vite possible. Honnêtement, je vais de mieux en mieux. Je dois juste rester patient, et je crois que je me sentirai de nouveau très bien bientôt. »

Puis il avait laissé filtrer la frustration accumulée au fil des saisons : « C’est clairement frustrant de gérer des soucis de santé que tu ne peux pas vraiment identifier, en plus des blessures tout au long de ma carrière, ça s’est forcément accumulé, mais on va s’en sortir. La santé, c’est la richesse. Merci pour tout le soutien. »

Les mots sont posés. L’inquiétude aussi. Un problème de santé difficile à « exactement » cerner, des antécédents, une carrière freinée par le corps.

Un dossier « mystérieux » qui s’éternise

Depuis le début, Golden State marche sur des œufs. Lors du media day le mois dernier, Mike Dunleavy n’avait donné aucun détail sur ce que traverse Porziņģis, refusant d’en faire une source d’alarme à long terme.

Le Letton n’a pas voyagé avec l’équipe à Hawaii pour le camp d’entraînement. En mars déjà, lorsqu’il avait manqué du temps de jeu pour un souci médical et une maladie, Steve Kerr avait parlé d’un problème « mystérieux ». Le mot, à l’époque, semblait presque anodin. Il sonne aujourd’hui comme un fil rouge inquiétant.

Pour une franchise qui venait de miser sur lui, le timing pique. Porziņģis a signé un contrat de deux ans à 40 millions de dollars fin juin. Une mise de confiance forte pour un joueur au profil unique, mais au dossier médical chargé.

Un pari qui vacille déjà

Arrivé à la date limite des transferts en février en provenance d’Atlanta, dans un échange envoyant Buddy Hield et Jonathan Kuminga aux Hawks, Porziņģis représentait une tentative assumée de remodeler le projet autour de Stephen Curry avec un intérieur stretch de haut niveau.

Sur le papier, un fit séduisant. Sur le parquet, la réalité a été plus fragile.

Le géant de 2,18 m n’a disputé que 32 matchs la saison passée, cumulés entre les Hawks et les Warriors, pour des moyennes de 16,7 points, 5,2 rebonds, 2,5 passes et 1,2 contre. Des chiffres solides, mais noyés dans une disponibilité limitée.

À Golden State, sa sixième franchise NBA, il n’a joué que 15 rencontres, dont 11 comme titulaire. Trop peu pour s’installer, trop peu pour devenir un pilier, largement trop peu pour justifier le rôle qu’on imaginait pour lui dans la rotation de Kerr.

Aujourd’hui, l’équipe se prépare à démarrer une nouvelle campagne sans savoir quand – ni même si – elle pourra réellement compter sur lui.

Une saison déjà sous tension

Pour les Warriors, la question dépasse le simple cas individuel. C’est tout l’équilibre du projet qui se retrouve bousculé. Comment reconstruire une identité, repenser les rotations intérieures, gérer la masse salariale, alors que l’un des paris centraux de l’intersaison se retrouve à l’écart, sans horizon clair ?

Les mots de Kerr, presque désarmés, résument le climat autour du dossier : ils ne savent pas. Et pour une équipe en quête de réponses après une saison décevante, ce flou-là est peut-être le plus préoccupant.

La franchise assure qu’elle communiquera « quand ce sera approprié ». En attendant, Golden State avance dans le brouillard, sans son pivot letton, avec une seule certitude : pour rester dans la course à l’Ouest, il faudra déjà apprendre à vivre sans Kristaps Porziņģis.