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José Mourinho revient au Real Madrid : un pari fou

Treize ans après son départ, José Mourinho est de retour au Santiago Bernabéu. Même décor, même blason, mais un contexte radicalement différent. Le Portugais revient dans une maison en manque de trophées, chargé d’une mission simple à formuler, brutale à exécuter : rendre au Real Madrid sa toute-puissance en Liga et en Europe.

Le club reste sur deux saisons blanches. Deux années sans la moindre coupe à brandir dans la capitale espagnole, une anomalie pour une institution qui se nourrit de titres. Face à cette disette, la direction madrilène a choisi la solution la plus spectaculaire possible : rappeler un entraîneur qui connaît les couloirs du Bernabéu par cœur, mais qui arrive cette fois avec une aura nettement écornée.

Car Mourinho ne débarque pas depuis le sommet de la hiérarchie européenne. Il arrive directement d’un passage décevant sur le banc de Benfica. Une aventure sans éclat, loin de ses standards passés, qui a laissé Lisbonne sceptique et a déclenché l’incompréhension au pays. Au Portugal, la nouvelle de son retour au Real a fait l’effet d’un électrochoc.

Luis Cristovao, journaliste portugais qui a suivi de près son expérience à Benfica, n’en revient toujours pas. « Après ce qu’il a fait ici, qui n’a rien eu de spectaculaire ni de particulièrement positif, revenir à Madrid est fou. C’est complètement inattendu », lâche-t-il, cité par Mundo Deportivo.

Le contraste est saisissant : à sa présentation à Madrid, Mourinho est apparu apaisé, presque conciliant. Loin de l’image du provocateur permanent, du spécialiste des joutes verbales et des conférences de presse explosives. Une métamorphose de façade ? Cristovao a déjà vu ce film-là.

Selon lui, le même scénario s’était joué lors de l’arrivée de Mourinho à Benfica, porté par l’envie de se relancer au plus haut niveau. « Il a changé parce qu’il a traversé beaucoup de choses et, d’une certaine manière, quitté l’élite du football mondial », observe le journaliste. À Lisbonne, la première impression avait été la même : un Mourinho différent, plus souriant, plus accessible, plus calme.

Mais le vernis ne tient que tant que tout va bien. « Une chose, c’est quand il arrive. C’en est une autre quand la situation, les questions et les matches deviennent plus difficiles autour de lui », prévient Cristovao. C’est là, dans la tempête, que le vrai Mourinho réapparaît. Plus âgé, certes. Mais « le même Mourinho, au fond ».

Madrid vient donc de rappeler un volcan endormi. Reste à savoir si le Bernabéu s’apprête à revivre un séisme… ou une renaissance.