John Barnes sur les défis de Liverpool et la frénésie des transferts
John Barnes met les pieds dans le plat. Pour l’ancienne icône offensive, la frénésie de transferts n’est pas la réponse miracle aux défis qui attendent Arne Slot. Au contraire, il estime que la clé du Liverpool nouvelle version se trouve déjà dans le vestiaire.
Parlant à Betfred, Barnes a défendu sans détour le groupe actuel : il ne voit tout simplement pas l’intérêt de se précipiter sur le marché. « La solution au problème n’est pas juste de signer des joueurs parce que nous avons déjà des joueurs ici. Si quelqu’un arrive, qu’est-ce qu’on fait avec [Alexander] Isak, [Hugo] Ekitike et Rio Ngumoha, qui est en train d’émerger ? Nous n’avons besoin de personne de plus à mon sens, nous devons travailler avec ce que nous avons », a-t-il expliqué.
Pour lui, le chantier est ailleurs. Pas dans les montants dépensés, mais dans l’architecture de l’équipe. « Il faut trouver le bon équilibre, le bon mélange, et malheureusement beaucoup pensent que la solution à n’importe quel problème, c’est de continuer à recruter », a-t-il regretté. La rumeur d’un intérêt pour Jarrod Bowen, après la relégation de West Ham United, ne le séduit pas davantage. Barnes considère que l’arsenal offensif en place suffit, à condition que le groupe se soude et assimile les idées de Slot.
Salah, Klopp et la rupture avec le « heavy metal football »
L’ancien ailier a aussi salué un autre choix fort d’Arne Slot : titulariser Mohamed Salah pour son adieu à Anfield, en compagnie d’Andy Robertson. Un geste de vestiaire, mais aussi de symbole. « Absolument, Slot a fait le bon choix », a tranché Barnes. « Salah s’en va, donc s’il était resté, cela aurait pu être différent, mais puisqu’il part, c’était bien pour tout le monde de le voir quitter le club sur une note positive. »
Le tableau n’est pourtant pas totalement idyllique. Barnes n’a pas apprécié la prise de parole de l’Égyptien avant son départ. Il juge que Salah a franchi une ligne rouge en érigeant le style de Jürgen Klopp en dogme intangible pour tout entraîneur de Liverpool. « Si on analyse ce que Mo a dit, il affirme que tout manager de Liverpool doit être subordonné à la façon dont Jurgen Klopp jouait, comme si c’était non négociable, ce qui est absurde », a lancé Barnes.
Le message est clair : l’ombre de Klopp ne doit pas dicter l’avenir. « Tout entraîneur de Liverpool doit imposer sa manière, pas celle de Jurgen. Donc, que Mo dise que le ‘heavy metal football’ est non négociable, c’est fou et ridicule, il avait tort de le dire », a insisté l’ancien international.
Dans ce contexte, Barnes voit dans l’attitude de Slot un signe fort de leadership. Malgré ces déclarations, le Néerlandais a offert à Salah un au revoir à la hauteur de son passage à Anfield. « Je pense qu’Arne Slot a été le plus grand des deux en lui offrant cette sortie pour tout ce qu’il a apporté au club », a conclu Barnes.
Un effectif à stabiliser, un style à réinventer, une légende qui s’en va et un nouveau coach qui refuse de vivre dans le rétro de Klopp : Liverpool entre dans une zone de vérité où le mercato ne pourra pas tout maquiller.




