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Incertitude autour de Manuel Neuer à Munich

À Munich, le doute s’installe autour de Manuel Neuer. Et il tombe au pire moment.

À la veille d’un choc de Bundesliga contre Leipzig, Vincent Kompany a reconnu que son capitaine restait très incertain. Le gardien emblématique du Bayern souffre toujours du pied, une blessure qui l’a déjà privé du déplacement en Norvège en Ligue des champions et qui l’empêche encore de s’entraîner normalement avec le groupe professionnel.

Le technicien belge refuse de précipiter les choses. Pas de promesse, pas de date magique, pas de pari hasardeux sur un retour express dans le onze de départ.

« Manu n’a pas pu s’entraîner hier. On doit voir aujourd’hui comment il se sent et où on en est. On n’a pas plus d’informations pour l’instant », a-t-il expliqué, cité par Sky Germany, rappelant qu’il ne voulait pas « jouer au docteur ». La blessure est au pied, « pas à la cuisse ni à l’épaule », ce qui laisse espérer une absence relativement courte. Mais pour savoir si Neuer sera là « demain ou la semaine prochaine », il faudra attendre. Priorité aux sensations du joueur, à son retour progressif à l’entraînement, puis seulement au terrain.

Ce contretemps intervient alors que le débat sur la hiérarchie des gardiens à Munich s’enflamme. La dernière prestation compliquée de Neuer contre Augsburg a ravivé les interrogations. À 40 ans, le capitaine reste-t-il intouchable dans les buts du Bayern ? Ou le club doit-il accélérer la transition vers une nouvelle génération ?

La question ne vient pas seulement des tribunes. Oliver Kahn, légende du club et voix respectée en Bavière, s’est montré particulièrement critique. Il pointe du doigt un flou stratégique autour du duo Neuer – Jonas Urbig. À ses yeux, l’absence de choix clair à long terme freine la progression du jeune gardien et installe une forme d’instabilité inutile dans le vestiaire.

Kompany, lui, assume pleinement la trajectoire actuelle. Il défend la gestion de Jonas Urbig, arrivé de Köln en janvier. Si Neuer échoue au test physique de dernière minute, c’est bien le jeune portier qui gardera la cage contre Leipzig. Un scénario que le coach ne découvre pas par hasard : pour lui, cette concurrence fait partie d’un plan mûrement réfléchi à l’Allianz Arena.

« On a toujours un plan. On essaie de le suivre », insiste Kompany. Que le nom de Jonas surgisse aujourd’hui dans le débat n’a rien d’un accident. « On a construit cette situation nous-mêmes. On le dit depuis son arrivée de Cologne en janvier, pour deux ans. À l’époque, personne n’y croyait, parce qu’il n’avait même pas joué à Cologne. Il était deuxième gardien. »

Le Bayern a donc choisi de parier sur lui en amont, loin des projecteurs, bien avant que la blessure de Neuer ne rende ce choix brûlant d’actualité.

Mais Kompany ne laisse planer aucun doute sur le statut symbolique de son capitaine. Derrière la réflexion stratégique, il y a le poids d’un homme, d’une carrière, d’un vestiaire.

« Manu est une énorme partie de toute cette histoire. Ça ne fonctionne pas sans Manu, sans sa présence, sans son leadership, sans ses performances durant tout ce temps », rappelle l’entraîneur. À ses yeux, le Bayern dispose d’« une bonne constellation » dans les buts, un luxe que beaucoup de clubs envieraient.

Reste à voir jusqu’à quand cet équilibre tiendra. Entre l’ombre immense de Neuer et l’ambition d’Urbig, le Bayern s’avance vers Leipzig avec une certitude : quoi qu’il arrive ce week-end, le débat sur l’avenir du poste de gardien à Munich ne fait que commencer.