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Jon Rahm à Augusta : En quête d'un troisième Majeur et d'une solution avec le DP World Tour

À Augusta, Jon Rahm chasse un troisième Majeur avec un lourd dossier sous le bras. Sur le parcours, le tenant du titre du Masters arrive lancé par son statut de double champion de la saison LIV Golf. En coulisses, il reste empêtré dans un bras de fer financier avec le DP World Tour.

Le joueur espagnol de 31 ans refuse toujours de régler plus de 3 millions de dollars d’amendes accumulées pour avoir disputé des tournois de la série concurrente soutenue par l’Arabie saoudite. Il a retiré son appel le mois dernier, mais ne lâche rien sur le chèque. Sa place sur le DP World Tour et son avenir en Ryder Cup restent donc en suspens.

Pourtant, Rahm ne se pose pas en rebelle cassant tout. Il se voit plutôt comme un interlocuteur déterminé, décidé à négocier jusqu’au bout.

« On continue de parler avec le DP World Tour et d’essayer de trouver une solution qui fonctionne au mieux, a-t-il expliqué mardi. Je ne pensais pas que prendre la voie légale et aller en justice était bon pour qui que ce soit. »

Le ton est ferme, la confiance intacte.

« J’ai confiance en nous et en le DP World Tour. On va trouver une bonne solution pour les deux parties. »

Le paradoxe est là : l’un des visages majeurs du golf mondial, vainqueur de l’US Open 2021 et du Masters 2023, se prépare pour une nouvelle conquête à Augusta tout en négociant son droit de rejouer sur le circuit européen et de représenter l’Europe en Ryder Cup.

Rahm se projette déjà vers 2027, vers Adare Manor en Irlande, comme si ce bras de fer ne pouvait être qu’un épisode transitoire.

Il affirme qu’il est « confiant » de pouvoir y disputer la Ryder Cup pour l’Europe et de rejouer des tournois du DP World Tour en septembre, une fois la saison LIV Golf terminée. Mais à court terme, rien n’est garanti.

« Honnêtement, je ne sais pas, reconnaît-il. Je ne prévois pas de jouer avant septembre. Donc c’est plutôt positif. Si je ne pouvais pas jouer maintenant, ça ne changerait rien. »

La stratégie est claire : laisser du temps au temps. Pas de programme européen avant l’automne, ce qui laisse plusieurs mois pour déminer le terrain.

« On continue de leur parler et d’essayer de négocier. J’ai déjà cédé pas mal de choses sur certains points. On va trouver un accord. Ça va s’arranger. Le DP World Tour fait ce qu’il doit faire et suit les procédures qu’il doit suivre, mais je suis confiant que tout sera réglé avant que je rejoue en septembre. »

En attendant, toute son énergie bascule sur Augusta. Rahm s’apprête à y effectuer son dixième départ au Masters, porté par une victoire à LIV Hong Kong le mois dernier et trois deuxièmes places en Afrique du Sud, à Adelaide et à Riyadh. Un rythme soutenu, puis une vraie coupure : deux semaines sans compétition avant de retrouver la Géorgie.

« Content d’avoir eu ces deux semaines de repos à ce moment-là, a-t-il confié. Ça m’a permis de me rassurer sur le fait que je travaillais sur les bonnes choses. »

Cette sérénité ne doit rien au hasard. Rahm sort d’un hiver inhabituellement long pour un joueur de son calibre : trois mois à l’écart du tumulte des tournois, à disséquer son swing, à ajuster chaque détail.

« Avoir ce temps libre, c’était vraiment agréable. Sur ces trois mois, j’ai vraiment pu réfléchir à ce que je pouvais améliorer. J’ai beaucoup bien travaillé et je pense que ça a posé les bases de ce que je montre cette année. »

Le décor est planté : un champion en quête de triplé sur la scène des Majeurs, un leader de LIV Golf au cœur d’un conflit institutionnel, un pilier de la Ryder Cup qui joue son avenir européen sur une table de négociation autant que sur un tee de départ.

Jeudi, à Augusta, Rahm remettra sa balle en jeu. Les discussions avec le DP World Tour, elles, ne s’arrêtent pas au bord du fairway.