Joao Felix face à un dilemme entre Al Nassr et le Barça
Le scénario que Joao Felix avait en tête était limpide : une saison en Arabie saoudite, le temps d’honorer son contrat avec Al Nassr, puis un retour en Europe, idéalement au Barça, là où il estime avoir laissé une histoire inachevée.
Ce plan vient de se compliquer sérieusement.
Al Nassr veut bâtir autour de Felix
Selon SPORT, le nouveau président d’Al Nassr, Ahmed Al Sultan, ne voit pas du tout les choses de la même manière. Le Portugais entre dans la dernière année de son contrat actuel, mais le club saoudien dispose d’une option pour prolonger automatiquement son engagement de deux saisons supplémentaires.
Et Sultan a l’intention de l’activer.
L’idée est claire : faire de Joao Felix une pièce centrale du projet à moyen terme, alors que Cristiano Ronaldo se dirige progressivement vers une autre phase de sa carrière. Dans ce schéma, Felix n’est plus un simple passage prestigieux, mais un pilier autour duquel reconstruire.
Pour le joueur, la conséquence est brutale. Une prolongation unilatérale couperait net la perspective de se retrouver libre l’été prochain, ce qui aurait ouvert toutes sortes de portes, dont celle du Spotify Camp Nou.
Un joueur qui ne cache pas son attachement au Barça
L’entourage de Joao Felix fait passer le message depuis des mois : le Portugais veut revenir en Europe, et Barcelone reste sa priorité sentimentale. Son prêt au Barça en 2023-2024, en provenance de l’Atlético de Madrid, l’a marqué.
En Catalogne, il a disputé 44 matches, inscrit 10 buts et délivré 6 passes décisives. Des chiffres honnêtes, mais une saison en dents de scie. Des éclairs de génie, des disparitions dans certains grands rendez-vous.
Xavi Hernandez, alors sur le banc, et Joan Laporta n’ont pas été suffisamment convaincus pour forcer un transfert définitif. Le club a laissé le Portugais retourner à l’Atlético, préférant conserver une certaine marge de manœuvre financière.
Malgré cela, Joao Felix n’a jamais masqué son affection pour le Barça ni ses déclarations élogieuses sur sa vie en Catalogne. C’est précisément ce lien, émotionnel autant que sportif, qui pousse les dirigeants blaugrana à garder son nom dans un coin de leur tête, comme une opportunité de marché à surveiller plutôt qu’un objectif prioritaire.
Une équation contractuelle piégée
Le problème, désormais, se joue dans les bureaux d’Al Nassr.
Si Ahmed Al Sultan active la clause de prolongation automatique, le club saoudien verrouille l’avenir de Felix et garde la main sur toute négociation. Plus question pour le Portugais de partir libre : il faudrait alors un transfert, avec indemnité, dans un contexte où les clubs européens surveillent chaque euro.
La situation se complique encore sur fond de turbulences internes. Al Nassr fait face à des dossiers sensibles : contrats à renégocier, prolongations à trancher, départs à organiser. Dans ce puzzle, la décision autour de Felix devient stratégique. Le retenir, c’est afficher une ambition sportive forte, mais aussi assumer un engagement financier conséquent.
Pour le joueur, chaque mouvement du nouveau board peut rapprocher ou éloigner un retour sur le Vieux Continent.
Barcelone intéressé, mais pas pressé
Côté Barça, le regard porté sur Joao Felix a changé de nature.
Le club ne le considère plus comme une recrue à aller chercher coûte que coûte, mais comme une possible bonne affaire si les circonstances tournent en sa faveur. Surtout si le marché offre peu de profils créatifs à un coût raisonnable.
Hansi Flick dispose déjà d’un secteur offensif fourni. Entre les ailiers en place, les jeunes qui poussent et les contraintes du fair-play financier, la direction sportive n’a aucune obligation immédiate de rouvrir le dossier Felix.
Son âge – 26 ans – reste néanmoins un atout. Il est encore dans sa pleine maturité footballistique, avec une marge pour se relancer dans un environnement qui le valorise. Le débat, au Barça, ne porterait donc pas sur son talent, mais sur le rapport qualité-prix et sur sa capacité à offrir quelque chose de réellement différent à un effectif déjà dense devant.
Un avenir suspendu à une clause
Tout se joue désormais sur un point juridique simple, mais décisif : cette fameuse clause de prolongation à Al Nassr.
Si le club saoudien la déclenche, Joao Felix se retrouvera pris dans un contrat prolongé, dépendant des exigences financières de son employeur actuel. Barcelone ne fermerait pas la porte, mais entrerait alors dans un bras de fer économique qui ne figure pas en tête de ses priorités.
Si, au contraire, la nouvelle direction d’Al Nassr décidait, contre toute attente, de ne pas l’activer, le Portugais redeviendrait une cible beaucoup plus accessible, pour le Barça comme pour d’autres grands clubs européens.
Entre un président saoudien qui veut construire autour de lui et un club catalan qui le voit comme une opportunité à saisir au bon moment, Joao Felix se retrouve au milieu d’un tir à la corde dont il ne contrôle pas les nœuds.
La question est simple, implacable : son avenir se décidera-t-il sur le terrain… ou dans une ligne de contrat signée à Riyad ?




