Inter refuse 40 millions pour Stankovic et vise Romero
Inter a claqué la porte. Fort, clair, sans laisser passer le moindre courant d’air. Face aux 40 millions d’euros mis sur la table par Brentford pour Stankovic, la réponse a été immédiate : non. Pas de débat, pas de doute.
Le montant aurait pu faire vaciller bien des directions sportives. Pas celle de Giuseppe Marotta et Piero Ausilio. Selon La Gazzetta dello Sport, le club, le joueur et la famille Stankovic ont parlé d’une seule voix. Le Serbe reste. Point final.
Stankovic, pièce maîtresse du projet de Chivu
Revenu cet été après une saison étincelante avec Club Brugge, Stankovic n’est plus un simple jeune prometteur. Il arrive auréolé d’un titre de champion en Jupiler Pro League et d’un trophée de Meilleur jeune de l’année en Belgique. Ce n’est pas un détail, c’est un pedigree.
À Appiano Gentile, Cristian Chivu ne le regarde pas comme un joueur de rotation. Il le façonne. Le Roumain a profité de la préparation pour l’installer dans un rôle très précis au cœur de son milieu à cinq. Stankovic est préparé pour devenir le premier remplaçant de Hakan Calhanoglu dans le rôle de regista.
Inter cherchait depuis des mois une vraie doublure au Turc. Les essais de Piotr Zielinski, Henrikh Mkhitaryan ou même Nicolo Barella en meneur de jeu reculé n’ont jamais totalement convaincu. De bonnes séquences, oui. Une solution durable, non.
Là où les autres s’adaptaient, Stankovic, lui, semble taillé pour le poste. Sécurité technique, lecture du jeu, discipline tactique : il coche les cases que Chivu juge non négociables pour le cœur de son système. Autour du terrain d’entraînement, on parle d’une confiance « inconditionnelle » du staff envers le jeune international serbe.
Le message envoyé au vestiaire est limpide : les jeunes à forte valeur marchande ne sont plus automatiquement considérés comme des plus-values à encaisser, mais comme des leviers sportifs à protéger. En gardant Stankovic, Chivu s’offre une police d’assurance essentielle pour une saison longue, dense, disputée sur plusieurs fronts.
Curtis Jones dans le viseur, mais un milieu saturé
Cette décision a pourtant un effet domino. Inter ne cache pas son intérêt prononcé pour Curtis Jones. Chivu apprécie énormément le milieu de Liverpool, son volume de course, sa capacité à jouer dans plusieurs zones, à presser, à se projeter.
Sur le plan sportif, le profil colle parfaitement. Sur le plan structurel, c’est autre chose. Les couloirs centraux sont déjà encombrés. Entre les titulaires installés, les nouveaux rôles définis et la volonté de ne pas sacrifier Stankovic, chaque arrivée impose un départ.
Inter reste à l’affût. Mais pour l’instant, le milieu ressemble plus à un puzzle bouclé qu’à un chantier ouvert.
Romero, la pièce finale d’une défense ambitieuse
Là où le club milanais veut encore frapper fort, c’est derrière. Les regards se tournent vers Cristian Romero. L’Argentin est vu comme le dernier maillon manquant pour donner à la défense ce supplément d’agressivité et de leadership indispensable pour viser très haut en Europe.
Avec Tottenham Hotspur, le plus difficile semble déjà fait. Marotta et Ausilio ont mené les discussions, et un accord sur l’indemnité de transfert serait trouvé entre les deux clubs. Le gros obstacle ne se situe plus à Londres, mais dans la grille salariale de l’Inter.
Romero réclame environ 7 millions d’euros par saison. Un chiffre qui fait grimacer en interne quand on sait que Benjamin Pavard tourne actuellement autour de 5 millions. L’écart n’est pas seulement financier, il est symbolique. Toucher à l’équilibre des salaires, c’est toucher à l’écosystème du vestiaire.
Le dossier est donc à l’arrêt, sans être rompu. Inter temporise, jauge, calcule. Le club veut Romero, mais pas à n’importe quel prix, pas au risque de faire exploser une structure patiemment construite.
Patience froide, ambition intacte
Ce mercato raconte une chose : Inter n’agit plus dans la précipitation. Le club refuse de sacrifier un talent comme Stankovic sur l’autel d’une grosse offre anglaise, tout en continuant de cibler des profils de niveau mondial comme Curtis Jones et Cristian Romero.
La marge de manœuvre reste étroite. Le bras de fer sur le salaire de Romero, la densité au milieu, les équilibres financiers à respecter laissent présager des dernières semaines de marché agitées, faites de comptes d’apothicaire, de ventes ciblées et de négociations au cordeau.
Inter a choisi sa ligne : protéger ses jeunes clés, rester ambitieux, et ne pas se renier économiquement. Reste une question, brûlante : jusqu’où ce refus de compromis pourra-t-il cohabiter avec l’obsession de rester au sommet de l’Europe ?




