Kolo Muani et la tension au vestiaire de la Juventus
La claque a laissé des traces. Battue 3-0 à domicile par la Lazio dimanche, la Juventus a encaissé bien plus que trois buts. Elle a encaissé un doute. Un choc. Et un sérieux coup à son orgueil.
Huitième de Serie A avec 11 points en sept journées, loin de ses standards, la Vieille Dame avance à deux visages : solide et clinique en Europa League, fébrile et saccadée en championnat. Jeudi soir, face à Rennes au Round 3 de la phase de groupes, elle joue déjà une partie de son équilibre mental.
Au milieu de ce contexte tendu, Randal Kolo Muani n’a pas esquivé. Il a mis des mots sur ce qui s’est passé derrière la porte du vestiaire après la débâcle contre la Lazio.
« De la tension », mais une vraie discussion
« Le capitaine a parlé après le match. Il y avait de la tension, mais on en a discuté de manière constructive dans le vestiaire », a expliqué l’attaquant français en conférence de presse, à la veille de la réception de Rennes.
La scène colle à l’image d’un groupe piqué dans son orgueil. La réunion a aussi fait suite aux critiques appuyées de Gleison Bremer envers ses coéquipiers. Les cadres ont parlé, les regards se sont croisés, les mots ont fusé. Sans éclat public, mais sans fard.
Kolo Muani, lui, refuse de voir un groupe en crise de caractère : « Je ne pense pas qu’on manque de caractère. On est un bon groupe, uni, qui veut continuer à travailler dur. Il y a beaucoup de nouveaux joueurs, dont moi, qui doivent encore s’adapter. C’est ce qu’on est en train de faire. »
L’image est claire : une équipe encore en construction, mais qui n’a plus le luxe de se cacher derrière cette excuse.
Spalletti aligne Kolo Muani et Woltemade
Luciano Spalletti a déjà tranché : face à Rennes, Kolo Muani débutera aux côtés de Nick Woltemade. Une association que le Français assume pleinement.
« Dans le football, c’est important que l’entraîneur ait confiance en toi. Le coach me donne des conseils précieux pour dépasser mes limites », souligne-t-il.
Confiance donnée, responsabilité assumée. « Je suis très à l’aise avec n’importe quel coéquipier. À l’entraînement, on travaille sur ce que le coach nous demande, mais on sait que c’est à nous de le mettre en pratique. On a aussi la liberté de prendre nos responsabilités. »
Sur le plan européen, la Juventus avance sans trembler : deux matchs, deux victoires. Une dynamique à l’opposé de celle du championnat. Ce contraste rend la rencontre contre Rennes encore plus chargée : confirmer l’autorité en Europe, se rassurer sur le contenu, rallumer quelque chose.
Un duel particulier, mais pas un match souvenir
Passé par Nantes puis le PSG en Ligue 1, Kolo Muani retrouvera un club français, mais il refuse d’en faire un récit nostalgique.
« Dire que c’est spécial serait peut-être exagéré, mais c’est forcément un match un peu différent », concède-t-il. « Rennes va venir ici pour gagner. On a remporté nos deux premiers matchs, on va essayer de gagner le troisième aussi. Bien sûr, j’espère qu’en étant performant ici, ça m’aidera aussi à revenir en équipe nationale. »
Tout est là : un vestiaire remué, une série européenne à prolonger, une place en sélection à reconquérir. Jeudi, sous les projecteurs de l’Allianz Stadium, ce ne sera pas seulement un Juventus–Rennes. Ce sera un test de caractère pour une équipe qui prétend encore à bien plus que la huitième place.




