L’Inde remporte un match tendu contre le Pakistan
L’affiche avait un parfum particulier, même pour une entrée en matière de phase de groupes. Un India–Pakistan ne ressemble jamais à un simple match de poule, et le champion en titre a rapidement rappelé pourquoi il domine la SAFF Championship : victoire 3-2, mais avec une frayeur finale qu’il n’avait pas prévue.
Bhat allume la mèche
Avec seulement 17 joueurs à disposition, amputé de plusieurs éléments retenus par les clubs de l’ISL en raison d’un calendrier hors fenêtre FIFA, Naushad Moosa n’avait pas beaucoup de marge. Pas de large banc, peu d’options. Il lui restait un plan, une identité, et surtout un homme chaud dès le coup d’envoi : Suhail Ahmad Bhat.
À la 13e minute, Bhat ouvre le score et libère tout un camp. Une première frappe, un premier coup porté, et l’Inde prend le contrôle du derby. Six minutes plus tard, même homme, même sentence. À la 19e, il signe son doublé et enfonce un Pakistan déjà sonné.
L’Inde joue juste, joue vite, et chaque accélération semble faire vaciller la défense adverse. La pression devient insoutenable pour le Pakistan. Elle finit par céder une troisième fois avant la pause.
Kipgen enfonce le clou
À la 31e minute, Manglenthang Kipgen s’invite à la fête. Sa réalisation porte le score à 3-0 et donne à l’Inde une avance qui ressemble à un message envoyé au reste du groupe B : même diminuée, la sélection de Moosa reste la référence régionale.
À la mi-temps, tout paraît sous contrôle. Trois buts d’avance, un adversaire dépassé, un match qui semble déjà plié. Dans ce genre de contexte, la tentation est grande de lever le pied, de gérer.
C’est là que le scénario bascule.
Le Pakistan se réveille trop tard
Longtemps, le Pakistan ne trouve pas la solution. Les minutes s’égrènent, l’Inde gère ses forces, consciente d’un effectif réduit et d’un calendrier qui s’annonce serré. Les changements possibles sont comptés, les organismes doivent tenir.
Puis vient le temps additionnel. Et soudain, le match se rallume.
À la 90+1, Najeeb Ullah réduit l’écart. 3-1. Un but qui semble d’abord anecdotique, presque cosmétique. Mais le Pakistan y voit une ouverture, un souffle tardif.
Trois minutes plus tard, à la 90+4, Alamgir Ghazi frappe à son tour. 3-2. En l’espace de quelques instants, l’Inde, qui menait 3-0 à la pause, se retrouve à défendre un avantage fragile, sous la pression d’un rival ragaillardi. Les dernières secondes deviennent nerveuses, tendues, presque irrespirables pour un match que l’on croyait bouclé depuis longtemps.
L’égalisation ne viendra pas. L’Inde s’accroche et préserve l’essentiel : les trois points.
Une victoire, mais déjà un avertissement
Sur la feuille de match, le résultat est clair : India 3 (Suhail Ahmad Bhat 13, 19 ; Manglenthang Kipgen 31) bat Pakistan 2 (Najeeb Ullah 90+1, Alamgir Ghazi 90+4).
Dans le contenu, l’histoire est plus nuancée. L’Inde a montré son tranchant offensif, sa capacité à faire très mal très vite, même avec un effectif incomplet. Mais elle a aussi laissé entrevoir une fragilité dans la gestion des fins de rencontre, un relâchement qui, face à un adversaire plus réaliste, pourrait coûter cher.
Les clubs de l’ISL doivent libérer leurs joueurs pour le prochain rendez-vous, face aux Maldives le 11 novembre. Naushad Moosa disposera alors d’un groupe plus étoffé, plus proche de sa force maximale.
La question est simple désormais : avec son effectif au complet, jusqu’où cette Inde-là peut-elle encore repousser les limites dans cette SAFF Championship ?




